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CLIMAT DU BRESIL ET DE LA PLATA

qui font partie des affections communes au Pérou, et comme maladie endémique spéciale la veruija. Elle se développe, en permanence, dans les hautes vallées et gorges exposées aux brusques changements de température; se produit surtout chez les blancs à peau délicate, une seule fois dans la vie, pour les uns, avec récidive, pour d’autres. La contagion n’est pas démontrée, etla cause en est inconnue. Les indigènes l’attribuent à l’eau de certaines sources qu’ils évitent avec horreur. 11 suffit aux gens bien portants jusque là, de passer quelques jours au bourg de Santa-Ulaya, pour contracter le mal qui s’annonce par les symptômes généraux d’une infection de l’organisme, d’après Tschudi : sentiment de défaillance, anorexie, céphalalgie, vertige, chaleur et sécheresse à la peau, constriction à la gorge, crampes aux bras et aux mollets, douleurs intermittentes, articulaires. Peu de jours après, apparition de petites pustules, grosses comme des lentilles mobiles, fort douloureuses. Au bout de peu de jours, elles croissent rapidement, atteignant la grosseur d’une framboise, d’une noisette, d’une œuf de poule. La peau qui recouvre ces tumeurs est très rouge, elle est entourée d’un cercle bleu foncé. Quelquefois les excroissances se détachent, le plus souvent, il se forme un point noirâtre sur les tumeurs, fournissant de la sanie. La veruga se montre ordinairement aux extrémités, autour des articulations, plutôt du côté de l’extension. Elle est rare à la face. La veruga peut être isolée, ou multipliée comme les pustules d’une variole confluente.il survient bientôt un gonflement œdémateux des mains, des pieds, de tout le corps, qui se localise aux extrémités. L’ulcération des pustules amène des hémorrhagies, quelquefois syncopales. La durée de l’évolution est de plusieurs mois. Il y a souvent plusieurs poussées. Comme dans le Yavos, on voit des tumeurs se flétrir pendant que d’autres se développent. Les verugas de petite dimension peuvent se flétrir, et tomber sans laisser de traces sur la peau, mais si elles ont saigné beaucoup, elles forment des croûtes noirâtres, laissant, à leur chute, des marques rouges.

Oriosola admet deux formes : une, tuberculeuse, une autre, caractérisée par ces tumeurs cylindroïdes ou pisiformes, pendant à l’extrémité d’un pédicule mince ; elles tombent après ulcération. La durée est de six à huit mois. La guérison est rarement complète. Pendant longtemps, les malades ressentent des douleurs articulaires, des crampes: l’œdème parait aux pieds, à la moindre fatigue. La maladie est rarement mortelle. Deux points restent inconnus : sa cause et son traitement, bien que pour ce dernier, on emploie les sudorifiques.

Pérou du Nord. — Payta. — La rade de Payta est l’une des meilleures de la côte de l’Amérique du Sud. Un fait très remarquable, c’est qu’il n’y a pas d’eau potable. On va la chercher à sept lieues au nord, au point où la rivière de la Chira cesse d'être saumâtre. Cette eau présente les inconvénients de toutes les eaux de rivière, non filtrées, dans les pays intertropicaux : elle renferme une grande quantité de matières organiques végétales et ani-

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males qui entrent bientôt en putréfaction, lui donnant une odeur et un goût désagréables.

Toutefois, dit M. Rulland, on ne remarque pas que la consommation de cette eau exerce une influence fâcheuse sur la santé des habitants.

La rade de Payta est très poissonneuse, c’est une grande ressource poulies navires en station dans ce port. La température présente des différences plus marquées qu’au Caliao. En été, c’est-à-dire depuis le mois d’octobre jusqu’au mois d’avril, la chaleur est très élevée; les mois de décembre, janvier et février, sont les mois les plus chauds. Le thermomètre marque à celle époque 52 et 55 degrés. Pendant l’hiver, ou plutôt la saison moins chaude, la température ne descend pas au-dessous de -j- 18°. Les matinées sont ordinairement brumeuses; vers 10 ou 11 heures du matin le vent du sud se lève et le ciel s’éclaircit. Ces brumes tiennent lieu des pluies qui sont excessivement rares.

Parmi les maladies sporadiques, les affections des voies respiratoires sont les plus communes, les bronchites surtout. Il y a des pneumonies, des angines, et le croup enlève beaucoup d’enfants. Il y a aussi des fièvres éruptives. Les scrofules, la syphilis et les maladies cutanées, dit M. Rulland, y sont peu fréquentes.

Climat des côtes occidentales d’Amérique.

Chili. — Entre les 44" et 45e degrés de latitude sud. Longue bande de terre de 000 lieues, sur 55 à 40 lieues de largeur, entre l’Océan pacifique et la chaîne neigeuse des Cordilières, dont les pics les plus élevés, l’Aconcagua et le Tupungato, ont une altitude de G600 mètres. Toutefois, la bande des Terres-Basses du Chili, est entrecoupée de montagnes et de plateaux, alternant avec des vallées, le tout formant un plan incliné vers la mer.

Ile et Archipel de Ciiiloe. — Groupe d’iles au nombre de 47, dont 52 sont habitées par des Espagnols et des Indiens, situées le long de la côte méridionale de Chili, entre le 42e et le 49e degré de latitude sud. Les quatre saisons de l’année y sont très distinctes. La température y est très variable, les coups de vents y sont fréquents, les pluies presque continuelles. Cependant le climat n’est pas malsain ( 1) . La ville de San-Carlos est la seule de l’ile de Chiloë qui a 40 lieues de longueur sur 12 ou 15 de largeur. Castro, prétendue capitale, n’est qu’une méchante bourgade. La stature des Chilotes est moins élevée que celle des indiens du Chili. Ils ont l’idiôme espagnol corrompu et le V cliché , langue des Indiens.

Les fruits de Chiloë sont d’assez mauvaises poires, des prunes, des pêches. Il y a quelques treilles et des noyers. Les pommiers y sont assez abondants; les pommes médiocres servent à faire du cidre. La pomme de

(1) M. Clianceprat.

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