‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 160 sur 215 · CLIMAT DF. SÉNÉGAL · texte numérisé non relu

CLIMAT DF. SÉNÉGAL

Les cas de lèpre sont fréquents, mais il est vrai de dire avec Cazenave, que la lèpre vulgaire, affection squameuse, est très rare dans les contrées tropicales, relativement à la lèpre tuberculeuse.

toutefois la lèpre tuberculeuse est moins fréquente au Sénégal qu’aux Antilles, à Cayenne, à la Réunion.

Cas d’éléphantiasis surtout du scrotum ; de pian et d’ulcère de Mozambique, qui est le même que celui de Cayenne, de Cochinchine, et qu’on appelle au Sénégal ulcère du Kenieba.

La gale est très commune parmi les noirs, elle demande chez eux un traitement plus énergique et toujours plus long que chez l’Européen. Avis à ceux qui, par une exagération économique, en sont arrivés cà traiter la gale en 24 heures. Traiter soit, mais guérir. — Non. C’est dans les infirmeries régimentaires où l’on revoit les malades, que le médecin acquiert a cet effet une conviction qu’il voudrait faire partager, dans un intérêt d hygiène public et privé, à l’encontre de la parcimonie administrative qui arrive à forcer la main à la science, trahie aussi par l’illusion, sinon par le charlatanisme.

Il en est de cela comme de vouloir traiter la syphilis par les moyens simples et sans mercure. On laisse cicatriser un chancre même induré, par

les moyens anodins : on enferme dans la bergerie le loup qui mangera

le berger.

Il est vrai qu’on ne craint plus de rencontrer ou de reconnaître les clients, disons les victimes, les lupus d’ordinaire leur ont rongé la face.

Il en est de cela comme de vouloir traiter les fièvres d’accès, et surtout les fièvres graves, par tout autre moyen que par le sulfate de quinine, voire même par l’arsenic, dussent les malades qui échappent aux accès pernicieux, être empoisonnés par la mort aux — rats.

En un mot, puisque nous avons l’occasion d’exprimer notre façon de i penser, sur ces trois grandes questions thérapeutiques, nous dirons :

1° C’est se tromper soi-mème, en trompant son client, que de prétendre traiter la gale en 24 heures, on la traite mais on ne la guérit pas.

2n et 3’ Prétendre traiter les maladies vénériennes sans préparations hydrargiriques et iodurées, est un crime de lèse-humanité presque au même chef que de se priver de l’emploi du sulfate de quinine, pour lui •substituer l’arsenic. ,

Ces réflexions ont trait aux exagérations qui se sont produites à l’endroit des trois points ci-dessus.

Malgré les recherches de M. Davaine et les observations de Ch. Robin sur les embryons du filaire de Médine, il reste encore beaucoup d’obscurité sur le mode d’introduction du dragonneau , dans les téguments de l’homme.

Iles sœurs de V hôpital de St. Louis, dit M. Chassagnol, ont présenté des vers de Guinée, quelques jours après la rentrée des troupes revenant d’une expédition du Cayor.

Par suite d’une sorte de relâchement anatomique ombilical, l’exomphale est excessivement fréquent chez les noirs.

maladies climatériques.

Le pigment noir est d’autant plus foncé chez les nègres, que les capsules surrénales sont plus prononcées, d’après l’opinion de Cassan, de Meckel, d’Addisson.

M. Chassagnol signale la présence du pigment sur la langue des nègres, chez les Yolofs surtout, chez lesquels le pigment se rencontre parfois, jusque sur la muqueuse gastro-intestinale.

Les plaies simples faites par instrument tranchant se cicatrisent promptement. Mais les nègres offrent souvent des ulcères atoniques très vastes, de nombreux abcès. Ils succombent parfois à une véritable cachexie purulente. Les adénites syphilitiques sont très fréquentes.

Les luxations de la mâchoire, par contraction musculaire exagérée, sont rares. Les loupes et les lipomes sont plus rares que chez les blancs. Il en est de même du strabisme congénital, du bec de lièvre.

Pour preuve de la rareté du rachitisme nous dirons, ajoute M. Chassagnol, qu’on ne rencontre jamais de nains parmi les nègres et fort peu de bossus.

Climat de l’Égypte.

L’Égypte est située entre le 51e et le 24e degrés de latitude nord, et se trouve comprise entre le 32° et le 27e degrés de longitude est. C’est un pays chaud mais non tropical.

D’après M. Schepp, la moyenne annuelle de la température en quatre ans d’observations, est de 21°.

Pour le mois le plus chaud, le mois d’août, la moyenne est de 24°. Elle est de 11° pour le mois de janvier, qui est le plus froid.

L’écueil du climat de l’Égypte, est dans la mobilité de ses extrêmes variations de température en toute saison, mais surtout à la fin de l’hiver et au printemps, époque où le vent du sud, Sirocco ou Kamsin, fait parfois monter le thermomètre de 20n en 24 heures.

Bien que la sérénité soit lé cachet bien connu du ciel de l’Égypte, c’est une grande erreur de croire qu’il n’y pleut pas, car il y a en moyenne 55 jours pluvieux par an, il y a même parfois plus de 00 jours de pluie, à degrés variables de continuité et d’intensité.

Dans son voyage en Égypte et en Syrie, pendant les années 1783, 1 784. 1785, Yolney consigna, parmi ses observations, un certain nombre de réflexions, ayant trait à la pathologie de l’Égypte. En première ligne, il parle des ophthalmies qui régnent endémiquement dans la vallée du Nil. En effet, rien n’est commun comme les maux d’yeux chez les Égyptiens depuis la simple blépharite jusqu’aux cécités par opacités et même destruction des globes oculaires, et cela depuis les temps les plus reculés : plusieurs Pharaons furent aveugles. Parmi les causes de l’ophthahnie

CLIMAT DE L EGYPTE

(1 Egypte on a trop exagéré 1 i nfl ueiiee et du soleil et du sable; d’autre part on a trop négligé l'influence de l'humidité nocturne principalement. Ce ne sont pas tant les Arabes chameliers, qui parcourent les déserts, qui sont atteints d op h l liai mie , mais bien plus les habitants de l’humide vallée du Ail, aAant, pendant et après ses inondations. Et parmi ceux-ci ce ne sont pas tant les fellahs, attachés à la glèbe et exposés à tous les inconvénients de leur situation précaire, qui paient le plus fort tribut aux ophthalmies , ce sont les citadins et parmi eux les plus sédentaires, habitant en permanence dans des lieux bas, sombres, humides, privés d’air.

Dans les villes orientales, comme le Caire, Alexandrie, Smyrne, Constantinople, Alger, qui a-t-il de plus sédentaire que les gens delà population juive? Ils ne travaillent pas la terre eux, d’ordinaire ils passent leur vie à l’ombre, dans des réduits obscurs et humides, accroupis dans leurs échopes de marchands, brodeurs, tailleurs, brocanteurs, et chez eux la fréquence de l’ophthalmie est excessivement considérable, surtout sous forme de kératite, c'est-à-dire avec ramollissement et ulcération de la cornée.

iNous ne décrirons pas 1 ophthalmie d’Egypte et toutes ses variétés; mentionnons seulement l’ophthalmie purulente, à laquelle certains ophtalmologistes belges font remonter l'ophthalmie granuleuse de leur pays, en invoquant notre ancienne armée d’Égvple pour intermédiaire.

Cela n’est pas sans quelque analogie avec les histoires, ayant cours sur la syphilis.

La syphilis! L’Égypte a été le berceau de bien des fléaux, à partir des sept, plaies ; on pourrait compter a bon droit la maladie vénérienne ou ma/ béni, comme faisant la huitième dans ce pays qui, peut-on dire, a servi de tout temps de couche à la promiscuité de tant de peuples divers et qui, pour ce fait de perpétuels mélanges et par l’action du climat, ne s’est jamais soumis à des lois bien sévères quant aux mœurs.

La petite vérole y fait aussi de terribles ravages, et beaucoup de cécités en sont la conséquence, surtout à l’époque où l’on ne connaissait comme palliatif que l’inoculation, pratiquée par un fil imprégné de virus et passé dans les chairs, ou bien encore en faisant respirer ou avaler du pulverin de boutons desséchés. Depuis l’introduction de la vaccine, par l’école médicale européenne, disons française, il y a amélioration, relative du fléau variolique.

La rjale bédouine. Ce lichen papulo-érythémateux et quelquefois pustu ■ •eux, dont nous avons déjà parlé à propos de la Cochinchine, est toujours occasionné par la chaleur, la macération de la peau par la sueur, s'aggravant par les piqûres des moustiques.

La dyssenterie, par sa fréquence et sa gravité, occupe une des plus larges olaces dans la pathologie égyptienne, occasionnant par elle-même une forte mortalité, elle l’augmente encore par une complication presque fatale, les maladies du foie.

/JO0 MALADIES CLIMATÉRIQUES

Toutes les affections réunies, dont nous venons de parler, sont numériquement inférieures au chiffre des fièvres de tout type et de toute forme nui sévissent en Egypte. Généralement intermittentes en automne et au printemps, elles deviennent rémittentes, gastriques, bilieuses et céphaliques avec les chaleurs. Volney nous en a laissé, pourrait-on dire, une formule aphoristique de traitement sanctionné par la pratique de nos jours, surtout en Algérie. « Les fièvres, dit-il, deviennent malignes en été, et l’on obtient de bons effets du kin a. Et il ajoute : dans ce pays, comme en Syrie, la saignée est toujours plus nuisible qu’avantageuse , meme lorsqu elle parait

le mieux indiquée. » . ,

Plus loin, Volney dit encore avec une supérieure raison : « les lieues

malignes deviennent quelquefois endémiques, et alors on les prendrait

volontiers pour la peste. » Ce fait est bien confirmé aujourd’hui parles

recherches et les observations de Clot-Bey.

Alexandrie. - La ville d’ Alexandrie, située par 51° de latitude nord dans la presqu'île de Pharos. La température y est chaude.

Moyennes mensuelles de 18(17.

Janvier Février Juin .

Juillet . .

Septembre .

Novembre,

Décembre .

Les vents régnants sont d’ouest et de nord-ouest. Le vent du sud est le

Kamsin ou Sirocco. # x , , . , «

Alexandrie jouit pendant 7 à 8 mois d’une sérénité constante du ciel.

pleut en décembre et en janvier.

Les maladies. sont celles des pays chauds.

Les hypérémies du foie, les congestions, les abcès de cet organe son assez fréquents, chez les personnes depuis longtemps en résidence .u cette localité. Les Européens y sont plus exposés que les indigènes embarras gastriques, les fièvres intermittentes et pernicieuses ont ai^ leur règne. La dyssenterie est assez commune, sans avoir la giau 1 contrées tropicales.

Les pleurésies, les bronchites, les pneumonies, les catarrhes pi naires sont les affections de l’hiver. Les maladies cutanées eiy te > eczémas, le lichen, le prurigo, la gale, l'herpès, le favus «ont «pu parmi les indigènes. Il faut y ajouter l'elephanliasis des jambes,

çprotum , des grandes levies» v,. ni

L’affection rubéolique, appelée Stamoun-el-Nil , les boulons du M .

fréquents surtout chez les enfants. variole. La

La vaccine commence à faire diminuer les ravages de la vanol

CLIMAT DR l'rGYPTR .

syphilis est communément: répandue. Les conjonctivites avec entropions, les kératites, la cataracte, l’ophtlialmie granulée, les désorganisations du globe oculaire, sont fréquents parmi les Égyptiens. Les diathèses rhumatismales et scrofuleuses sont inhérentes à celle population. Mais celle qui exerce sa plus triste influence, et qui attire depuis quelques temps l'attention des médecins d'Alexandrie, c'est la tuberculose. La phthisie confirmée a une marche galopante. Les ravages de la phthisie parmi les étrangers sont effrayants. Les prétendues cures de la phthisie ne peuvent s’expliquer

que par des erreurs de diagnostic. Les maladies du cœur sont fréquentes et graves à Alexandrie.

La fièvre typhoïde, avec les mêmes symptômes qu’elle offre en Europe a aussi sa place dans le cadre nosologique. Le choléra vient de temps en temps faire son apparition en Egypte,

Enfin lorsque les fièvres rémittentes bilieuses prennent, par intervalles la gravité de celles du Caire, avec complication de bubons et de charbons et le caractère épidémique, c’est la peste, dont nous avons parlé dans nos rapprochements des grandes pyrexies.

Dengue 0) à Port-Saïd et à Aden. — Connue à Port-Saïd sous le nom de fievre des dattes, probablement parce que sa manifestation coïncide avec la récolte des dattes, c’est-à-dire vers l’automne, cette maladie règne chaque année épidémiquement sur un tiers environ de la population, sans faire des victimes. Cette affection est diversement qualifiée de fièvre gastrique, d’embarras gastrique fébrile, de fièvre entéro-rhumalismale. Le plus souvent, en effet, on trouve réunis les symptômes d’une violente courbature et ceux d un embarras gastrique fébrile, se compliquant d’un exanthème ordinaire (érythème, roséole, rougeoie, scarlatine), d’où le nom justifié de fièvre rouge. La durée est d’une à six semaines. La camomille et le quinquina suffisent pour le faire rapidement disparaître. C’est la congénère de la dengue du Sénégal.

Obock. — Port situé à l’entrée de la Mer rouge, par 11" de latitude nord. Protégé par de grands récifs madréporiques contre les vents de sud-ouest et de sud, celte baie est divisée par un plateau de "corail en plusieurs mouillages:

La température, observée en novembre et décembre 1804, a oscillé le .jour entre 23" et 28" centigrades. La pathologie se rapproche de celle d’Aden , où l’influence d’une température extrême imprime, quelquefois, un cachet spécial aux endémies des climats chauds.

(I) l)\iprî*s M. Va il v ray.

MALADIES CLIMATERIQUES.

Climats de Constantinople et de Vienne.

Constantinople (D. — Les vents qui prédominent à Constantinople, soufflent principalement du nord, venant de la Mer noire par le détroit du Bosphore. Le vent de sud prenant rarement le dessus, fait monter quelquefois le thermomètre de 10 degrés en quelques heures.

Le malaise occasionné alors, surtout sur les tempéraments nervososanguins est excessif. Le vent du nord Porax prédominant, rend l’hiver plus rigoureux et l’été plus frais que ne le comporte la latitude de Constantinople.

Dans les mois de décembre, janvier et février, il y a de grandes \ariations de température. Mars, avrifet mai sont des mois de transition. Le printemps est interrompu par des orages fréquents. L été est sec et chaud,

mais tempéré par les vents du nord.

En juillet et août, la diarrhée, la dyssenterie et les maladies du foie qui les accompagnent sont fréquentes. Les fièvres éruptives, rougeole et scarlatine, régnent également.

Le sol africain, dit le Dr Vérollot, est le foyer des chaleurs, la Méditerranée fournit la vapeur, le vent du nord fait 1 office de condensateur et le Bosphore de récipient.

Le choléra n’est pas violent d’ordinaire à Constantinople.

La stomatite ulcéreuse est fréquente, il en est de même de la bronchite.

La pneumonie est la maladie dominante en hiver.

La phthisie pulmonaire n’est pas rare.

Le rhumatisme est fréquent et se complique d affections du cœur.

La petite vérole est d’une gravité excessive.

Il y a des fièvres intermittentes et rémittentes au printemps, en été et en automne.

Constitution médicale de Constantinople pendant l'été de 1807 l'2). — Les affections aiguës de la poitrine, les pleurésies surtout, ont continué leur cours. Il y a un certain nombre de dyssenteries, de diarrhées catarrhales, parfois même cholériformes.

La rougeole, épidémique au printemps, s’est éteinte en été; au contraire l’épidémie de variole a pris de la recrudescence.

Les fièvres typhoïdes ont apparu à la fin de l’été.

Fièvres intermittentes fréquentes, souvent à caractère pernicieux algide.

Légère épidémie de coqueluche.

La moyenne de température en juin, juillet, août fut de 21°, pour passer à 18° en septembre, 15° en octobre, 1" en novembre.

La variole surtout, la scarlatine et la rougeole ont régné épidémique-

ment.

fl Voir Histoire médico-chirurgicale de la guerre de Crimée, (-2) D'après M. Marroin.

fl.

CLIMAT DE l'.UUS.

La maladie véritablement dominante de la saison a été la lièvre typhoïde. En même temps le typhus à régné avec intensité à la prison centrale. Les lièvres intermittentes ont été assez communes.

Les rhumatismes et les névralgies rhumatismales ont été fréquents. Quelques cas d’abcès du foie.

La grippe, la gastricité bilieuse, les llux diarrhéiques, les pleurésies> les bronchites ont prédominé pendant l’hiver, souvent compliquées d’affections rhumatismales.

Vienne. — Hôpital général de

Vienne , 1 854. — Maladies sur 20,994 entrées.

Syphilis

Phthisie

Dysssenterie, diarrhées .

Gale .

Blessures, maladies cliir.

Pneumonies, pleurésies .

Bronchites

Typhus

Maladies du système nerv.

Choléra

Variole, rougeole, scarlat.

Maladies des yeux.

Fièvres intermittentes. Maladies des femmes (mens-

trualion parturition) .

Maladies de la peau . .

Vieillesse, débilité . . .

Scrofules

Maladies du cœur .

» du tube digestif.

Scorbut

Accidents

Climat de Paris (I).

Paris a été de tous temps l’objet de nombreuses investigations.

Un côté pourtant est resté inexploré. On a ignoré jusqu’aujourd’hui les conditions de vie de celle population entassée; on ne sait combien l’homme y dure, ni comment il finit ; nous allons, dit M. Ely, donner seulement des résultats, — calcul curieux et intéressant, pour lequel les matériaux avaient souvent manqué. A présent, à l’aide de la Statistique municipale , le la Statistique générale de France , de Y Annuaire du bureau des Longi- ’udes et de quelques autres documents sûrs, on a pu, en réunissant les ’aitseten les fondant, pour ainsi dire, en extraire la réalité. Tel a été le

nit de ce travail.

Pour le compléter, il faudra rechercher les causes, se reporter aux sourds du mal, constater la sollicitude de la science, voire même celle de l’auorité, enquête ressortissant de l’hygiène et embrassant par conséquent outes les circonstances extérieures. Ceci, beaucoup l’ont déjà fait; aussi •référons-nous commencer par la lin, par le résultat, par le chiffre, espéantplus de chances d'intéresser le lecteur,

(U b iques le I)1 Ely .

MALADIES CUMATi:iU(,H ES.

Nous avons à noire disposition les documents d’une période quinquennale complète, de 1850 à 1 80t) inclusivement, période presque normale, base suffisante, et comprenant la durée ordinaire des enquêtes statistiques.

1. — La première partie de cette étude est consacrée à la situation démographique. La mortalité en est sans doute la partie capitale au point de vue du médecin, mais la natalité a aussi son importance, de même que la répartition de la population par sexe, par âge et par état civil. Toutes ces circonstances, en effet, sont indispensables à connaître pour le calcul de3 causes de décès, ainsi qu’on s’en apercevra plus tard, et leur utilité est parfaitement démontrée parce fait, que généralement les calculs n’ont été opérés qu’au fur et à mesure des besoins.

Le recensement de 1800 donne, comme chiffre exact de la population parisienne, un total de 1,799,980 habitants, la garnison non comprise. Mais personne n’ignore qu’un accroissement incessant a lieu dans cette population, et les statisticiens savent que la moyenne normale de cet accroissement peut facilement être établie. Si l’on se reporte à la période quinquennale qui a précédé le dernier recensement, on trouve que la population parisienne était, en 1861, de 1 ,007,84 1 personnes, et que par conséquent l’accroissement annuel moyen jusqu’en 1806 a été de 26,428. En appliquant celte moyenne de la période 1865-1869, que nous étudions, nous trouvons les chiffres suivants :

La moyenne des cinq années est par conséquent de 1,820,408, et cette moyenne doit être d’autant plus facilement acceptée que les chiffres de 1870 et 1871 seront complètement anormaux, en raison des circonstances de guerre.

Voyons à présent quelles sont les parties constitutives de cette population, et décomposons les totaux pour les nécessités de notre tâche. Les chiffres à noter sont établis, comme ceux ci-dessus, par un calcul de proportion, prenant pour base les situations normales antérieures.

Ainsi les proportions par sexe sont : 50,2 p. 100 du sexe masculin. 49,8 p. 100 du sexe féminin.

Celles par âge nous donnent : population au-dessous de cinq ans, 6, p. 100 de la population totale, base du calcul pour certaines maladies de l’enfance,

Population féminine de quinze à quarante-cinq ans, 57,5 p. 100 de la population féminine totale, base du calcul pour la natalité et pour les maladies, puerpérales.

Parmi cette catégorie, l’état civil est aussi à constater, et nous trouvons que dans cet âge de fécondité 53,2 p. 100 des femmes sont mariées, tandis que 46,8 ne le sont pas.

CLIMAT DE PARIS

Enfin, comme base de calcul pour les maladies de la vieillesse, nous avons établi que 7,57 p. 100 de la population totale avaient dépassé la soixantaine, et que parmi ces vieillards il y avait une différence en faveur delà femme, la proportion devenant 8,54 pour elle, alors qu’elle descend à 0,80 pour l’homme.

De tous ces calculs qui, encore une fois, ont pris pour base les chiffres constatés antérieurement par la statistique générale de France, découle le tableau suivant, que l’on peut assurément donner comme l’expression de la situation démographique, aucune grande circonstance n’étant venue porter atteinte, pendant la période, à l’évolution normale, ni au développement de la population .

La répartition de la population par âge sera faite plus loin, à l’article Mortalité , afin, lorsqu’il s’agira d’établir ces proportions intéressantes, de rechercher la fréquence des principales causes de décès pour chaque période de la vie.

Tableau A. —• Population parisienne pendant la période quinquennale

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