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LA MER ET L ATMOSPHÈRE

mence la condensation. Au pôle l’air devenu sec commence son trajet de retour, pendant lequel il absorbe et fait disparaître, en vertu de sa sécheresse, les nuages qu’il rencontre, amenant ainsi un temps clair. La conclusion de ce qui précède est donc que les vents alizés sont par excellence les vents d’évaporation et de transport, et par suite les rivières sont principalement alimentées par les vapeurs d’eau provenant des régions alizées, c’est-à-dire les rivières des parages extra-tropicaux du nord par les alizés du sud, et réciproquement du sud par les alizés du nord.

L’eau de la mer la plus salée est là où se trouve l’évaporation maximum, c’est-à-dire entre les Tropiques. Le docteur Ruscenberger, delà marine américaine, a trouvé que le maximum de cette densilé était à peu près aux parallèles de 17° nord et sud, c’est-à-dire vers le milieu des régions alizées. Malgré sa chaleur, cette eau était plus dense que l’eau froide du cap de Bonne Espérance. Le lieutenant Porter a trouvé de même que l’eau la plus dense était vers les parallèles 20 nord et 17° sud.

La zone des alizés du nord est comprise en moyenne entre les parallèles 7° et 29° nord. Ces alizés après s'être élevés dans les calmes de l’équateur, passent au-dessus des alizés sud-est, et apportent dans les régions ultra-tropicales de l’hémisphère sud, la vapeur destinée à y alimenter les pluies. Mais les deux tiers seulement des alizés nord-est, étant saturés de ces vapeurs, il ne doit tomber dans l’hémisphère sud que les deux tiers environ de la pluie qui tombe dans l'hémisphère nord, c’est effectivement le rapport indiqué par l’expérience.

Les trois zones de calmes des Tropiques et de l’équateur obéissent à un mouvement d’oscillation nord et sud, qui n’embrasse pas moins de lü à 17u de latitude. Ainsi en juillet et août les calmes équatoriaux se trouvent entre 7 et 12°, parfois même plus haut, tandis qu’en mai et avril ils sont compris entre 5° sud et 2° nord.

Régions sans pluies. — La côte du Pérou se trouve constamment dans la zone des alizés du sud-est. La pluie y est pour ainsi dire inconnue. Les alizés du sud-est dans l’Atlantique rencontrent la mer d'abord sur la côte occidentale d’Afrique, ils s’y chargent de vapeurs qu’ils viennent ensuite déposer dans leur trajet, à travers le continent américain où ces vapeurs alimentent les sources du Rio de la Plata et des affluents du sud de l’Amazone, puis ils atteignent les cimes neigeuses des Cordillières, dont la basse température achève de les dépouiller de l’humidité qu'ils peuvent contenir. Ces vents sont secs et froids en descendant le versant occidental des Andes, et l’on voit aussi qu’ils resteront secs jusqu’à ce que, rencontrant les eaux du Pacifique, ils puissent de nouveau s’y imprégner de vapeur d’eau ; mais il n’auront trouvé auparavant, dans leur passage sur le Pérou, ni surface évaporatoire, ni température inférieure à celle des Cordillières; de là l’absence de pluies, de là aussi cette autre conséquence qu’il faut * aller chercher dans la chaîne des Andes les réservoirs alimentaires des rivières du Chili et du Pérou.

Les autres régions du globe, remarquables par l’absence de pluie, sont

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