‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 175 sur 215 · CLIMAT DES ILES BERVIUDES · texte numérisé non relu

CLIMAT DES ILES BERVIUDES

surtout clans ce mois que régnent les bronchites avec embarras gastriques, désignées sous le nom de grippes, et qui offrent souvent, la forme rémittente. L est aussi un des mois où se voient le plus de fièvres graves, mais la fièv re jaune n est ni plus fréquente ni plus grave. Thermomètre minimum 29% maximum 55°, rarement 55". Vents variables de l’est et du sud.

Septembre. Mois d’hivernage, un peu moins pluvieux qu’août, mais la chaleur est plus désagréable, parce que les grandes pluies de cette saison produisent toujours un abaissement de température de 2 ou 5 degrés. Les orages sont aussi durant ce mois plus fréquents; thermomètre 28 à 55°. Les \ents varient de lest au sud. Les lièvres graves sur les créoles sont fréquentes. C’est un des mois dont la mortalité est le plus chargée.

Octobre. Moins pluvieux que les trois mois précédents; vers le 20 la fraîcheur plus grande des matinées et des soirées est sensible, mais il y a encore des jours d’une chaleur bien pénible. Ce sont à peu près les mêmes i maladies que durant toute l’année. La forme rémittente est peut-être plus distincte, mais les fièvres ne sont pas plus graves.

C’est en octobre que commença l’épidémie de fièvre jaune de 1858. Cependant, d’après quelques relevés de la mortalité, c’est un des mois où elle est à son minimum. Le thermomètre varie de 27e à 25". Les vents soufflent de l’est et du sud.

Novembre. L hivernage est fini. Les belles journées sont plus fréquentes.

La température est plus fraîche matin et soir, mais il y a encore des jours bien chauds. Ioutes les maladies du cadre nosologique colonial sont observées pendant ce mois, sans plus ni moins de gravité. Les fièvres à forme lémittente ou intermittente sont fréquentes, et compliquent souvent les autres affections. Thermomètre 27 à 50". Les vents ou brises sont plus à l’est N.-E.

Décembre peut être considéré comme un mois encore assez pluvieux, mais frais. II y a de très belles journées. Toutes les maladies : rhumes, dysenteries, fièvres, offrent en ce mois plus de gravité. Le type rémittent est fréquent. La fièvre jaune, lorsqu’elle règne, malgré la fraîcheur plus grande, ne perd pas sa force. Thermomètre de 20 à 50". Vent du nord et brises assez régulières, parfois violentes et, par rafales, surtout la nuit. C’est un des mois de grande mortalité.

En résumé, il n’y a aux Antilles que deux saisons, celle des pluies et celle de la sécheresse, qui peuvent être subdivisées en fraiche-humide l’octobre à janvier, fraîche-sèche de janvier à avril, sèche-chaude d’avril 1 juin, et chaude-humide de juin à octobre.

En considérant les maladies suivant les années, on trouve, dit M. de Uvison, indépendamment des rhumes cl des diarrhées, qui forment le fond de la pathologie coloniale :

En 1850 : épidémie de scarlatine, de variole.

1857 : Variole continue 10 mois, coqueluche 0.

1858: Fièvre jaune commune en octobre. Fièvres graves rémittentes, particulièrement sur les créoles.

MALADIES CLIMATÉRIQUES

-18ÔÎ) : Fièvre jaune à forma rémittente.

-1840 : Fièvre jaune, fièvre rémittente.

1841 : Fièvre jaune. Fièvre à forme typhoïde d’avril en juin, surtout

chez les enfants, grippe, oreillons, rougeole.

1842 : Rougeole, fièvre jaune (nov. -déc.).

1845 : Fièvre jaune, fièvre rémittente, cholérine (5 enfants).

1844 : Quelques cas de lièvre jaune, diarrhées, dyssenterie.

1845 : Diarrhées et. dyssenteries graves, épidémiques, coqueluche.

184G : Diarrhées, dyssenterie, fièvres rémittentes, douleurs rhumatismales.

1847 : Diarrhées et dyssenterie.

1848 : Idem.

1849 : Variole, oreillons.

1850 : Oreillons, bronchites, fièvre catarrhale.

1851 : Rougeole, grippe, fièvre jaune en novembre.

1852 : Fièvre jaune, furoncles, grippe, coqueluche, fièvre jaune en

novembre.

1855 : Coqueluche en juillet, fièvre jaune, choléra.

1854 : Fièvre jaune, pourriture d’hôpital.

1855 : Idem, idem, choléra.

1850 : Cholérine, fièvre jaune.

De la nature et du traitement des fièvres de S' -Pierre (1). — Des praticiens et judicieux observateurs, reconnaissent comme identiques la fièvre jaune et les pyrexies de S'-Pierre, où les fièvres existent toute l’année à l’état endémique. Dans certaines années elles prennent le caractère épidémique, en augmentant de gravité. Quand la fièvre jaune, qui ne serait pas endémique à la Martinique, y fait son .apparition, les fièvres s observent plus fréquentes et plus graves chez les indigènes. M. S'-Vel se demande si en dehors du lien étiologique, il existe un lien plus étroit que l’analogie avec ces fièvres, leurs formes graves surtout, et la fièvre jaune.

Faut-il dire avec M. Lota : « Les fièvres qui frappent les enfants créoles, pendant les épidémies de fièvre jaune, sont des formes plus ou moins accentuées de celle-ci, et l’immunité dont jouissent les créoles adultes, à 1 égard de la fièvre jaune, quand dans leur enfance ils n’ont pas quitté le pays n’est pas un bénéfice de race ou de climat, c’est une préservation acquise par une atteinte antérieure de celte affection? »

Cependant, en temps d’épidémie, il n’est pas rare que des créoles soient atteints de fièvre jaune, et môme des nègres. Le fait s’est présenté en 1850, sur des matelots nègres de la Réunion.

La présence de l’albumine s'ajoute aux symptômes caractéristiques : vomissements noirs, vomissement de sang, injection de la face et des yeux, suivie de teinte cilrine de plus en plus foncée.

(I: D'après VI. S'-Vel.

CLIMAT DES ILES RERMUDES. 72o

Dans des localités dont la topographie et le sol semblent n’avoir rien de paludéen, dit 1 auteur, 1 intermittence existe avec ses formes variées. Saint- Pieu e et scs en\ irons n ont pas, dans leur sol volcanique, les éléments constituants du marécage, et pourtant la fièvre intermittente y est très fréquente, les îémittentes, pseudo-continues, les larvées, pernicieuses, comateuses, les fièvres graves avec coloration jaune, injection des yeux et vomissements noirs, se rencontrent dans la pratique journalière.

Se basant sur la symptomatologie, bien plus que sur l’étiologie, l’auteur du mémoire (G, dit que l’observation clinique devait naturellement conduire au traitement des fièvres de St-Pierre, par les préparations de quinquina, notamment par le sulfate de quinine.

Climat de la Guadeloupe (2).

La Guadeloupe est un des anneaux de cette chaîne des Antilles qui borne i l’0. le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes, formant ainsi la limite géographique qui les sépare de l’océan atlantique. Toutes les îles sont les ominets culminants émergés d’un soulèvement qui appartient au système les Andes.

Des deux îles formant la Guadeloupe, l’île Volcanique est la principale, par es 15e et 10e degrés de lat. N., l’autre est la Basse-Terre, ou Grande-Terre, ’outes les variétés de fièvres sont endémiques dans la Grande-Terre. La lyssenterie et les maladies du foie s’observent assez fréquemment.

L’eau pluviale sert de boisson.

La colonie à deux villes principales, la Basse-Terre et la Pointe à Pitre. Le choléra les a ravagées.

M. Brassac, pendant un séjour de cinq ans qu’il a fait à la Guadeloupe, signalé des affections n’appartenant pas aux régions tropicales, et qui y sont présentées avec des caractères dignes d’attention : l’angine iphthérique, la fièvre typhoïde, les maladies des voies respiratoires et alcoolisme chronique.

La présence de la fièvre typhoïde sous les Tropiques, est bien contrôlée, mais les observations des médecins de la marine et de l’arinée, e permettent plus de révoquer en doute son développement dans les ays chauds, moins fréquent toutefois que dans les pays tempérés.

II en est de même du typhus, et c’est à tort que Muhry a donné, comme it acquis, l’absence de ces deux maladies dans la zone tropicale et dans hémisphère sud, en fixant sur sa carte noso-géographique, pour limite id à ces deux affections, l’isotherme 22°S. Sans parler du typhus, dit • Leroy de Méricourt, si fréquent au Mexique, et qui peut se développer ms toutes les latitudes, lorsque I homme est soumis à un ensemble de

,1) Archives de médecine navale, t. XVI [-) D’après M. Pellann.

Page 1