‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 151 sur 215 · JO · texte numérisé non relu

JO

Janvier . .

Février . .

Avril . . .

Ma i . . .

Juin . . .

Juillet . .

Août . . .

Septembre .

Octobre . .

Novembre .

Les fièvres intermittentes y sont rares et bénignes. La phthisie paraît presque inconnue parmi les indigènes (2 cas cités par Bradley), plusieurs des cas ont été fournis par la population féminine des missions, ce qui confirme cette observation que les climats des tropiques en général arrêtent la tuberculisation chez les Européens, qui en importent le germe.

Les ophthalmies, la variole, les maladies de la peau, la syphilis, la lèpre anesthésique, les catarrhes, les diarrhées, les dyssenteries et très peu d hépatites sont les maladies des indigènes. — L’hydropisie ascite atteint presque tous les hommes.

lîangkok est un véritable foyer de choléra. A diverses reprises, de grandes épidémies ont ravagé cette ville et tout l’empire. La première épidémie sérieuse aurait éclaté en 1819, la deuxième en 1822, puis en juin 1849, 20 à 30,000 personnes succombèrent. Manquant de bois pour brûleries corps on les jettait dans la fleuve.

« Souvent, dit Friedel, la fièvre pallustre se montre sous la forme choi for me , elle offre tant de similitude avec le choléra noir, qu’on peut s’y tromper ; mais dans ce cas la quinine réussit ! »

Voilà comment on écrit l’histoire de la thérapeutique : parce que la

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quinine réussit, ce n’est plus le choléra, ce n’est plus qu’une lièvre palustre sous la forme cholériforme !

Nous notons celte interprétation tout illogique, parce qu’elle est comme une confirmation de plus qu’à Bangkok, comme en Cochinchine,cominepar~ tout, le choléra n’est qu’une fièvre algide pernicieuse, dont le seul remède efficace que nous connaissons jusqu’ici, est le sulfate de quinine dans un grand nombre de cas, quand on le donne à temps et à dose élevée.

Climats de l’Inde.

Pondichéry. — Clief-lieu des établissements français dans l’Inde, sur la cote de Coromandel, dans le Karnatick, par 11° de latitude nord, avoisinant Madras.

La ville qui a G kilomètres d’étendue environ, est divisée, selon la population qui l’habite, en ville blanche et ville noire.

Températures de 4855 à 4865 (C.

maximum.

minimum

Janvier

Février

Mars

Avril •

Juin .... ...

Juillet

Août ........

Septembre -

Octobre

Novembre

Décembre

Extrêmes d’autres

colonies en

maximum .

minimum

Guyane

Martinique et Guadeloupe .

Mayotte

Taïli

Réunion

Sénégal

Il y a la saison fraîche et la saison chaude, correspondant aux deux principales moussons de N.-E. et de S.-E.

(1) D’après M. Huillel.

CLIMAT DE L’iNDE. 595

La moyenne de température de la première est de 27, celle de la seconde de 50.

Cependant, celte différence, faible en apparence, suffit pour faire de 1 une un printemps agréable et de l’autre un climat dévorant, qui ne peut se comparer à celui d’aucune autre contrée, Sénégal compris.

Les brises de terre à Pondichéry sont brûlantes.

Pondichéry l’emporte sur toutes nos autres possessions par l’intensité de sa chaleur, par ordre successivement dénommé, viennent la Guyane, 28; les Antilles, 27; Mayotte, 26; Taïti, 25; Réunion, 25; Sénégal, 25 degrés.

D’après Foissac, Coutelle a vu le thermomètre marquer 42° au Caire; 45° àPhiloë en Egypte; Beauchamp 45° à Bassora en Mésopotamie; Burckardt 47° à Essie en Egypte; M. Ferrier a observé 48- à Bagdad en 1844; Richie à constaté à Moursouck dans le Fezzan 56 degrés à l’ombre. Enfin on assure que sur les côtes de la mer Rouge on aurait observé 65° à l’ombre.

Le 20 juillet 1847, à 5 heures du soir, dans la coupure des gorges de 1 Atlas, dans la Chiffa, par un jour de sirocco, nous avons constaté 48° centigrades à l’ombre d’un gourbi et 65° sous la tente.

Le même jour, à 5 heures 55 minutes, le thermomètre au soleil a monté jusqu’à 72°l/2. Ces températures observées dans les gorges rocailleuses de 1 Afrique, sont de beaucoup plus élevées que celles qu’on prend en mer sous 1 équateur qui est de 27°, d’après de Humboldt, et dont le maximum ne dépasse par 51° centigrades. L’échauffement du sol et la concentration de l’air dans le premier cas, rendent compte de cette grande différence.

La moyenne annuelle de 28° et celle de 29“ pour la saison chaude, placent Pondichéry parmi les localités les plus chaudes du globe. La table de Guillaume Malhmann, qui contient la température moyenne de 505 lieux, ne donne que Maracaïbo (par 1 1° de lat.) et Massawah, par 15° de latitude en Abyssinie, qui offrent des températures moyennes de 29 et 51°.

Pluies. — Pondichéry compte dans l’année 72 jours de pluie; la pluie presque nulle en février, va en augmentant insensiblement jusqu’en novembre, pour décroître en décembre, et cesser en janvier et février. Il pleut plus souvent par les vents de sud-ouest 41 jours, que par ceux de N. E. 19 jours.

Après le Sénégal, où l’on n’observe que 50 jours de pluie par an, c’est à Pondichéry qu’il y en a le moins; puis viennent pour les autres colonies : Mayotte 80, Taïti 81 ; la Réunion 129; Cayenne 156 et enfin les Antilles qui offrent 211 jours de pluie dans l’année.

Moussons et saisons. — Dans l’Océan Indien la prédominance des terres et les différences constantes de température entre elles et la mer, interrompent la continuité des vents alizés, et donnent naissance à des vents irréguliers, mais de direction variables, suivant les époques de l’année, ce sont les moussons du nom persan-arabe Moussini, qui signifie saison. On en distingue deux principales ; celle de N. E. qui commence en octobre et

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finit en mars; celle du S. 0. qui s’étend de mars à octobre. Cette dernière débute par des brises de S. S. E. qui ordinairement acquièrent, en avril une grande violence et entraînent beaucoup de poussière.

Avec les vents de terre, arrivent, vers le soir, d’innombrables insectes ailés, appelés Ccirayas volcmts qui envahissent tout (idem en Cocliinchine).

La seconde brise de la mousson du sud-ouest est celle de sud-est ou de large : passant au-dessus de la mer, elle se charge d’humidité et vient, avec un peu de brouillard, vers le milieu du jour rafraîchir l’atmosphère, au point de rabaisser le thermomètre de 5 à 10 degrés, ce qui procure un bienêtre indicible.

Mousson de nord-est, ou saison fraîche. — La mousson de nord-est est précédée d’une grande perturbation dans 1 atmosphère ; vers la tin d octobre, ou le milieu de novembre, éclatent des coups de vent qui renversent la mousson, et causent souvent des sinistres. Ces tourmentes ou Cyclones s’accompagnent de pluies abondantes et torrentielles.

Pathologie. — L’asthénie est le caractère dominant. Le choléra, la dyssenterie, l’hépatite, les engorgements du foie, les fièvres, la variole, le béribéri, les deux éléphantiasis, le rajah ou anthrax, les coliques sèches, le pied de Madure ou dégénération endémique des os du pied, le burning of the feet, ou sensation de brûlure aux pieds.

Le choléra a existé de tout temps dans l’Inde. Le premier auteur qui en a fait mention est le médecin hollandais Bontius, qui a écrit en 1029, à Batavia.

En 1759, le père du Choisel de la mission étrangère, a décrit aussi le vrai choléra indien avec tous ses symptômes caractéristiques, et a proposé comme spécifique le thériaque et la drogue amère.

C’est en 1817 que le choléra, prenant une extension extraordinaire, franchit les limites habituelles.

Du Bengale, il passa aux régions orientales de l’Asie et dans le nord de l’Europe. En 1852 il faisait sa première apparition à Paris, sept semaines après son invasion à Londres. Le peuple tamoul l’appelle vandy-vcdy (diarrhée-vomissement).

On peut, dit M. Iluillet, être contagionniste en Europe, on ne lest pas dans l’Inde. Le choléra de Pondichéry est identique à celui que nous avons observé en France, en Alger, en Asie et en Cocliinchine.

Les crampes si douloureuses, si fréquentes en France, sont plus rares a Pondichéry, quelquefois elles manquent complètement. La sécrétion urinaire peut ne pas être supprimée.

Le meilleur signe c’est leretourdu sommeil. Dormir, pour un cholérique, c’est arriver au calme de la surexcitation nerveuse, qui lient tout sa dépendance. Il en est de même dans toutes les fièvres, cl le choléra n’est pour nous qu’une fièvre algide pernicieuse.

Dans l’Inde, la réaction n’a jamais la violence qu’on observe en

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Europe. On ne voit pas cette lièvre intense avec accidents typhoïdes. La durée ordinaire du choléra est de 10 à 12 heures; quelquefois la mort ani\e en 5 ou 4 heures. Le mal attaque tous les âges. La thérapeutique empirique rationnelle et empirique sont également impuissantes. Le sulfate de quinine réussit quand il y a rémittence, dit M. Iluillet, il réussira plus souvent, nous pouvons l’affirmer, si précisément, on n’attendait pas le résultat, mais si on le donnait toujours et citius , dans le début de toute manifestation cholérique, comme nous en avons fait la preuve en Algérie, en Cochinchine et en France.

Dyssenterie. ■ La dyssenterie est la maladie la plus fréquente à Pondichéiy, après le choléra, avec un peu plus de fréquence dans la saison de

la mousson de N.-E. Elle est plus fréquente chez les Européens que chez les indigènes.

L’hémorrhagie est très grave, l’ipéca à la Brésilienne réussit fort bien, continué 4 ou 5 jours. La ratanhia est très efficace, et le sous-nitrate de bismuth achève la guérison.

Les pilules de Segond conviennent surtout dans les cas chroniques.

L hépatite aiguë ou chronique est assez rare à Pondichéry; à Madras et a Bombay, les abcès du foie sont fréquents.

La nourriture pour l’engorgement du foie principalement, doit être végétale. Il faut proscrire les viandes grasses, les mets gras, et surtout les boissons alcooliques. Les purgatifs salins, alternés avec les laxatifs, conviennent aussi.

Les fièvres d’accès sont moins fréquentes qu’à Bombay et au Bengale; elles cèdent aisément à l’emploi du sulfate de quinine. Elles se compliquent souvent de dyssenterie, d’hépatite et d’engorgement de la rate. Les fièvres pernicieuses sont rares.

Les fièvres rémittentes régnent surtout de janvier à juillet. La forme bilieuse est la plus commune. Les symptômes, sur les blancs surtout, consistent en une teinte ictérique, avec vomissements de bile porracée, les urines très foncées, contenant souvent du sang. La remission franche, marquée au début, tend à disparaître à la fin, pour prendre le type continu.

Le sulfate de quinine doit être prescrit à fortes doses, 2 ou 5 grammes par jour, jusqu’à la chute de la fièvre.

Variole. — D’après les livres indous, la variole aurait été connue dans l’Inde de temps immémorial. Les livres indous font mention, non seulement de cette éruption, mais aussi de l’inoculation du cow-pox, d’après William Scott, auquel nous laissons la responsabilité de cette assertion. La petite variole fait de grands ravages à Pondichéry. 11 est peu d’indiens ‘l'ii n’en aient été atteints. Cependant on constate déjà les bienfaits de la vaccine, à laquelle M. Collas a donné une grande impulsion.

L’éléphanliasis des Arabes ou maladies glandulaires des Barbades sont «l’une grande fréquence à Pondichéry, où ilsacquièrent des proportions mon-

59C) MALADIES CLIMATÉRIQUES

strueuses chez les Indiens. Les deux jambes sont rarement prises à la fois. Plus communs sur les hommes que sur les femmes, ils ne se montrent guère aux extrémités supérieures, qui sont moins exposées aux lymphites.

La lèpre est très commune parmi les Indiens. Pondichéry possède une léproserie à Sanniacytopou.

Relativement au traitement de la lèpre, dit M. Iluillet, voici les conclusions auxquelles est arrivé M. Beaujean, sur l’action prétendue curative de l’hydrocotyle asiatique prise en poudre, représentant la plante toute entière. Plusieurs sujets ont avalé une énorme quantité par doses progressives, depuis 1 jusqu’à G grammes, et cela pendant 8, 10 et 12 mois.

L’état squameux de la peau a pu disparaître presque entièrement.

Il en a été de môme pour les ulcères. Quant à l’état général, aux rétraction des doigts et des orteils, et au soulèvement hypertrophique de la peau, ils n’ont jamais offert d’amélioration sensible.

Les Anglais ont mis en vogue Tiodo-arsénite de mercure en liqueur de Donovan, mais sans plus de succès.

Les deux formes de la lèpre se rencontrent à Pondichéry ; cependant, l’anesthésique ou aphymaloïde, est plus fréquente que la tuberculeuse. Elles s’observent quelquefois ensemble sur le même individu, et se compliquent réciproquement.

On peut croire à l’étiologie syphilitique de la lèpre, vu que ceux qui en sont atteints offrent des stigmates de syphilis.

Il esta noter surtout, dit M. Huillet, que des européens syphilisés ont eu des enfants lépreux.

Le rajah ou anthrax peut acquérir d’énormes proportions, et entraîner la mort. Les personnes atteintes de diabète y sont plus exposées que les autres coliques sèches. Quoique rares, il s’en présente un certain nombre de cas qui ne peuvent s’expliquer par l’intoxication plombique, et qui rentrent dans les coliques végétales endémiques des pays chauds.

Le pied du Maduré, pied tuberculeux, dégénération endémique des os du pied, pèriacal , gros pied, aneycal, pied d’élépliant, se rencontre assez souvent chez les indiens.

Parmi les serpents vénimeux,il faut citer surtout les Najas. En trois ans on a constaté 118 morsures, dont 47 ont été mortelles.

Fièvres éruptives. — La varicelle est très fréquente. La rougeole atteint fréquemment les enfants. Il en est de même de l’urticaire.

Il y a un certain nombre de cas de fièvre miliaire. La scarlatine est presque inconnue.

Affections cutanées — Les bombouilles (lichen tropicus), sont confluentes et douloureuses (employer la poudre de riz ou les liniments oleo-calcaires.)

On groupe sous le nom de carpang dans l’Inde : 1° l’impétigo qui avec l’eczéma, constitue les gourmes, et siège soit à la face (impétigo figurata etsparsa), soit au cuir chevelu (impétigo larvalis et granulata); 2° l’ecthyma infantile; 5° l’eczéma impétiginodes.

CLIMAT DR L’iNDR. 597

La gale est à Pondichéry d’une fréquence extrême parmi les Indiens. Deux autres dermatoses attaquent souvent les enfants : ce sont les pemphigus et l’herpès, avec ses formes circinnatus et zona.

On rencontre journellement le lichen avec ses variétés de strophulus intertinctus, confertus et volaticus, le pityriasis, le psoriasis.

Le framhœsia règne quelquefois épidémiquement parmi les Indiens. Les éphélides affectent les natifs et les blancs. Le vitiligo n’est pas rare.

Les furoncles sont d’une indicible multiplicité et ténacité.

Maladies des voies respiratoires. — Les affections catarrhales de la pituitaire, du pharynx et des bronches, s’observent très fréquemment, et pendant toutes les saisons, particulièrement durant la mousson de N.-E. Ainsi on rencontre h Pondichéry le coryza, l’amygdalite, l’angine, la laryngite, la bronchite et quelquefois la bronchite capillaire chez les enfants.

La pneumonie est très rare, et ne s’observe que chez les Indiens.

La pleurésie est commune, et sa- fréquence se lie étroitement (?) à celle de la phthisie pulmonaire, qui constitue, pour les blancs comme pour les mixtes et les Indiens, une affection terrible.

La sécheresse des vents de terre, ditM. Huillet, qui irrite la muqueuse bronchique, la dilatation extrême de l’air qui n’offre à chaque mouvement respiratoire qu’une faible proportion d’oxygène, les déperditions sudorales qui augmentent l’épuisement, la tendance au dévoiement résultent de l’influence combinée du climat, des digestions laborieuses, tout conspire contre le malheureux phthisique. La saison fraiche est pour lui plus funeste encore que la mousson de S. O. Les variations de la température des vents de N. E. donnent à la maladie une marche galopante. C’est donc a tort que les médecins de la Réunion conseillent le séjour de l’Inde à leurs jeunes poitrinaires.

L’asthme se montre quelquefois, la coqueluche atteint fréquemment les enfants, dans la mousson de N. E.; elle est sans gravité.

Maladies des voies circulatoires et du sa?ig. — Les affections organiques du cœur sont rares, mais marchent assez rapidement. Les palpitations nerveuses, l’angine de poitrine sont fréquentes. L’anémie et la chlorose dominent la pathologie de ce pays, comme celle des autres régions tropicales. Le scorbut ne se voit que parmi les marins. ï

Maladies des vaisseaux lymphatiques. — La lymphite s’observe tous les jours sur les Indiens. Les œdèmes, parties des membres, avec engorgement des ganglions lymphatiques, ont reçu de M. Collas le nom de lymphangite tropicale. La scrofule se traduit par l’engorgement des ganglions cervicaux, leur suppuration, leur ulcération et le développement chez •es enfants des ganglions mésentériques, désigné sous le nom de carreau.

Voies digestives. — Les stomatites érythémateuses, aphlheuses, le muguet, s’observent souvent avec complication d’oreillons.

Les orchites métastatiques sont rares. — Les embarras gastriques, les

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