Juin
Totaux et moyennes.
Il y a ainsi 128 décès par jour, en moyenne, parmi les populations de Paris, ce qui donne un excédant de 22 en faveur de la natalité. Le mois
d’octobre a été le plus fortement chargé de mortalité, 144 décès par jour; le mois de juin a été le plus favorisé, 110 seulement. C’est en octobre ( 1 8G5) , il est vrai, que le choléra a sévi avec le plus de violence, et celte circonstance enlève au fait constaté tout caractère de certitude. En re-
vanche, mars, qui vient ensuite sur la liste, doit être considéré comme le mois le plus éprouvé dans les circonstances normales.
Le mois de juin, le plus faible en mortalité, est aussi un des plus propices à la conception, ainsi que nous l’avons établi plus haut. Il ne peut y avoir, entre ces deux faits, qu’une corrélation acceptable, celle des condi-
tions hygiéniques meilleures. Il convient encore de remarquer cette singulière coïncidence qui fait que le mois d’octobre, le premier en mortalité, est, en même temps, le dernier en natalité. Le chiffre des décès journaliers se trouve même être absolument identique au chiffre des naissances, 144, mais ce n’est là qu’un effet de hasard, puisque la natalité d’octobre correspond à la fécondation en janvier, et que janvier a une mortalité moyenne : 155.
La mortalité journalière, telle qu’elle a été établie par le précédent tableau, donne les proportions suivantes : 6,99 décès par jour pour 100,000 habitants; 2,74 pour 1 ,000 décès. En octobre, ces chiffres deviennent 7,87 et 5,08 ; en juin : G, 04 et 2,55.
Au point de vue de la constitution médicale, on pourra donc conclure que les trimestres favorables de séjour à Paris, sont ceux d’été et d'automne, abstraction faite des circonstances épidémiques qui, cependant «ont généralement plus à craindre à cette époque. En d’autres termes, la
MAL A Dl FS CLI M A TÉ R I QU K S .
santé publique est normalement meilleure de mai à septembre inclus. Les mois de printemps, mars et avril, sont habituellement dans les conditions les moins favorables. Il est certain, du reste, que dans un centre populeux, renfermant un grand nombre d’indigents et de misérables, l’hiver et ses incommodités doivent imposer des privations pénibles, dont l’effet est habituellement prochain.
La mortalité générale en France, constatée en 1866 pour la période quinquennale 1861-1865, est de 2,28 par 100 habitants; elle monte à 2,55 pour le département de la Seine, chiffre égal à celui de l’intérieur de Paris. Cependant, cette mortalité est, pour la population urbaine en général de 2,61, ce qui semble indiquer des conditions moyennes meilleures pour la capitale.
On compte 85,75 décès, en France, pour 100 naissances; dans le dépaitement de la Seine, ce chiffre est de 84,72, et 85,40 pour Paris seul. La population urbaine, en général, compte 92,75 décés, chiffre qui laisse Paris dans une position plus favorable que la moyenne, avec une différence de 7,55.
Il résulte de ces faits une situation que l’on peut considérer comme inattendue; les chances de vitalité, dans ce milieu que l’on dépeint généralement comme corrompu à tous les points de vue, sont cependant meilleures que celles des autres villes de France.
La comparaison de la population avec la superficie occupée donne 25t habitants par hectare, chiffre de la Statistique générale, plus fort de 5 que le chiffre du bureau des longitudes- (1866); c’est-à-dire qu’il y a à Paris 25,400 habitants par kilomètre carré, alors que la moyenne en France est de 70, campagnes et villes. C’est là, certes, un encombrement, et cependant, cet encombrement ne produit pas les résultats désastreux qui lui sont habituellement attribués. Il y a même des arrondissements où cette proportion 251, donnée par Y Annuaire, monte à des chiffres considérables : à l’ilôtei-de-Ville, il y a 650 habitants; 799 au Temple; 820 à la Bourse. Et en recherchant cette constatation de l’influence des lieux, nous sommes amené à l’étude de la mortalité par arrondissements (vov. le tableau, p. 659).
Voici les chiffres pour la période 1865-1869; nous avons employé ici, et pour les mêmes raisons, le système de supputation qui nous a semblé bon pour la natalité, qui est positif en tous cas, et exempt d’incertitudes.
On voit par ces chiffres que la population la plus nombreuse, celle du onzième arrondissement, présente aussi la mortalité la plus forte; après cet arrondissement vient le dix-huitième, qui est le second dans les deux cas; le dixième a le n° 5, tant pour la population que pour la mortalité: le cinquième n’offre qu’une légère différence; le quatrième non plus; le septième est dans le même cas, et le seizième a le minimum des deux parts.
CLIMAT DF. PARIS