TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA BASSE-COCHINCHINE. 5G
toires; les angines, les laryngites, les bronchites ou catarrhes, les pneumonies, l’asthme ;
2’ Les névralgies de la face, l’odontalgie, l’otalgie, la migraine ;
5° Les palpitations ou névroses du cœur.
Dans tous les cas c’est au médecin à procéder par voie de tâtonnement, pour guider ses clients, selon l’âge, le sexe, le tempérament et les maladies ou indispositions dont ils sont atteints.
Topographie médicale de la Basse-Cochinchine.
A l’entrée de la mer de l’Indo-Chine on voit s’avancer, dans cette mer, une terre qui forme, avec la presqu’île de Malacca, le golfe de Siam. Celte terre est celle du Cambodje, dont l’extrême pointe sud-est comprend les six provinces de la Basse-Cochinchine.
La Cochinchine et le Tong-King réunis forment le royaume d’Annam, paix du midi). Hué en est la capitale.
Les six provinces, constituant la Basse-Cochinchine, sont de l’est à l’ouest a province de Bien-Hoa ; celle de Giah-Ding, chef-lieu Saïgon, celle de Thi-Kong, chef-lieu Mitho, celle d’Ang-Giang, chef-lieu Cho-d’IIoc, celle de Long-IIo, chef-lieu Vinh-Luong et celle d’Athien. Ces provinces sont considérées comme les greniers d’abondance de la Cochinchine, par la grande quantité de riz qu’elles produisent. Elles sont sillonées par un nombre : n fi n i de cours d’eau navigables. Le plus important pour la navigation c’est a rivière de Saïgon, car elle est navigable pour les plus grands navires
i usqu’à 90 milles de parcours, et de plus, les marées faisant varier Je liveau de l’étiage de 4 mètres en moyenne, on peut même sans vapeur la '■emonter comme la descendre. Mais le plus grand fleuve, ou plutôt le leuve collectif de la contrée, c’est le Cambodje, qui se jette à la mer par oept embouchures principales et entrelacées par d’innombrables cirroijos, jui sont des voies de facile communication pour des peuplades qui vivent )lus en pirogues qu’à terre. Le sol de ce vaste delta d’alluvions est généralement plat, sauf quelques reliefs vers Bien-Hoa; il n’y a pas de monagnes à l’horizon, quand on est au centre de la contrée. Le plat pays est i peu élevé au-dessus des eaux, que les hautes marées débordent, plus ou moins loin sur les rives des arroyos et vont baigner les pieds des palmiers aréquiers, des bananiers et autres plantations tropicales qui encadrent l’une double haie la plupart des cours d’eau. Le reste du terrain intercalé rst généralement couvert de rizières; ce sont des carrés encadrés de petits •alus, et toujours inondés par des canaux d’irrigation très intelligemment dessinés. Il résulte de celle hydrographie tant naturelle qu’artificielle, de oute la Basse-Cochinchine, et d’une température constamment élevée, que atmosphère est toujours saturée d’humidité pendant la saison des pluies, (ui dure plus de la moitié de l’an. Il n’y a en effet, à proprement parler, lans celle contrée presque équatoriale, car on n’est qu’à 8 ou 10 degrés
MAL A DI F. S C L 1 M A T K l\ I Q U F. S .
nord de la ligne, que deux saisons réglées par les moussons. Avec les vents de la mousson de nord-est, soufflant de novembre à avril, on est, pourrailon dire, au beau fixe, surtout en décembre, janvier, février, mars, sauf quelques grains par rares exceptions. Pendant près de six mois le soleil darde ses rayons brûlants, mais il produit une évaporation tellement abondante qu’on est plongé en permanence dans une atmosphère de bain d’étuve que la nuit ne rafraîchit pas. C’est cependant la belle saison du pays. Vers la mi-avril, la mousson de sud-est, à son tour, prend le dessus pour six mois, et pendant ce second semestre le temps est toujours pluvieux, couvert et nébuleux jour et nuit. Il pleut toujours, non pas d’une façon continue, mais par averses répétées dix, quinze, vingt fois dans les vingt-quatre heures. Le soleil est voilé presque en permanence par une épaisse atmosphère chargée de nuages amoncelés. Il y a de fréquents orages ou plutôt le temps est toujours orageux et très lourd, très chaud. On est constamment dans l’humidité chaude, tout est moisi, piqué, pourri : literie, chaussures, vêtements, harnachements, etc. Aussi est-on dans une macération permanente. Bien que le soleil soit masqué, comme à cette saison il revient sur notre hémisphère, la caléfaction est aussi forte qu’à la saison dite sèche. En somme, que le ciel soit couvert ou découvert, on trouve qu’il fait toujours trop chaud, et dans un pays où l’on a peine à respirer, il faut encore dormir emprisonné dans une moustiquaire. Bien rarement on éprouve une sensation de fraîcheur, si ce n’est entre cinq et six heures du matin et d’une façon relative en décembre et janvier.
Les boissons paraissent toujours tièdes, cela se comprend, l'eau est à peu près à la température de l’air, 27 degrés, celle de nos bains chauds en Europe. On jugera mieux de la permanence de la chaleur en Cochinchine par les données thermométriques ci-après :
Température de Saigon en 1801 . —
Janvier £6
Février 28
Mai 27
Juin 27
On voit par ces chiffres qu’entre la la moins élevée, il n’y a qu’une différ La température maximum a été de muni de 10° le 5 décembre.
Nombre de jours de pluie :
vennes mensuelles. Therm. Centig.
Juillet . 27
Août 27
Septembre 26
Oclobre. 27
Novembre 2”
Décembre ■ ... 26
moyenne mensuelle la plus élevée cl ;nee de trois degrés.
50" le 8 avril ; la température mini-
janvier i
Février 2
Mars 4
Juin 2Î}*
Juillet 2i
Août 23
Septembre 26
Octobre 20
Novembre U)
Décembre 2