‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 127 sur 215 · CLIMAT DK HONG-KONG ET DR CANTON · texte numérisé non relu

CLIMAT DK HONG-KONG ET DR CANTON

ments que nous avons pu recueillir sur les lieux. Il est à noter d’abord que les plaies et les blessures guérissent le plus souvent sans lièvre traumatique, et offrent rarement des complications. II n’y a pas d’émdémie si ce n'est pour la variole; il y a beaucoup moins de rougeoles et presque pas de scarlatines. Le choléra y est inconnu comme épidémie- il y a passim quelques cas sporadiques, encore ce sont plutôt pourrait-on dire des accès pernicieux algides. Au printemps il y a bon nombre de bronchites, mais elles ne prennent pas le caractère de la bronchite capillaire Il y a quelques cas de pleurites mais très peu de pneumonies, comme rares exceptions. Les angines sont fréquentes, comme les bronchites et il y a souvent des angines couenneuses. Canton avons nous dit est plongé dans une atmosphère fluviale et paludéenne, et pourtant, nous disait M. Rideau chirurgien de la marine, il y a beaucoup de phthisies parmi la population chinoise, et pour les européens la phthisie devient rapidement galopante. Et pourtant Canton est plus près du tropique que Madère : mais le climat de Madere si propice aux poitrinaires est essentiellement marin et bénécie tout à la lois d'une chaude température, rendue plus uniforme par les eaux tièdes du grand courant du Gulf-Stream.

L ophthalmie catarrhale règne souvent épidémiquement. Le traitement qui convient après des applications de sangsues (i), c’est l’emploi de collyres au nitrate d’argent ou au sulfate de cuivre.

Pendant les chaleurs de l’été les embarras gastriques avec fièvre sont requents. On se trouve bien alors de l’emploi de l’infusé d’ipécacuanha (G ou 8 grammes dans 200 d’eau) et continué deux ou trois jours On termine la médication par des laxatifs, manne ou huile de ricin. Par suite des insolations de l’été, les fièvres révèlent plus généralement la forme rémittente que le type intermittent. Ces fièvres rémittentes, souvent délirantes avec tendance à l’état comateux et soporeux, sont très graves.

L expérience du climat a appris aux médecins européens à proscrire toute saignée générale du traitement. Tout au plus convient-il de faire des applications de sangsues aux apophyses mastoïdes, et avec réserve.

L ipécacuanha est opportun au début s’il y a état bilieux. S’il y a complication d’hypérémie du foie il faut être très réservé quant à l’emploi du calomel, qui détermine, dans les régions tropicales, la salivation et la stomatite mercurielles, souvent avec les doses les plus minimes. Contre les lèvres graves de Canton, le sulfate de quinine convient peut-être moins >mn que la poudre de quinquina, en bols, en décoction ou potions. ,ait la méthode de Torti, mais quand des vomissements incoercibles lonl tout rejeter au malade, ou bien quand l’estomac n’est pas en état de ‘ igercr le quinquina sous les diverses formes en usage, l’administration , sul;ate de fiumine, par le rectum ou par la voie endermique, est ‘a seu e ressource. Il est aussi opportun d’administrer 10 gouttes de chloroforme en potion et 2 centigrammes de morphine, dans les cas

(b' L’iiirudo offlcinalis est très commune dans les rizières de Canton.

52(5 MALADIES CLIMATÉRIQUES

(le grande agitation, par accès convulsifs. S’il y a état comateux, il faut recourir aux révulsifs énergiques, des vésicatoires, les moxas, les raies de feu le long du rachis. Mais nous avons vu qu’en Afrique ces moyens échouaient, quand on ne parvenait pas à arrêter le mal, au début, par le sulfate de quinine qu’il faut savoir donner à temps par le haut, le bas, ou employer par la voie endermique. Parmi les fièvres de Canton le type intermittent est plus fréquent et mieux tranché à la fin de l’été. La fièvre intermittente passe souvent à la forme typhique et ataxique. La fièvre typhoïde n'est pas rare chez les indigènes. Elle débute le plus ordinairement par la fièvre muqueuse.

La colique sèche est assez rare, elle est plus fréquente en Cochinchine. Chose remarquable, le sulfate de quinine réussit beaucoup dans cette névrose entéralgique, ce qui le ferait supposer liée à une fièvre larvée, quand elle est sans état fébrile marqué.

La dyssenterie règne en toute saison, mais surtout en automne. Le calomel outre qu’il porte rapidement à la salivation réussit peu. Mieux vaut l’ipécacuanha au début et quelques pilules de Segond. Plus tard, le ratanhia, le simarouba, le chlorhydrate de morphine à très faible dose, sans oublier les préparations de quinquina à moment opportun : occasio prœceps.

A la suite des fièvres rémittentes bilieuses et des dyssenteries on observe soit comme complication, soit comme conséquence ultérieure, un certain nombre d’hépatites le plus souvent sous-diaphragmatiques. L’hépatite aiguë et idiopathique est excessivement rare, l’hépatite survient presque toujours à l’état chronique.

Les rhumatismes articulaires ne sont pas très fréquents, mais il n’en est pas de même des douleurs rhumatoïdes et ostéocopes de la syphilis constitutionnelle qui sont très communes, de même que les éruptions papulo-pustuleuses et autres syphilides. Il y a parmi la population de Canton des éléphantiasis, des goitres, des scrofules.

La médecine des Chinois est un empirisme traditionnel. Nous avons été à la recherche de leur prétendu remède contre la rage, et nous avons appris que c’est tout simplement cette plante solanée, poison narcotique à haute dose, mais calmante à petite dose, qui entre dans les pilules de Méglin, dans le baume tranquille, dans l’onguent populeuin, dans les pilules de cynoglosse, en un mot, la jusquiame, employée en décoction.

Climat de Macao.

L’ile de Iliang-Chon ou Aian-Son, une des grandes îles de l’Archipel du golfe de Canton, aboutit par une langue de terre à la petite péninsule de Macao, située par 22" de lat. N. et qui a 8 milles de circonférence, sur 3 milles dans sa plus grande largeur. Elle est bornée au N. E. et au S. O.

Page 1