‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 37 sur 215 · TEMPÉRATURES · texte numérisé non relu

TEMPÉRATURES

variations, en dehors cle l’influence solaire, de l’exposition et de l’altitude des lieux, des vents régnants et du voisinage de grands courants océaniques. Aussi est-il arrivé qu’en étudiant les températures et traçant, sur un planisphère, des lignes dites isothermes par de Humboldt, lignes qui passent parallèlement à l’équateur, par tous les points du globe, à une température moyenne semblable, ces lignes isothermes ne sont pas exactement parallèles à celle de l’équateur, mais qu’elles d’écrivent des courbes et des sinuosités, plus ou moins considérables. Ainsi l’équateur thermal, c’est-à dire la ligne isotherme, indiquant la succession des points de la circonférence de la terre où la température moyenne est la même, est de beaucoup au nord de l’équateur; car elle monte à l’isthme de Panama, contourne tout le nord de l’Amérique du sud, et atteint jusqu’au lb° de latitude dans le cœur de l’Afrique et dans la mer des Indes. Comme écart thermal, occasionné surtout par le courant d’eau chaude du Gulfstream vers le nord, nous citerons, comme placés sur la même ligne isotherme, le sud de l’Islande par 60° de latitude nord, où il ferait aussi chaud qu’à Québec placé à 17° de latitude dans l’Amérique du nord, c’està-dire à près de trois cents cinquante lieues plus au sud. Aussi les lignes isothermes ne sont que très irrégulièrement parallèles à l’équateur, encore n’est-ce que sous la zone torride, car de là ces lignes deviennent tellement excentriques ou concentriques, qu’on ne peut plus les qualifier de parallèles. Ces grands écarts de direction, dans les lignes isothermes, viennent moins de la différence de la latitude des lieux, par où on les fait passer, que par la fausse base d’après laquelle on les a établies. On s’est servi en effet de la moyenne annuelle qui n’indique pas grand’chose, car elle masque ce qu’il faut connaître, les extrêmes de température. Aussi comprenons-nous qu’à ce propos et autres données météorologiques, groupées par moyennes, des académiciens aient pu dire à l’institut, que la plupart de ces données ne sont que des chiffres sans valeur. Exemple : la moyenne de l’été à Moscou a été de -J- 20" centigrades ; la moyenne de l’hiver a été de — 20°; mais on nous traduit cela par : la moyenne annuelle est 0°. Qu’apprend ce zéro seul au climatologiste : zéro !

Au lieu des isothermes mieux voudraient adopter simultanément les lignes isothères, (i <ro<? égal, 0 zpoç été, chaleur), indiquant tous les points delà terre qui ont la môme température moyenne en été, avec les lignes isochimènes, (de xzi/utov hiver, froid), indiquant tous les lieux ayant la même température moyenne en hiver. Mais encore ne seraient-ce toujours là que des moyennes. Or, deux chiffres seulement, le maximum et le minimum de température d’un lieu, d’une contrée, en disent plus que toutes les moyennes qui marquent précisément ce qu’il faut savoir, les extrêmes de température. En un mot, de môme que pour avoir la position géographique d’un lieu il faut avoir son degré de latitude et son degré de longitude, de même, pour connaître son état climatérique, il faut avoir l’indication et du plus haut degré de chaleur et du plus bas degré de froid qu’on y observe annuellement. Dans nos livres de sciences, il ne serait pas

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