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VENTS ALIZÉS

colonne expéditionnaire revenant de Chine, pour aller débloquer Saigon en Cochinchine, par la prise des forts de Kioah. Dans le semestre d’été ou règne la saison constamment pluvieuse de la mousson de sud-est, celte importante expédition aurait été extrêmement difficile sinon impossible.

Les nuages particuliers aux régions alizées sont formés entre les deux courants d’air supérieur et inférieur. Les vapeurs condensées dans le courant supérieur se dissolvent de nouveau dans le courant inférieur, aussi la région des calmes équatoriaux est celle de la région pluvieuse, on pourrait dire permanente, non pas en nappe générale et continue, mais plutôt en grains fréquents et simultanés sur divers points de l’horizon. Aussi d’anciens marins, citent-ils dans ces parages, des calmes assez prolongés, accompagnés de pluies tellement abondantes, que l’eau de la surface de la mer était de l’eau douce .

Toutefois l’air des régions équatoriales n’abandonne pas toute sa vapeur d’eau, elle est transportée sur les continents, et les rivières le reportent à la mer. 11 faut considérer l’eau d’une rivière comme représentant l’excès de la précipitation sur l’évaporation pour toute l’étendue du bassin de cette rivière. *

En thèse générale on peut considérer l’hémisphère sud comme une vaste chaudière évaporatoire, dont l’hémisphère nord serait le condensateur.

Les rapports de surface, entre la mer et la terre, sont entièrement différents dans les deux hémisphères. On trouve dans l’hémisphère nord à peu près autant de terres que d’eau, tandis que dans l’hémisphère sud on trouve plusieurs fois autant d’eau que de terre. La grande majorité des rivières importantes du globe sont dans l’hémisphère nord, en exceptant celle des Amazones qui, dirigée de l’ouest a l'est sous l’équateur, appartient aux deux hémisphères. Dans l’hémisphère sud il n’y a d’autre cours important que le Rio de la Plata, car la Nouvelle-Hollande n’en renferme aucun, non plus que l’Afrique méridionale, ni les iles de la mer du sud. C’est que d’après les observations météorologiques la quantité de pluie dans l’hémisphère nord est de beaucoup supérieure à celle de l’hémisphère sud. Dans les zones tempérées celte proportion est de 57 à 26, d’après Johnston.

Pendant l’automne, l’hiver et le commencement du printemps, dans notre hémisphère, c’est l’époque où le soleil exerce l’action la plus intense sur les mers de l’hémisphère sud, où par suite l’atmosphère absorbe avec le plus d’activité la vapeur d’eau destinée à nos rivières. La température moyenne de l’hémisphère sud est alors de 5° centigrades plus élevée que celle de l’hémisphère nord. La vaporisation est accompagnée d’une chaleur latente, aussi les vapeurs transportées se condensent en pluies tièdes. Les vents alizés du sud-est se chargeant de vapeur d’eau dans le sud, pénètrent dans notre hémisphère en courant supérieur et ne redescendent qu’à la hauteur des calmes du Cancer, pour devenir vents du sudouest à la surface de la terre. C’est dans ce trajet vers le nord que eom-

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