‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 181 sur 215 · CLIMAT DU BRÉSIL E* DU LA PLATA · texte numérisé non relu

CLIMAT DU BRÉSIL E* DU LA PLATA

saisons : l’une pluvieuse, de mars à septembre, l’autre sèche, de septembre à février. L’air est ordinairement très humide, et, par suite, la transpira-

tion abondante débilite bientôt.

La phthisie pulmonaire est d’une très grande fréquence dans la zone tempérée, où elle fait succomber le 10e de la population, mais elle n’est pas rare dans des pays intertropicaux. Elle va en augmentant progressivement au Brésil, et notamment a Rio de Janeiro, où elle serait contagieuse, d’après le Dr Wucherer.

Montevideo (1’, est le port principal de la Plata, par le 54e degré de latitude sud.

Le climat est tempéré, et se rapproche de celui de l’Espagne et de l’Italie.

Les saisons ne sont pas aussi nettement tranchées qu’en Europe; les étés et les hivers offrent de nombreuses alternatives de froid et de chaud, de pluie et de sécheresse. Le printemps commence en septembre, l’été en décembre, l’automne en mars, l’hiver en juin.

De ces quaires saisons, l’automne est la plus douce et la plus agréable; l’hiver est le plus salubre. C’est pendant l’été qu’ont lieu la plupart des épidémies. En décembre, janvier et février, les nuits sont fraîches et excessivement humides, par les vents d’est; mais, pendant le soir, la chaleur est accablante, surtout au mois de février. Les orages sont fréquents à cette époque de l’année, et presque journaliers. Il existe une tension électrique constante. Pendant l’hiver, de juin à septembre, le froid est assez vif pour que les Européens soient obligés de faire du feu, le malin surtout; mais c’est la saison la plus saine et la plus agréable pour les Européens.

Les vents les plus fréquents soufflent du N.-N.-E et du S. -O. Ce sont ces derniers qui amènent des coups de vents, très dangereux pour la rade de Montevideo. Sous ces influences perturbatrices, les variations diurnes de thermomètre sont parfois de 17 degrés.

Le choléra a ravagé la ville en 1867 et 1868; mais il a sévi avec moins d’intensité qu'à Buenos-Ayres.

Quant aux maladies qui, en dehors des périodes épidémiques, régnent habituellement à Montevideo, elles se rattachent, en majeure partie, dans leur étiologie, aux brusques variations de température et aux perturbations de l’atmosphère, qui constituent le caractère distinctif du climat. Vers les mêmes époques, la lièvre typhoïde a régné d’une façon assez intense, et a fait beaucoup de victimes.

A Montevideo, sur une population évaluée à 85.000 âmes, la moyenne des décès, en temps ordinaire, est évaluée à 200 par mois.

Mais en 1868, il y a eu, en janvier, 1884 décès, 50 à 60 cholériques par jour; en février, 1256 décès, dont 1000 cholériques; en mars, 581, dont 500 cholériques .

(1) D’après M. le Dr Bourel-Roncièrc, Arcli. dcmé<l. nnv.

MALADIES CLIMATÉRIQUES

Buenos-Ayres. — Le mouillage choisi île préférence est la petite rade. Les vents de N.-O. soufflent pendant l’hiver, ils sont chauds, humides,

désagréables. Les vents de S.-E. constituent la brise régulière de l’été.

Depuis 1867, la ville de Buenos-Ayres a été visitée, à plusieurs reprises, par le choléra. Le thermomètre monte en été à 50 et 52 degrés.

L’hiver de 1865 a été relativement rigoureux : le thermomètre est descendu, souvent, à 5 et 4° au-dessous de zéro. En 1860, il est tombé dans ces parages un peu de neige, phénomène qui ne s’était pas vu depuis

longues années.

Pérou. — Le Pérou, qui s’étend du 25e au 8° degré de latitude sud, se trouve compris tout entier dans la zone tropicale. L absence, à peu près complète, de pluies est un caractère particulier à toute la côte péruvienne. La cause en est dans la disposition de la haute chaîne des Andes, courant nord et sud à moins de 50 lieues dans l’intérieur. Cette barrière arrête, sur son versant occidental, toutes les vapeurs de 1 atmosphère.

Arica est exposé à une chaleur excessive en été. Les varecs putréfiés et le guano rendent l’air nauséabond. Les habitants sont en butte à des fièvres intermittentes rebelles (tertiana), dit M. Guezennec. Ils se tiaitent, comme sur toute la côte, avec des émétiques et des purgatifs, quand ils manquent du sulfate de quinine ou de quinine ou de quinquina (cascarilla). Les maladies vénériennes sont graves, comme accidents primitifs et consécutifs.

Iles Chinchas. — Les îles Chinchas, par l’immense quantité de guano qu’elles renferment, offrenfune constitution zoo-géologique très intéressante. Ces îles sont au nombre de trois, situées à 20 lieues au sud de Callao, à quelques milles seulement et en vue de la côte du Pérou. La plu* considérable n’a guère qu’un mille de circonférence. On doutait d abord qu’il put y avoir un assez grand nombre d’oiseaux sur ces îles, poui produire, par la suite des siècles, une quantité d’excréments s élevant en couches de 20 à 40 mètres. Le doute n est plus permis aujourd hui, mais il ne serait pas tout-à-fait exact de dire que le guano est uniquement formé par la fiente des oiseaux de mer. Il est très vrai cependant, que ces oiseaux sont en nombre excessivement prodigieux. D’après M. Lacroix, leurs rassemblements dépassent tout ce qu’on peut imaginer. Longtemps après le début de l’extraction du guano, grâce aux précautions soigneusement observées pour ne pas les effaroucher, ils ont continué d’y habiter, même sur les points en exploitation. Vivant tout à côté des travailleurs, ils élèvent leurs innombrables familles et y meurent, ils couvrent les île* de leurs débris et des restes de poissons qu’ils y apportent, pour leur nourriture. Tous ces débris, avec le temps, se sont transformés en se mélangeant aux excréments, et ont formé, à la longue, un seul produit pulvérulent et gras, d’autant plus considérable, que l’absence de pluies et le vent ne le détrempent ni ne l’emportent.

L’exploitation et rembarquement de ces engrais répandent, dans 1 au-

CLIMAT Dli BRÉSIL ET DE LA I»L ATA .

d’immenses nuages d’une poussière, qui pénètre partout et dégage une odeur des plus désagréables. Les habitants d’un village assez important, qui s’est formé sur une des îles, les travailleurs et les matelots qui transportent et embarquent le guano et qui vivent dans un air chargé et obscurci de ses pulvérulences, tous respirent en quantité cette poussière, et n’en sont néanmoins jamais incommodés. « Quelque extraordinaire que cela puisse paraître, dit le docteur Couffon, tous les renseignements que j’ai pu prendre, toutes les observations que j’ai pu recueillir par moi-même,

viennent à l’appui de ce fait Les îles Chinchas ont la réputation bien

établie de jouir d’une grande salubrité. Avis aux chercheurs de miasmes animaux. »

Bien plus, M. Lacroix affirme que la poussière de guano, probablement par son dégagement ammoniacal, est, pour les matelots qui la respirent, un excellent moyen de guérison des bronchites et de laryngites, dont ils sont souvent atteints en doublant le Cap Horn.

Callao, port de la capitale du Pérou, offre une vaste rade, ouverte au nord, comme la plupart de celles de la côte occidentale de l’Amérique du sud. Le terrain s’élève, en pente douce, jusqu’à Lima, située à G milles environ dans l’intérieur, au pied des premiers contreforts des Cordillères.

Les eaux du Riniac et autres petits cours d’eau font, de la plaine de Lima, un vaste marécage où disparaissent les vestiges des canaux d irrigation, construits autrefois par les Espagnols.

L’atmosphère de Callao est humide et très brumeuse. Cette brume épaise ( aguacero ), est poussée par la brise de mer sur Lima, arrêtée qu’elle est par les montagnes qui s’élèvent au nord.

Il y a deux saisons principales : l’été et l’hiver. La plus haute température observée est de 55° centigrades, la plus faible de 14°. Callao, bien que placé sous la zone torride, doit à la régidarité de ses brises fraîches du sud, à son voisinage de la mer, une température douce et agréable.

Moyennes météorologiques recueillies au Callao (1), 1857-1870.

Mois .

Tcm p. ma x.

Tcmp. min.

Tcmp. tic la mer.

Septembre Octobre .

Décembre

Janvier Février Mars .

Avril .

Mai .

Juin .

Juillet

(1) Rapport de M. Duplouy.

.MALADIES CLIMAT KKIQUES.

Le baromètre se maintient presque toujours entre 757 et 700; ii offre un flux et un reflux quotidiens aussi réguliers qu’au centre de l’Amérique. Les tremblements de terre sont fréquents et désastreux.

On cultive au Pérou les mêmes fruits, les mêmes légumes qu’en Europe et un grand nombre de plantes propres aux pays chauds : l’anona chirimoga qui se rapproche de la pomme cannelle ; la grenadille, le café, etc.

La constitution médicale n’est pas moins variée que la flore ; elle réunit à la fois les maladies des pays intertropicaux et celles des pays tempérés, auxquelles le climat imprime un caractère particulier d’anémie, qui impose au praticien la plus grande prudence. Les fièvres intermittentes, les fièvres pernicieuses, les accidents cachectiques sont fréquents. La variole sévit surtout chez les nègres et les indiens; les progrès de la vaccine ont un peu atténué sa violence ; la rougeole et la scarlatine sont les satellites de la variole. La fièvre jaune qui aurait apparu, pour la première fois, à Lima, en 1852, a sévi particulièrement pendant les années de 1854, 1856, 1857; depuis, cette maladie n’a pas cessé, pour ainsi dire, d’être observée à l’état sporadique.

On a traité, parfois, sous le nom de colerina , une maladie singulièrement voisine du choléra sporadique; elle a même occasionné quelques décès. L’hépatite seule ou liée à la dyssenterie n’est pas rare. Le caustique de Vienne est le moyen adopté pour ouvrir les abcès du foie.

Les affections des voies respiratoires sont assez fréquentes. La phthisie pulmonaire, dit M. Duplouy, fait, à Callao, comme à Lima, des ravages affreux.

Pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre, avec une température qui ne descend guère au-dessous de 14 à 15 degrés centigrades, on voit se développer un assez grand nombre de maladies aiguës de poitrine, des pneumonies, des pleurésies. Les rhumatismes et les névralgies ne sont pas rares. L’anémie se dessine sur un grand nombre de constitutions ruinéespar l’ivrognerie. On abuse, au Pérou, d’une liqueur alcoolique nommée pisco , du lieu d’où on l’expédie, dont les effets ressemblent à ceux produits par l’esprit de vin bu en excès. Deux ou trois petits verres de cette boisson suffisent pour produire une ivresse furieuse, des convulsions violentes, avec vociférations et conduisent, dit M. Ackerman, au délirium tremens. Nous ajouterons à ce fait, utile pour l’étude de l’ivresse chez les divers peuples, qu’en Chine, le Sam-Chou produit les mêmes effets pernicieux.En arrivant à Tché-Fou, dans lePe-Tchi-Li,nos soldats prirent pour du vin blanc cette perfide liqueur qui n’était autre que de l’alcool de riz et de sorgho; aussi les cas d’ivresses furieuses suivies de coma furent si nombreux, qu’il fallut les ordres prohibilifs les plus sévères pour y mettre fin. Par suite de l’ivrognerie, de la malpropreté, delà mauvaise alimentation et de la débauche, la classe pauvre des Péruviens est en butte à la syphilis, aux scrofules, aux maladies cutanées.

Aux maladies déjà mentionnées, il faut ajouter : l’érysipèle, l’angine tonsillaire, le croup, l’hémptysie, l’apoplexie, le catarrhe vésical, la cystite

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