‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 128 sur 215 · CLIMAT DE MACAO · texte numérisé non relu

CLIMAT DE MACAO

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par 1 île Tuminchan (Laka), dont elle est séparée par un étroit canal qui constitue le port intérieur de la ville.

Presquau centre de la péninsule s’élève une hauteur au sommet de laquelle a été bâtie une forteresse. La ville, limitée par deux murailles qui descendent de la forteresse, occupe presque un tiers de la péninsule. II y a en tout près de 100,000 âmes.

Le tableau suivant donne les moyennes annuelles de température de Macao, d’après Mac Beale.

Janvier

Février

3Iars

Avril

Mai ......

Juin ......

Juillet ....

Août

Seplembre. . .

Octobre. . . .

Novembre. . .

Décembre . .

Les mois de juin, juillet et août sont très pluvieux. Pendant la guerre anglo-française contre la Chine, la marine française établit un hôpital dans cette localité.

En hiver (décembre, janvier, février et mars), on voit régner la fièvre éphémère, le rhumatisme musculaire aigu, les angines et les bronchites. Les cas de pneumonie et de pleurésie sont rares. La variole, la scarlatine, la rougeole régnent épidémiques en février, mars et avril.

En été (juin, juillet, août et septembre), on observe la diarrhée, la dvssenterie, l’hépatite, les fièvres d’accès qui révètent surtout alors le caractère pernicieux. Souvent aussi dans cette saison se manifeste le choléra; celte dernière maladie parait endémique à Macao, comme dans plusieurs localités de la Chine; elle fait surtout de grands ravages parmi les populations indigènes.

Manille est éloignée dans les Philippines bien plus au sud. Son climat est inclément par des chaleurs excessives, sur des terrains volcaniques, le choléra y est endémique; il y règne aussi des dyssenteries, des fièvres rémittentes bilieuses et pernicieuses.

Presque en face, mais plus près de l’équateur encore, le climat de • Saigon en Cochinchine est au moins aussi mauvais. Les insolations dans un pays partout inondé (Basse Cochinchine), y déterminent des fièvres de

tout type et de toute forme et gravité, surtout des fièvres rémittentes bilieuses, fréquemment à caractère pernicieux; des dyssenteries, des hépatites consécutives, des épidémies de variole et de choléra. C’est toujours, en un mot, l’intensité et la variabilité d’action des phénomènes thermo-hygrométriques de l’atmosphère qui sont, partout, la grande source fies fièvres de tout type et de toute forme. Aussi peut-on dire en thèse générale que l’inclémence des climats peut se mesurer à la latitude.

Elus il fait chaud, plus l’insolation nous frappe avec intensité, plus facilement nous atteignent les pyréxics de mauvais caractère, et cela d’autant PhisquR le milieu est aussi plus humide. Or le fond de toutes ces affections.

MALADIES C L LM A TORIQUES.

besoin n’est de le dire, quel que soit le nom qu’on leur donne et la forme qu’elles revêtent, c’est toujours et partout l’élément fébrile, la fièvre. Les circonstances locales peuvent bien faire varier la symptomatologie, mais leur nature est la même, et la fièvre bilieuse continue ou rémittente de Cochinchine, aussi pernicieuse que la fièvre dite jaune des Antilles, réclame comme celle-ci le même traitement : les évacuants, le sulfate de quinine à haute dose, à l’exclusion des saignées qui tuent.

Déjà en remontant vers Canton, par 20 et quelques degrés de latitude nord, le climat est infiniment meilleur et la constitution médicale pareillement.

Plus haut encore, à l’ile de Cliusan, à plus de 50 degrés de latitude, le climat de Tin-Chaï est relativement très favorable. D’où nous pouvons conclure, à priori, qu’il doit en être de même pour le climat de Chang-Haï qui est à plus de 000 lieues de l’équateur, bien que toutefois au mois de juillet et d’août, la maladie prédominante soit la fièvre rémittente avec foutes ses complications, ayant pour satellite la dyssenterie, comme dans toutes les localités à latitude et altitude analogues.

Climat de Chusan.

Archipel de ciiusan. - — Cet archipel consiste en une série d’iles dont Chusan la plus grande assez voisine du continent, est située entre 29 et 50° de latitude N. L’élévation moyenne de ces îles est de 8 à 900 pieds audessus du niveau de la mer, la plus haute est Tschou-Kih qui atteint 1200 pieds. — L’ile de Chusan a 51 milles anglais de circonférence ; sa plus grande longueur est de 21 milles de N. -O. au S.-E. Sa plus grande largeur est de 10 milles. La capitale de Tinghaï est fortifiée.

Le climat de Chusan est soumis aux mêmes variations que celui des localités situées sur le même parallèle de la côte orientale de l’Amérique du Nord. Pendant la mousson du sud-ouest il fait très chaud, le thermomètre oscille entre 22 et 53”; en septembre il atteint 59 à 40° à l’ombre.

Pendant la mousson de N.-E., surtout en février, il tombe jusqu’à— 3 et — 4n. Il gèle souvent pendant la saison froide, mais la glace ne lient que peu de temps.

L’eau peu abondante à Ting-IIaï est mauvaise à boire. Les réservoirs des champs de riz qui avoisinent la mer et quelques mauvais puits sont les seules ressources. Dans toute file il n’v a pas un seul filet d’eau courante.

D’après le Dr Lockart, dans la vallée humide de Jen-Tsang, l’éléphanliasis des arabes prend des proportions et un caractère de gravité insolite, et se termine souvent par la gangrène.

On doit signaler aussi, sous le rapport de la fréquence, l’embarras gas-

CLIMAT DK CHUSAN.

trique, lu gastialgie, lu dyspepsie. Le rhumatisme et les affections calarrhales sont également communes. Comme ailleurs, en Chine, les indigènes sont sujets aux ophthalmies et aux dermatoses.

LM'le Chusan s’est acquis une triste célébrité, pendant la première guerre des Anglais. En juillet 1840 le 20' régiment y débarqua, venant de 1 Inde, six semaines apiès dans de mauvaises conditions hygiéniques, le régiment entier n était qu’une troupe de moribonds. Au bout d’un’ an 800 hommes étaient morts. Ce lieu fut abandonné des Anglais qui ne l’ont plus réoccupé.

Ning-Pô. — Ville située près du confluent du Tahia et du Tsz-Kih, dans une grande plaine d’alluvions, à 20 kilomètres de la mer; comptant 230,000 âmes en 1843. -• Des montagnes de 12 à 1500 pieds sont coupées de vallées fertiles.

Le climat est excessif, comme cela a lieu sur la côte orientale des grands continents; l’hiver est analogue à celui de Paris et l’été à celui de Calcutta.

Les fièvres y sont peu graves; la diarrhée, la dyssenterie, le rhumatisme, atteignent surtout les étrangers, mais beaucoup plus rarement que dans la plupart des localités de l’extrême Orient.

Pendant un temps Aing-Pô a été considéré comme un Sanatorium , pour les malades venant du Sader, de Shang-Haï.

La phthisie parait fort rare parmi les indigènes. En 1843 la petite vérole fit de grands ravages et occasionna beaucoup de cas de cécité; la vaccination n’était pas encore en pratique. — Les femmes au-dessus de 50 ans, sont atteintes d’une sorte dlalopécie qui paraît tenir à une coiffure particulière à tout le Tché-Kiang. — Ici comme ailleurs les ophthalmies et. les maladies de la peau se font remarquer par leur fréquence.

Fou-Chow. — La plus importante des villes de la province de Foh-Kien sur le fleuve de Min, par 26° de lat. N. — Elle est distante de 44 kilomètres du mouillage des navires. La lèpre y est très répandue; les lépreux sont cantonnés et nourris dans quatre grandes léproseries, pour les suspects de vagabondage. Le sort de ces malheureux est si cruel qu’on cite des cas où des lépreux, pour ne pas quitter leur famille et pour échapper à la réclusion, se sont fait enterrer ou brûler vivants. Plus haut, en remontant le cours du Min, on se débarrasse d’une manière plus simple des lépreux : on les embarque sur un petit bâteau, avec une provision de riz et*de bois a brûler, et on les laisse dériver à l’aventure au courant du fleuve. Personne n’ose approcher de ces barques qui ont un signe apparent, el encore bien moins prêter assistance aux malheureux abandonnés.

Amo\ . Par 241 de lat. N. La climatologie est peu connue encore : les maladies des voies respiratoires, l’asthme surtout, dominent. 11 y a beaucoup d’ophthalmies. La syphilis est répandue. La goutte est fréquente. Le choléra se serait montré pour la première fois à Amoy en juin 1842.

530 MALADIES CLIMATÉRIQUES

Le médecin chinois Tschany de Ning-Pô a le premier observé et décrit le choléra en 1820. Il éclata à Fô-Kien de là à Canton, Keongizi, Tsche- Kiang, puis au nord jusqu’au Pe-Tchi-Li où il fit peu de ravages.

Shang-Haï. — Cette ville est située par 51° de latitude nord, sur la rive gauche du Woussoung, à 12 milles du confluent de cette rivière avec le Yang-Tsé-Iviang, qui continue encore son cours pendant trente milles avant de se jeter à la mer. La population dépasse 200,000 âmes. Températures moyennes observées de 1848 à 18G0 :

Janvier Février Mars .

Avril .

Mai

Juin .

Juillet. .

Août .

Septembre .

Octobre .

Novembre.

Décembre

En juillet et août le thermomètre monte souvent à 58°, et descend en janvier, février et mars, jusqu’à 8U au-dessous de zéro.

La température éprouve, pendant l’hiver, des variations brusques qui sont sous la dépendance de la direction des vents. En janvier 1863, le thermomètre descendit en quelques heures de 15 à 6 degrés.

Il pleut beaucoup à Shang-Haï, l’humidité y est rendue considérable par les rizières et les nombreux arroyos de son fleuve. Le climat est mauvais.

En été il y a des fièvres pernicieuses à caractère typhoïde. — Cette forme typhique des fièvres fait de grands ravages parmi les Chinois, de même que la dyssenterie, la diarrhée, le choléra.

La fièvre compliquée de dyssenterie est très rebelle : elle se complique souvent d’hépatite, d’anasarque, d’ascite.

La variole fait de moins grands ravages, depuis la propagation de la vaccine, qui s’est substituée à l’inoculation varioleuse.

Les abcès de la paume des mains est une particularité pathologique de

Shang-Haï.

Tche-Fou. — • Sur le côté nord du promontoire de Shan-Tong, par 57" de lat. N., au fond d’une baie profonde.

• Maximum de température observé à Tche-Fou en 1801 :

Mai

Juin 28"

Juillet 55

Août 52

Septembre

Octobre.

Novembre

La neige tombe en abondance pendant les mois de décembre, de janvier et de février qui sont très froids.

Le climat de Tche-Fou, dans le golfe du Pe-Tchi-Li, où nous finie."

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