CLIMAT DE SÉNÉGAL
enfants au Sénégal; pendant la saison fraîche celte maladie (névrose), enlève plus des deux tiers des nouveaux nés. Le tétanos essentiel et le tétanos traumatique des adultes, se rencontre plus souvent dans la race nègre, et presque aussi fréquemment chez les femmes que chez les hommes.
L’épilepsie règne comme en Europe, et les cas d’hystérie sont nombreux. L’hydrophobie n’existe pas dans la partie sud du continent africain.
ffypnosie ou maladie du sommeil des nègres. — Elle paraît particulière à la cote occidentale d’Afrique, entre les lfi^et 10p degrés de latitude sud et nord. Le sommeil devenu chaque jour plus prolongé et plus profond, finit par être continuel. Les endormis, qu’aucune stimulation ne peut réveiller, meurent dans le coma, c’est une terminaison inévitable. On ne compte encore aucun cas de guérison. L’autopsie révèle un état congestif du cerveau et de ses enveloppes. La cause de cette maladie est, dit-on, inconnue? Il n’est pourtant pas difficile de diagnostiquer une fièvre pernicieuse comateuse, qu’on guérira en employant du sulfate de quinine à haute dose intus et extra.
Maladies de V encéphale. — Dans les pays tropicaux l’hémorrhagie cérébrale est relativement rare. L’apoplexie séreuse est plus fréquente chez les noirs.
Depuis quelques années on a décrit, comme entité pathologique nouvelle et spéciale au sud de l’Afrique, la maladie du sommeil. Au Sénégal et à Gorée les cas ne sont pas rares. Un mulâtre en est mort en 1859. A l’autopsie on constate une sorte d’œdème du cerveau. M. Dangaix a donné une description de la maladie des dormeurs sous le nom d’hypnosie.
Maladies des voies respiratoires. — • Au Sénégal, le catarrhe pulmonaire est fréquent chez les noirs; « cependant d’après Thevenot et d’après nos observations, dit M. Chassagnol, je persiste à croire que la phthisie pulmonaire y fait moins de victimes qu’en Europe ; elle en ferait encore moins parmi les peuplades nomades du Sahara. »
Les Européens tuberculeux qui vont habiter les colonies tropicales et spécialement le Sénégal, pourvu toutefois que le travail morbide ne soit pas trop avancé chez eux, ont un temps d’arrêt de la phthisie d’abord, et arrivent souvent à la guérison confirmée,
La pneumonie est moins fréquente que dans les pays tempérés, mais elle est souvent mortelle chez les nègres.
La pleurésie, rare dans l’intérieur du continent, est très fréquente sur le littoral.
Le véritable croup est fort rare chez les négrillons; on l’a souvent confondu avec la laryngite striduleuse.
La coqueluche sévit souvent à l’état épidémique.
Maladies des voies circulatoires. — En raison de la fréquence plus grande du rhumatisme sur le littoral que dans l’intérieur, on y remarque aussi plus de cas d’hydro-péricardite et d’affections du cœur. La péricar-
MALADIES CLIMATERIQUES.
dite, l’endocardite compliquent le rhumatisme chez les noirs au Sénégal, aussi facilement que sur les blancs en Europe.
Les varices sont excessivement rares chez les nègres.
Maladies des voies digestives. — L’angine gangréneuse et la gangrène de la bouche s’observent assez communément chez les enfants.
La diarrhée sous forme de lienterie est souvent mortelle chez les Africains. Bien que très sujets à la dyssenterie, ils paraissent y résister plus longtemps que les Européens. L’hépatite s’observe chez les indigènes sur le littoral et à l’intérieur, et se termine parfois par la suppuration.
Les nègres sont sujets aux lombrics, aux angines, au tœriia. Le carreau n’est pas rare chez les enfants.
Mais les nègres, même ceux qui sont employés comme marins à bord des navires de l’État, ne sont jamais atteints de la colique sèche.
Au Sénégal, chez les noirs, l’ascite est commune surtout comme conséquence des affections du foie.
Maladies des voies urinaires. — La néphrite est rare, la néphrite ealculeuse ne se remarque pas chez le nègre au Sénégal.
Les négresses sont relativement moins exposées que les femmes blanches à la mélrite,aux déviations, au prolapsus de l’utérus, aux productions anormales, au cancer etc. L’hydropisie des ovaires est fort rare. Les négresses peuvent offrir tous les cas de dystocie, bien que l’accouchement soif facile d’ordinaire.
Les accidents consécutifs de la syphilis sont fréquents. L’orchite syphilitique se rencontre souvent, de môme que l'hypertrophie simple des testicules, l’hydrocèle, le varicocèle.
Maladies des organes des sens. — L’ophthalmie chronique surtout, est très fréquente chez les noirs, et donne souvent lieu à la cécité au Sénégal. L’ophthalmie blennorrhagique est rare chez les nègres, bien qu'ils soient fréquemment atteints de blennorrhagie. L’ophthalmie des nouveauxnés, l’ophthalmie catarrhale sont au contraire plus fréquents que partout ailleurs. Le tempérament lymphatique des négrillons les dispose à l’infiltration séreuse persistante des paupières.
L’enlropion qui est plus fréquent à la paupière supérieure, est chez les nègres une des causes les plus ordinaires de l’ulcération de la cornée, de la kératite chronique et des taies. La tumeur et la fistule lacrymale sont rares. La cataracte est fréquente. Les cas d’encanthis et de ptérygion sont fréquents.
Maladies de la peau. — L’érysipèle de la face se montre aussi souvent chez le nègre que chez l’Européen; l’herpès phlycténoïde, labialis, l’eczéma chronique sont vulgaires. La teigne amiantacée entraîne fréquemment l’alopécie.
L’impétigo, l’ecthyma, l’acné sont relativement plus rares. Il en est de même de la mentagre, la barbe étant rare chez les nègres.
Le psoriasis, le pi thyriasis et particulièrement l’icthyose sont des affections communes parmi les nègres du littoral surtout. Le lupus est rare.