‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 131 sur 215 · CLIMAT DU LITTORAL DE LA CHINE · texte numérisé non relu

CLIMAT DU LITTORAL DE LA CHINE

Péritonite. . .

Bronchite . . .

Congestion pulmonaire Pleuro-pneumonie Pleurésie . . .

Hémoptysie . .

Pleurodynie .

Anasarque Ictère ....

■ Varices . . .

Adénite cervicale l Ulcère au pied droit 'Néphrite . . .

Luxations

Périostite

Plaies

» par arme à feu . .

» par instruments piquants

Brûlures

Fractures

Entorses

Maladies de la peau. . .

Abcès

Maladie indéterminée .

Total.

Les maladies qui ont été cause de mort sont :

Fièvre continue .

» typhoïde .

» muqueuse lYariole . .

«Scarlatine. .

Diarrhée . .

Dyssenterie .

Idépatite .

Péritonite. . .

Bronchite . . .

Pleuro-pneumonie Anasarque . .

Plaie ....

Maladie de la peau

Total. . 70

Sur 550 malades.

Tel est le tableau pathologique du premier semestre de 1861, dans « 'extrême nord du littoral de la Chine, nous donnerons comparativement ’3 tableau pathologique de l’extrême sud, en faisant la topographie médiale de Saigon en Cochinchine. Remarquons que dans celui qui précède ia syphilis tient une large place ; c’est qu’en effet c’est la première maladie redouter en arrivant en Chine. Elle n’est plus, comme les autres, répartie elon les latitudes, mais elle est partout, et sa fréquence est en raison de agglomération des masses, et de leur plus grande fréquentation par les trangers.

Est-ce à dire que ces derniers en soient les importateurs ? Tant s’en lut, ils n’en sont que les révélateurs. Et d’abord, il y a des points comme che-Fou où jamais, peut-être, navire européen n’avait relâché, et où nous 'avons pas tardé de trouver un certain nombre de vénériens dans nos mbulances. Ensuite, les affections vénériennes, contractées par les euro- ■éens, prennent un caractère de suracuité et de gravité, qui n’est pas en JPPort avec les accidents éprouvés par les Chinois. Leurs vénériens ont ireinenl le teint altéré, et souvent, chez eux, chez les femmes surtout, la

(I) Ce sont moins les diarrhées aiguës <jue les diarrhées chroniques consécutives ù la /sJenterie, aux lièvres, à l’anémie.

MALADIES CLIMATÉIUQUES.

contagion se cache sous ies apparences d’un bel étal de santé : in herbu Intel amjuis ! On dirait que la Chine a subi, depuis des milliers de siècles, une sorle’de syphilisation générale qui a atténué, progressivement, l’infection virulente dans les organismes qui en sont atteints. Cela ne veut pas dire que toutes les familles aient subi cette influence, ni non plus que ceux qui en ont ressenti les effets en soient venus à l'innocuité, car il y a assez de syphilis contitutionnelles, appelées du nom générique de lèpres, réputées contagieuses, objets de répulsion générale et motifs de séquestration à ce sujet. Nous accordons bien qu’il y a chez les Chinois des cas de lepra vulgaris, des éléphantiasis, des scrofules et teignes, des goitres, etc., mais il y a aussi de vraies syphi'ides, des tubercules, des gommes, des pxthymu , rupin et lupus syphilitiques, des exostoses et des caries, tout cela rangé par bien des gens sous le pseudonyme de lèpres.

Pauvre Christophe Colomb, il ne suffisait pas à votre infortuue de voir votre découverte contestée, et passer sous le nom d’un autre ; il ne suffisait pas que, pour récompense de votre hardie et savanle navigation, vous fussiez emprisonné; il fallait encore que la malveillance entachât votre nom et vos équipages de la souillure d’une dégoûtante calomnie, par des gens qui ne savent même pas lire le livre de Celse, où il traite tout au long d’une affection aussi vieille que le monde !

Climat de Peking.

Peking est la capitale de la province de Tchi-Li, vaste plaine, à plan incliné vers la mer, dont le cours d’eau le plus important est le Pé-ho ou lleuve blanc, dont l’embouchure est au golfe du Pé-Tchi-Li.

Les vents régnants sont ceux de S. S. E. en été de N. N. O. en hiver. Ceux-ci se changent parfois en tempêtes de poussière et glaciales.

La température moyenne de l’été est de -{- 29, celle de l’hiver — 2,8; le maximum observé en juillet, h l’ombre, a été de -j- 45, le minimum en janvier — 17, soit 02 degrés d’écart. La température au soleil a donné un maximum de 64 degrés.

Pendant quatre mois de grande chaleur, il y a à peine h ou 5 degrés de différence entre la température du jour et celle de la nuit, -j- 40 degrés de midi à 1 heure; -[- 58 et 55 vers 2 heures du malin (l).

Les pluies commencent en juin, et favorisent, avec la chaleur, une exubérante végétation.

Les neiges sont peu abondantes dans le Pc-Tchi-Li et peu persistantes.

Maladies climatériques. — • En hiver, dit M. Morache, les affections rhumatismales, avec touleseleurs localisations, sont fréquentes; dans l’appareil respiratoire elles en attaquent les divers éléments anatomiques ; la

/|) v. Moraclic : Peking cl ses habitants, Paris, 18ü9

CLIMAT DK PEKING.

pneumonie est en particulier commune; chez les individus, anémiés par la misère ou d’autres causes, elle prend rapidement la forme chronique. Les produits inflammatoires s’organisent, et amènent celle phthisie si facilement confondue avec les résultats de la tuberculisation.

La phthisie pulmonaire est certainement l’une des principales causes de mortalité. En admettant en principe la contagiosité du tubercule, l’observateur voit à Peking, des faits de nature à corroborer cette croyance.

Les conjonctivites sont plus communes en hiver; à celle saison on observe toutes les variétés de congélations, les lièvres sont fréquentes en été, de même que les diarrhées et les dyssenteries graves. L’hépatite en est quelquefois la conséquence. Le goitre est endémique à Peking; la syphilis y es^ répandue, et la scrofulose s’y manifeste avec toutes ses localisations. Le nomu des enfants est très fréquent dans les familles misérables, et complique presque toutes les maladies graves typhoïdes ou éruptives. Le scorbut est fréquent. Le crétinisme, l’idiotie, la folie ne sont pas rares.

Les fièvres éruptives scarlatines, rougeoles miliaire et surtoutla variole, constituent de graves endémo-épidémies. Chaque année, vers la fin de 1 hiver on voit apparaître des cas plus ou moins nombreux de typhus exanthématique.

La fièvre typhoïde règne a côté' du typhus, et semble se confondre avec lui. L une des grandes épidémies de Peking est la diphthérie, elle accompagne le typhus, et fait de nombreuses victimes. Sa contagion parait hors de doute. Le choléra a particulièrement ravagé les côtes de la Chine en 1802 et 1803.

On trouve a Peking deux races de femmes : les tartares et les chinoises. Celles-ci ont les pieds déformés systématiquement dès l’enfance, par une coutume aussi barbare que bizarre, mais qui répugne aux Tartares qui la font tomber en désuétude.

Bien plus encore que 1 usage de la déformation des pieds, il en est un autre qui se propage sur de larges proportions, c’est celui de l’opium. — On peut dire qu’à Peking l’opium est aussi répandu que le tabac en France. C est un usage modéré et agréable pour le plus grand nombre des gens comme il faut, c’est parfois un abus dangereux pour le malheureux qui va chercher le narcolisme, dans les boutiques à opium.

Mais il est certain, dit M. Morache, qui a séjourné, après nous, longtemps a Peking, que tous les fonctionnaires et les lettrés en font usage : cependant ils sont parfaitement à la hauteur de leurs fonctions; leur intelligence est très développée; ils ont une finesse, une élégance de manières dont on est frappé, lorsqu’on a vécu quelque temps avec eux, la vieillesse n’arrive pas chez eux avant l’âge, et pendant de longues années ils conservent smon la vigueur de la jeunesse, au moins les qualités de l’ûge mur.

•ben ne peut nous démontrer qu’un usage modéré de l’opium est réellement nuisible.

U fumée de l’opium peut être utilisée dans la thérapeutique, les médecins chmofs la prescrivent fréquemment pour combattre la douleur, en

MALADIES CLIMATÉIllQ L' E S .

particulier dans le rhumatisme et autres affections douloureuses, il s’en servent aussi comme anti-périodique dans les accès de lièvres intermittentes, cette pratique est logique, elle a un certain succès. Enfin, ajoute M. Morache : « Récemment un de nos collègues, M. le 1)' Armand, a soumis à l’Académie de médecine (1), une étude fort intéressante sur cette question ; il conseille la fumée d’opium dans certaines affections des voies respiratoires, et s’appuyant sur des observations assez nombreuses, invite les praticiens à reprendre ces essais. Nous sommes convaincu qu’à l’occasion, on peut avoir recours à cette méthode, mais si la thérapeutique la conseille, l’hygiène doit-elle la permettre? N’est-il pas à craindre que nous engagerions, delà sorte, les malades à continuer après guérison? Il en est souvent ainsi en Chine, et bien des fumeurs ayant commencé l’opium connue médicament, n’ont pu ensuite s’en deshabituer. Il est vrai d’ajouter que le commerce de l’opium est libre en Chine, tandis qu’en France il restera soumis aux règlements spéciaux des substances toxiques. »

Eh bien ! voici ce que nous avons dit de l’opium, de son usage, de son abus et surtout de son emploi thérapeutique, le seul que nous cherchons à propager comme moyen héroïque, nous l’affirmons. Nos premières communications scientifiques à ce sujet, après notre retour de Chine, datent de 1865 (2).

Des fumeurs et des mangeurs d’opium dans l’Indo-Chine. — Il y a dans l’usage de fumer l’opium en Chine, une étude intéressante de coutume populaire, d’économie politique qui n’est pas précisément notre objet, mais surtout une question d’hygiène publique et peut-être même de thérapeutique qui sont autant de motifs d’un sérieux examen de notre part, après avoir observé cette habitude sur les lieux, et recueilli les divers documents qui s’y rattachent, publiés dans un grand nombre d’écrits qui toutefois, il faut le dire, pêchent généralement par l’exagération.

En effet, supposons que les ambassadeurs du Japon ou du pays d’Annam, récemment partis de France, aient dit au retour à leurs compatriotes : « Les Européens ont surtout une habitude généralisée et pernicieuse, ils boivent d’ordinaire du vin et autres boissons fermentées, notamment de l’eau-de-vie, du kirsch, de l’absinthe; rendus furieux d’abord par ces détestables drogues, ils finissent par perdre tout à fait la raison, et ne tardent pas à tomber dans la dégradation physique et morale, caractérisée par l’hébétude et l’abrutissement, appelés par les lettrés de ce pays, 1 intoxication alcoolique et le delirium tremens. Leurs enfants ne sont que des petits monstres, abrutis d’avance par ce vice héréditaire; la population tout entière dégradée, détériorée et décrépite, tend à la dégénéres-

(1) Voyez : Armand, Bulletin île l'Académie de médecine. Paris, 1868. T. XXXIII, p. 1105.

[i) V. (iaz. méd. de Baris, 1865, n° 23.

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