‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 135 sur 215 · TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA

BASSE-COCII INCIIINE.

Les moussons de nord-est et de sud-est , avons nous dit, régnent alternative Aient six mois durant dans la Basse-Cochinchine. La saison des pluies coïncide avec la mousson de sud-est, et dure près de 7 mois. Ainsi pendant que d’avril à octobre inclusivement, on a 102 jours de pluie, on n’en trouve plus que 22 pour les cinq autres mois, différence 140.

Les végétaux et les productions du sol sont : le riz, principale culture, le maïs, la canne à sucre, l’indigo, le tabac, les cinnamomes et les cardaunomes, le coton, le calé, les cocotiers, les aréquiers, les manguiers, les orangers, les citronniers, les pamplemousses, les grenadiers, les ananas, les bananiers, les goyaviers, les papayers, les mûriers.

La Cochinchine fournit l’aquila, le calambac, des bois de teinture, de l’ébène, du teck, bois inaltérable tenant le milieu pour l’aspect, la dureté et la densité, entre le bois de chêne et le bois de fer.

Les acacias et autres mimosas atteignent des proportions gigantesques, surpassées en développement par les arbres des Banians à branches retombantes et venant s’implanter dans le sol, en y formant de nouvelles tiges. L’arme des mandarins, du port et de l’aspect de nos tilleuls, donne des fruits sans inalogues dans nos pa)s. C est une sorte de grenade blanche à pulpe gramlée et miellée. On rencontre dans les fourrés d’une végétation luxuiante et tropicale, un petit serpent vert rampant sur les arbres et sifflant; a morsure est dit-on très vénimeuse.

Le serpent corail, court, petit, lisse et rougeâtre comme un ver de terre, une piqûre mortelle. Le serpent à deux têtes est aussi très à redouter.

I ressemble à une vipère, la queue tronquée étant terminée en triangle vec deux œillères, on est bien plus porté à première vue à croire que est la tête que la queue. Cette dénomination de serpent à deux têtes ’est donc fondée que sur une apparence. Il y a beaucoup de couleuvres e maison et d eau. Les toitures sont infestées aussi par des scolopendres, énormes scorpions noirs, des grappes de chauves-souris et des nuées de msins ou moustiques.

Les lézards des toits, kokke ou jekkos, étonnent parleurs cris imitant la oix humaine. Nous avons vu des crocodiles à Ki-lIo-Ha, et il y a des boas ans les fourrés, dont les habitants les plus nombreux sont les lynx, les îats-tigres, les tigres de haute-taille. Dire qu’il y a des tigres, c’est dire t’il y a aussi des cerfs, des chevreuils et des sangliers, dont ils font leur tlure. H y a aussi des buffles sauvages, le cou-jin, tenant du bœuf et du

iule, des éléphants et des rhinocéros.

Parmi les oiseaux on remarque des troupes de vautours, des marabous, îs vo,s de perruches, des pigeons et tourterelles, des corbeaux, des pics, ,3S moineaux, des adoucîtes, des bécassines, des canards, des plongeons, es hérons, des pélicans, des grues, des callaos, des ibis, des aigrettes :s martins-pêcheurs aux vives couleurs. C’est surtout au lac de Cainbodje 1011 trouve une population aquatique des plus remarquables; ce lac a 1 lieues de longueur sur 12 de largeur. Il communique, par un canal de ‘‘■ivaiion naturelle, avec le grand fleuve du Me-Jvong, L’eau s’écoule du

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lac pendant la saison sèche de décembre à avril. Pendant les pluies de l’hivernage ce sont les eaux du Me-Kong ou Cambodje qui débordent et refluent vers le lac. Aux basses eaux de la saison sèche la marée se fait sentir jusqu’au lac. Les oiseaux aquatiques y sont innombrables : on y remarque des cyrilles-pies, des oiseaux pêcheurs, des corbeaux d’eau. On y fait des pèches prodigieuses : les marsouins, les poissons à scie y abondent ; il y a le poisson royal, le poisson-tigre etc. Les anabas glissent sous

l’eau ou sautillent sur les berges.

Le Tong-King au nord et la Cochinchine au midi, forment le royaume d’Annam, dont la population totale est de 25 millions d’âmes. Les Annamites appartiennent au rameau indo-chinois de la race mongole ou jaune. Leur tête ovoïde se rapproche de celle des Chinois. Comme eux ils ont les cheveux noirs et lisses, les yeux noirs, un peu obliques, le nez petit plutôt qu’épaté, les pommettes moins saillantes, les lèvres un peu grosses, le teint blanc mat des jeunes, passe au brun olivâtre chez les adultes. Le sang malais est mêlé à ces populations qui, dans la Basse-Cochinchine ont parfois le corps élancé, grêle, les membres longs des nègres de 1 équateur. Hommes et femmes, portent les cheveux longs, lissés et lustrés par 1 huile de ricin ou de coco. Naturellement le système pileux est nul sur le reste du corps et, au besoin, ils emploient les pâtes épilatoires pour se débarrasser des poils de tout le corps. Les mâles sont imberbes jusqu a la a ieillesse, vers laquelle apparaissent quelques poils de barbe. Les deux sexes ont aussi le même costume : il en résulte que le signe le plus distinctif de la jeune fille, par rapport au garçon, ce sont les boucles d oreilles quelle porte. Excepté quelques milliers de chrétiens (et quels chrétiens !) la population d’Annam adore Phat ou Bouddha. Il est à noter qu’au Cambodje et à Siam, on brûle les morts. Il y a peu de longévité, aussi les vieillards sont rares dans la Basse-Cochinchine : un homme de 50 ans, est déjà bien émacié, ridé et tout cassé par l’âge ; les femmes sont rapidement décrépites. C’est que le climat est débilitant, énervant, malsain; la nourriture peu réparatrice, insuffisante : riz, fruits et poissons, très peu de viande de poïc et de volailles. L’air est d’ailleurs constamment trop chaud et trop humide pour entretenir une hématose active. L’indolence est le cachet populaire. L’usage du bétel est général et produit ses affreux effets sur la bouche,, dont l’incessante salivation est une cause de maigreur. L opium \knl encore abréger la vie moyenne des Coehinchinois, déjà si réduite par les maladies endémiques et épidémiques : fièvres, dyssenlerie, choléra, variole. Les maladies de la peau sont communes : prurigo, gale, ulcères aux jambes, qui sontparfois le siège d’œdèmes et d éléphantiasis.La sa plu lis y est répandue et très grave. Et, néanmoins, le climat n exerce pas une influence défavorable sur les blessures de guerre qui, en général arriven aisément à guérison. Nous donnons, ci-après, le résumé chirurgical 6 l’attaque et de la prise des forts de Kioah (25 février 1801), et du liaite ment ultérieur des blessés à l’hôpital militaire, dont nous avons eu a direction comme chef de service, depuis l’arrivée jusqu’au départ tes troupes, c’est-à-dire de février 1801 à février 1802.

TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA DASSE-COCHLNCHINE .

Blessures par coups cle feu et armes blanches :

Tète : contusions par projectiles

— plaies par projectiles.

— par coup de lance.

Poitrine : contusions .

plaies par coups de

feu

Abdomen : plaies pénétrantes.

— contusions .

Épaule : id

— plaie

Bras : id

Avant-bras

Main

fi

Hanche : contusions. ... 5

Cuisse : id 4

— plaies par coups de feu 1 2

— par coup de lance. . 1

Genou : contusion .... 1

plaie. ,....!

Jambe : contusions .... 5

plaies Il

Amputés : désarticulation de

l’épaule |

— de la cuisse ... 2

— du pouce .... I

Contusions diverses .... 5

Nous ajouterons à cette énumération les quelques blessés fournis ultérieurement par les expéditions de Mytho, de Bien-Hoa, de Barria.De plus, nous intercalerons les autres affections chirurgicales non traumatiques, traitées à l’hôpital dans le courant de cette période annuelle.

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