COURANTS
inférieures entre les Tropiques, est de 22° à 2o° centigrades au-dessous du plus bas point, auquel les navigateurs aient observé le thermomètre à la surface.
Les glaces marines semblent naître vers les pôles, à mesure que la salure de la mer diminue, et que le mouvement de rotation de chaque point du globe devient moins rapide; on voit déjà vers le 40" degré de latitude de gros glaçons llotter sur la mer, entraînés par les courants du pôle à l’équateur. A 50 degrés il est déjà assez ordinaire de voir les bords de la mer se couvrir de glace; à 00 degrés de latitude boréale, les golfes, les mers intérieures se gèlent souvent sur toute leur surface; à 70 degrés les glaçons flottants deviennent plus fréquents, plus considérables, et vers le 80“ degré on trouve le plus souvent des glaces fixes, non pas que la mer y soit gélée jusqu’au fond, mais parce que les glaces s’y sont arrêtées par leur accumulation.
Courants. — • La mer est sillonée de grands courants qui généralement partant des régions équatoriales, vont porter leurs eaux chaudes jusque vers les pôles, en rasant les continents dont ils adoucissent les climats par la tiédeur de leurs eaux, dans les hautes latitudes. Dans l’Atlantique le plus considérable est le Gulfstream, qui, partant du golfe du Mexique s’avance jusqu’au Cap nord et au Spitzberg, où il porte des bois et des fruits de l’Amérique tropicale. Il se ramifie en diverses branches, dont l’une plus considérable que toutes les autres redescend le long de la côte occidentale de l’Afrique. Ce courant correspond au courant aérien supérieur qui va de l’équateur au pôle. Outre les courants constants il en est de périodiques qui varient avec la direction des vents.
L’étude des mers porte à attribuer, à l’Océan indien, la production de courants chauds qui entraîneraient, hors de cet océan, une masse de liquide probablement de beaucoup supérieure à celle du Gulfstream. Les mers de l’Inde ne se prolongent pas dans le nord comme l’Atlantique. Elles sont au contraire bornées de ce côté par des terres tropicales, de sorte que leurs eaux sont plus chaudes que celles de la mer des Antilles, et que l’évaporation y est beaucoup plus considérable. L’un des courants ainsi formés, bien connu sous le nom de canal de Mozambique, prend au cap de Bonne-Espérance le nom de courant de Lagullas. Un autre courant sort de ces mers par le détroit de Malacca, puis grossi des divers affluents chauds, provenant des mers de Java et de Chine, il pénètre comme un second Gulfstream dans le Pacifique entre les Philippines et le rivage d’Asie. Se dirigeant ensuite vers les îles Aleutiennes, suivant l’arc d’un grand cercle, et communiquant sa chaleur aux climats qu’il rencontre, il finit par se perdre en mer dans sa route vers la côte nord-ouest d’Amérique. Ce n’est pas sans raison qu’on compare ce courant au Gulfstream de l’Atlantique ; en effet, Sumatra et Malacca d’une part semblent correspondre à la Floride et à Cuba, de l’autre, de même que Bornéo correspondrait aux Bahamas avec le canal de la Providence, au sud de la passe de la Floride à l’ouest.