TOPOGRAPHIE MÉDICALE DE LA BASSE-COCIIINCIIWE
sans réserve a cette manière de voir. Nous ajouterons qu’on peut bien arriver aujourd’hui a obtenir de la munificence du ministre de la marine, de faire manger et boire les équipages dans des écuelles de bois, peut-être diminuera-t-il ainsi les chances de développement de la colique saturnine à bord des bâtiments de l’état, mais nous l’avertissons bien qu’il ne diminuera en rien pour cela les trop nombreuses et trop fréquentes chances qu’auront à prendre la colique sèche des pays chauds , tous ceux qui y séjourneront.
Quoiqu’il en soit, nous devons ajouter, à nos réflexions sur la question si controversée de la colique sèche, les réflexions telles quelles de ceux de nos confrères qui se sont occupés de son étude.
À propos de la thèse de M. Follet (O, M. Brassac s’exprime ainsi :
« Les nombreux travaux qui ont paru, dans ces dernières années, sur la question de l’identité ou de la non-identité de la colique nerveuse des pays chauds et de la colique saturnine, n’ont pas amené une solution ralliant d’une manière unanime toutes les opinions. La cause est toujours pendante. »
Le travail de M. Follet pose ainsi la question :
« Vérifier si la dernière opinion émise sur l’origine de la colique sèche, c’est-à-dire l’origine saturnine, était applicable à tous les cas de colique sèche, ou bien si tout en admettant dans les pays chauds comme en Europe la colique saturnine, il n'existe pas une colique nerveuse propre aux pays chauds et indépendante de la colique saturnine. »
Sous le rapport symptomatologique, M. Follet insiste sur les différences notables que présente le pouls dans la colique saturnine et dans la colique sèche végétale. Il adopte l’opinion de M. Ballot ainsi formulée : «l’examen attentif du pouls est jusqu’à présent le meilleur moyen pour différencier la colique sèche végétale de la colique saturnine. Le liséré du Burton est loin d’être un signe pathognomonique de cette derniere affection. Il est souvent très difficile de la distinguer du liséré qui se rencontre chez les marins peu soigneux de leur bouche, surtout lorsqu’ils ont été déjà atteint de scorbut.
« Le pouls dur et vibrant qui va en se ralentissant à mesure que les accidents augmentent pour devenir plus fréquent, quand ceux-ci diminuent, est le signe pathognomonique de la colique de plomb.
« Le pouls faible et régulier au début, qui augmente de fréquence et d’irrégularité, en raison de l’intensité des coliques, pour se ralentir et se régulariser, lorsqu’elles vont en diminuant, est le symptôme certain de la eolique sèche végétale. »
M. Follet apporte dans une 2,ne série des observations de colique végétale, dans lesquelles rien ne vient à l’appui de l’origine saturnine, où tout, au contraire, combat cette origine.
(1) l'Uude sur la colique sèche végétale Ja colique nerveuse des pays chauds. Mont- •ellier, 18(56.
590 MALADIES CLIMATÉRIQUES
Dans ces cas, ditM. Brassac, gardant une sage réserve, il faut réserver à la maladie le nom d’entéralgie, de névralgie abdominale, de colique nerveuse! Pourquoi donc pas son vrai nom? Colique sèclie végétale par opposition à la colique de plomb ou des peintres !
Quant à l’étiologie, M. Follet est porté à se rallier à l’opinion qui regarde la colique sèche des pays chauds, comme une fièvre larvée se manifestant sous la forme d’une névralgie des branches nerveuses ganglionnaires. Si on a vu des coliques dans les pays froids ou tempérés, il faut les regarder comme des rechutes d’une affection contractée antérieurement dans les pays chauds, et qui a reparu sous l’empire de l’humidité du froid et des variations atmosphériques. Très bien, dirons-nous, pour les marins elautresqui ont été dans les pays chauds, mais pour ceux qui ne sont pas sortis de leur pays, ne serait-ce plus la colique sèche, nerveuse, végétale?
Le traitement de la colique sèche se résume ainsi : 1° calmer la douleur; 2° faire cesser les vomissements; 5° provoquer les selles; 4° reconstituer le sang appauvri chez les anémiés ; 5° rappatrier les malades.
11 faut signaler avec M. Follet l’usage efficace qui a été fait du sulfate de quinine contre les cas de coliques sèches, considérées comme d’origine climatérique par MM. Autric Touchard, Mondot, Jouve Chapuis et autres, au nombre desquels nous nous comptons, pour les faits cliniques que nous avons eus en Cochinchine.
Enfin dans son travail : De la nature et du traitement de la colique nerveuse endémique des pays chauds , M. Fonssagrives formule ainsi ses vues étiologiques : « La coexistence très habituelle de la colique sèche et de l’anémie fébrile, la succession si ordinaire de cette affection à des accès intermittents, la marche périodique que la névrose intestinale affecte très souvent, ce fait, que de trois personnes qui chassent dans les marais sous l’ardeur du soleil, l’un peut contracter une fièvre, le second une dvssenterie, le troisième une colique sèche, montrent d’où procède la coliqiu sèche comme le reste de la plupart des endémies tropicales. » A part, l’intervention du marais, qui tout efficace qu’elle puisse être, n’est certes pas indispensable, celte manière de voir a du moins l’avantage d’entrer pleinement dans la voie de l’étiologie climatérique.
Golfe de Siam. • — Bangkok (ville des oliviers sauvages), sur le fleuve Menam.
La ville est flottante sur des radeaux de bambou. Le climat est très régulier. La mousson de S. O. commence en avril et se prolonge jusqu ci; novembre, et fait place à celle du N. È.
En avril, lorsque cesse le N. E.,lcs pluies commencent; elles augmente»! en juillet, il y a de violents orages presque tous lçs jours. A la fin de lu mousson de S. O. apparaît la saison sèche. Les Siamois divisent cette saison en deux périodes : la chaude et la froide; la première s’étend de novembre en février, la seconde se termine en avril. Pendant celte dernière les nuits sont très fraîches. C’est pendant le mois de janvier que h