MALADIES C L 1 M ATE III Q U ES
spéciale : le premier, celui qui est pathognomonique, c’est l’ataxie locomotrice consécutif à l’état fébrile, c’est une sorte de myélite, qui se termine par l’atrophie de la moelle et la paralysie des nerfs pneumo-gastriques, (le marine asthina de Cosler), consécutivement il y a hydropisie, à marche rapide, déterminée par l’anémie, l’hydrémie, d’où encore le nom d’hydrops asthmaticus de Rogers.
Mais l’asthme et l’hydropisie ne sont que des symptômes consécutifs de l’état fébrile paralytique, qui constitue primitivement le béribéri.
Le mal de cœur des nègres n’est encore que l’anémie, suite delà cachexie fébrile.
L’aïnhum n’est qu’une fièvre compliquée d’éruption à la peau, et rentre dans la catégorie des fièvres ayant des éruptions comme épiphénomènes : mais toutes les fièvres éruptives, épidémiques, ne sont elles-mêmes que des fièvres climatériques.
Le scorbut qui règne dans le nord surtout, n’est que la conséquence d’une anémie plus ou moins progressive, reconnaissant surtout pour cause une nourriture insuffisante et surtout insuffisamment végétale, mais à laquelle les accès fébriles plus ou moins latents, larvés ou accentués ne sont pas étrangers.
Le scorbut règne dans le Nord à l’état endémique, depuis les régions polaires jusqu’au 55e ou GO” degré de latitude, parmi les populations pauvres de la mer du Nord et de la Baltique. En Irlande, en Suède et en Norvège; en Russie dans le gouvernement de l’Ouest, du Nord, plus spécialement dans celui d’Olonetz. Il se place au premier rang des causes de décès cà côté de la dyssenterie et des maladies de poitrine. Chez les Samoièdes, qui habitent le littoral de la mer Blanche et de l’Océan glacial, cette localisation géographique indique que le froid et l’humidité en sont les causes principales, et les ravages qu’il a faits en tout temps sur les navires qui fréquentent les mers polaires, viennent encore confirmer cette manière de voir.
loulefois à ces causes déterminantes et efficientes, il faut ajouter, comme causes prédisposantes, l’insuffisance de l’alimentation et surtout le manque de végétaux frais. Les pêcheurs des fiords de Norvège, les habitants des côtés de Finnmark et de l’Océan glacial, 11e vivent que du produit de leur chasse et de leur pêche, et pendant une partie de l’année ils ne mangent que du poisson salé, de la viande fumée ou desséchée; les végétaux leur font complètement défaut, ceux que produit celte terre glacée ne sont pas comestibles, ce sont des mousses, des lichens, sur un sol aride, au bord des grands marais tourbeux, dont le pays est couvert. D autre part, il faut noter que les viandes et végétaux comestibles frais sont les meilleurs moyens thérapeutiques alimentaires contre le scorbut.
La pellagre n’est qu’un épiphénomène d’un état cachectique fébrile, développé dans les pays a marais et à rizières surtout, où l’on fait usage du mais, dont les grains sont très souvent altérés par un parasite toxique, notamment dans le nord de l'Italie (Milanais), dans le midi de la France
(Gironde. Addour). Le sporisorcum myadis est le champignon parasite qui se développe sur l’épiderme, durant les années pluvieuses.
On détruit le champion si on fait passer an four les grains de maïs, avant la mouture.
Un champignon analogue, le sporisoricum tvitici, se développe dans des grains de blé avariés, et produirait aussi la pellagre ou y disposerait.
La rosa des Asturies ou mal de la Rose, serait identique à la pellagre. Il en est de même de la maladie la Melada, village de la petite île dont elle porte le nom, dans le golfe de Venise.
Enfin l’ergotisme gangréneux et convulsif de la Sologne, est dû à une altération bien connue du seigle ergoté, mais toujours dans un milieu prédisposant à la cachexie fébrile et l’entretenant.
La colique sèche : du Poitou, de Normandie, de Devonshire, de Madrid, de Java, de Surinam, et colique végétale, endémique des pays chauds. Nous en avons parlé assez longuement dans nos études médicales climatériques, pour établir qu’elle n’a rien de commun en étiologie avec la colique despeintres, tout en reconnaissant l’immense service rendu par M. Lefèvre, par ses opiniâtres recherches, à reveler l’intoxication saturnine dans bien des cas où on ne la soupçonnait pas avant ses travaux persévérants.
Mais nous le répétons, la colique sèche, la viscéralgie, appelée, de temps immémorial, la colique des pays chauds, n’est qu’une fièvre enleralgique et climatérique, qui sous le rapport étiologique n’a rien de commun avec la colique saturnine.
Le cadre des maladies climatériques et très vaste par les variétés, types, formes, caractères des états morbides qu’il embrasse, mais au fond c’est toujours la fièvre d’accès plus ou moins simple, plus ou moins compliquée selon les latitudes.
Faut-il ranger la phthisie parmi les maladies climatériques ? Bien qu’il y ait ici une affection organique chronique héréditaire ou acquise, comme il faut des conditions spéciales de climat pour le développement de ses évolutions; qu'elle est fréquente et dans les pays chauds et dans les pays tempérés, pour disparaître dans les régions circum-polaires, oui la phthisie pulmonaire peut être rattachée aux maladies climatériques.
Quant à la fièvre typhoïde elle s’observe partout où il y a air confiné et encombrement humain, soit dans les pays chauds, soit dans les pays froids, comme dans les pays tempérés, quoiqu'il dégré variables de fréquence. Nous croyons donc que l’état typhoïde peut compliquer toutes les maladies climatériques, sans en faire essentiellement partie à notre point de vue étiologique.
M A L A D I ES CLIMATÉRIQUES
RÉPARTITION géographique des maladies climatériques et de quelques états MORBIDES SPÉCIAUX A CERTAINES CIRCONSCRIPTIONS.
Nous venons d’étudier, au point de vue étiologique et clinique, les maladies climatériques qui s’observent chez l’homme, sous toutes les latitudes, mais nous n’avons pu nous occuper encore de leurs limites géographiques.
Boudin, notre savant chef et maître (l), a fait un essai, prématuré peutêtre, mais digne d’éloges (2), sur cet intéressant sujet; nous ne ferons guère que lui emprunter ce que nous sommes forcé de résumer en un court chapitre, en attendant que l’inventaire des maladies de tous les climats soit fait au complet.
Comme les plantes, les maladies ont leur habitat , leurs limites géographiques. La limite boréale du choléra se trouve en Europe à Archangel, par G4 degrés de latitude nord. Jusqu’ici il a épargné l’Islande, le Groenland et la Sibérie. En Amérique il a pénétré jusqu’au Canada ; il a atteint sa limite méridionale à 21 degrés de latitude australe.
Le Cap de Bonne-Espérance et l’Australie ont été épargnés jusqu’ici.
La limite des fièvres intermittentes sur l’ancien continent, peut être représentée par la courbe isotherme de 5 degrés centigrades. Le nord de l’Europe, les Hébrides et les Orcades, les îles Sethland, les Feroë et l’Islande leur échappent.
Dans l’hémisphère sud, le domaine des fièvres d’accès n’atteint pas même l’isotherme de 15 degrés.
La fièvre jaune n’a jamais dépassé le 48e degré de latitude boréale, ni le 27e degré de latitude australe, et son théâtre habituel est représenté par tout le littoral du golfe du Mexique et de la mer des Antilles, bien qu’elle ait été observée aussi sur le littoral américain de l’Océan Pacifique.
La peste n’a été observée que dans l’ancien continent (Afrique, Asie, Europe), et le théâtre de ses manifestations semble se rétrécir depuis le xve siècle. Elle s’est montrée pour la dernière fois en 1498 en Islande, en IG45 à Edimbourg, en 1G50 à Londres, en 1670 en Laponie, en 1721 à Marseille, en 1770 a Moscou. Elle a cessé de se montrer, même sous la forme sporadique, en Turquie, en 1858 et en Égypte en 1844. Il n’y a donc d’endémicité nulle part.
(1) Nous avons eu l’honneur cl l’avantage d'être l’aide de clinique de Boudin, à l’hôpilal militaire du Boule, en 1854. Nous nous trouvions souvent à la salle des conférences : ses entretiens prenaient vite une tournure scientifique, et nous préferions l’écouter que discuter. Toutefois, il est un point sur lequel il nous trouva toujours réfractaire, savoir : la prétendue influence fébrigène de sa flore des marais. Du reste, nous devons le dire ici, il modifia lui-même ses idées premières sur l'étiologie des fièvres, car il finit par nous avouer qu il en écrirait tout autrement, s’il eut dù recommencer son œuvre. Nous fumes bien aise d enregistrer celle sage concession à l’évidence des faits, quand on étudie les pays chauds et surtout ceux de l’hémisphère sud .
(2) Traité de géographie et île statistique médicales , 2 vol. in-8. Paris, 1857.
MALADIES CLIMATÉRIQUES
Conclurions du rapport de M. Prus sur la peste. — On a vu naître la peste en Égypte, en Syrie, en Turquie et dans un grand nombre d’autres contrées d’Afrique, d’Asie et d’Europe.
Dans tous les pays où l’on a observé la peste, son développement a pu être rationnellement attribué à des causes déterminantes, surtout chaleur et humidité, agissant sur les masses de la population, principalement dans les lieux très humides, mal aérés et dans des conditions d’alimentation mauvaise ou insuffisante.
L’inoculation dn sang, tiré de la veine d’un pestiféré, ou du pus d’un bubon, pas plus que la sérosité prise dans la phlyctène d’un charbon pestilentiel , n’a jamais donné la peste. Si en pareil cas la contagion est impossible, elle ne saurait l’être d’aucune autre façon.
En effet, un examen attentif et sévère des faits contenus dans la science, établit d’une part que dans les foyers épidémiques, le contact immédiat de milliers de pestiférés, est resté sans danger.
Une observation rigoureuse démontre, pareillement, la non transmissibilité de la peste par le contact des hardes des pestiférés, encore moins par les marchandises provenant des contrées ou règne la peste.
La classification admise, dans nos lazarets, pour les objets prétendus susceptibles et non susceptibles, ne reposant sur aucun fait ni sur aucune expérience probante, n’est digne d’aucune confiance, elle est absurde.
Nous dirons donc, pour conclure, que la suppression des quarantaines et des lazarets, est la conséquence forcée des lumières de l’observation, substituées aux ténèbres de l’erreur et de la peur.
La pellagre règne entre le 42e degré et le 40' de latitude nord ; le bouton d’Alep entre 55 et 58 degrés, le béribéri limité d’abord entre 16 et 20 degrés, aurait pris aujourd’hui plus d’extension.
Des limites analogues s’observent sous le rapport de la longitude géographique. Ainsi dans la péninsule Scandinave, on rencontre le zadzyge spécialement à l’est et la spedalsked à l’ouest des monts; les Vérugas se trouvent au Pérou, sur le versant occidental des Andes.
La fièvre jaune n’a régné jusqu’ici qu’entre Acapulco et Livourne; la peste a pour limite orientale une ligne qui du Golfe du Mexique s’étendrait à la Mer Caspienne.
Plusieurs maladies ont aussi une limite dans le sens de 1 altitude.
Les verugas ne se rencontrent au Pérou qu’entre 000 et 1600 mètres, au-dessus du niveau de la mer.
Au Mexique la fièvre jaune ne s’élèverait pas au-delà de 900 mètres.
Le crétinisme, qui dans l’Amérique du nord s’observe à au-delà de 4000 mètres, atteint à peine 2000 mètres d’altitude en Piémont, et 1000 mètres en Suisse. Comme le goitre, il est endémique dans les vallées des grandes chaînes de montagnes, Pyrénées, Alpes, Vosges, en Angleterre, au Wurtemberg, dans la Saxe, le Tyrol, 1 Inde, 1 Amérique.
Le type des fièvres d’accès s’écarte de plus en plus de la conlinuilé, à