ARCHIPEL DE MALTE. ILES D’ELBE ET DE CORSE
Les côtes sont riches en thons et anchois, dont on fait une pêche très considérable. Le sel gemme existe sur plusieurs points, notamment dans la province de Gergenti, où l’on en extrait des masses, d’une grande pureté et dont on fait une exportation considérable, sur la côte de Trapani à Marsalla. D’autre part, la Sicile possède le monopole, à peu près exclusif, du commerce des soufres.. A l’embouchure de la Giaretta, on trouve du succin, plus transparent que celui de la Baltique, et souvent d’un rouge violet. On exporte le sumac, les pierres ponces, la graine de lin, la réglisse, le poisson salé, la manne, la crème de tartre, des essences, etc.
Le climat de la Sicile offre d’excellentes conditions climatériques, pour les personnes à poitrine délicate.
Archipel de Malte. — Bien qu’appartenant politiquement â l’Angleterre, l’archipel de Malte se rattache à la région italique. Ces îles sont Malte, Gozzo, Comino; ce groupe est situé à 75 kilomètres environ du Cap Passaro ; le bras de mer qui le sépare de la Sicile, est nommé canal de Malte. L’ile de Malte fut cédée, en 1550, par Charles-Quint, aux chevaliers de S'-Jean de Jérusalem, qui venaient d’être chassés de Pile de Rhodes. Le corps expéditionnaire d’Egypte la prit en passant, mais les Anglais la prirent à leur tour et l’ont gardée. Le climat de Malle est analogue à celui de la côte sud de la Sicile et a de grandes similitudes avec celui d’Alger.
Ile d'Elbe- et îles voisines. — L’ile d’Elbe est la plus grande, et la seule vraiment importante, de toutes les îles qui s’étendent entre la Corse et la Toscane. Elle a 20 kilomètres de l’est à l’ouest : elle est toute montagneuse et le mont Capranna, son point culminant, a 1000 mètres de hauteur. La pèche du thon forme une des grandes ressources des habitants. Le climat est doux et salubre, malgré quelques marais et les changements brusques des vents. Les châtaignes y suppléent au manque des céréales, dont la récolte ne suffit pas à la consommation. Il y a de bons vins. Porto-Férajo, capitale de l’ile, a un bon et vaste port. Les îlots qui avoisinent file d’Elbe sont peu remarquables et la plupart inhabités : Giglio a 1800 habitants; Pianosa n’en a que quelques-uns; Gorgonna, Gianuti, Monte-Christo, les Formicole, ne sont que des rochers stériles et inhabités.
Ile de Corse. — Cette île forme un département français, dans la Méditerrannée, au nord de la Sardaigne. Elle a 240 kilomètres de long sur 90 de large et 210,000 habitants. Ajaccio en est le chef-lieu, plusieurs petites des environnantes en dépendant : Giraglia, del Cavallo, les sanguinaires di Lavezzi, sur les récifs de laquelle la frégate, la Sémillante, se perdit corps et biens, en 1855, avec plus de 700 hommes à bord.
Le point le plus culminant de la Corse est le mont Rotondo, qui s’élève à 2700 mètres au-dessus de la mer. Le climat est assez sain en général, mais le vent du sud-est, appelé sirocco, vent d’Afrique, et celui du sudouest ou libeccio sont pernicieux. Le sol est fertile, il y a tles forêts et
CLIMATS DE L EUROPE
beaucoup de châtaigners, des oliviers, des orangers, des cilronniers, des figuiers. La vigne y donne d’excellents raisins. On a fait d’heureux essais pour naturaliser en Corse l’indigo, le lin, le chauvre, le tabac, le coton, le café, la canne à sucre. Les montagnes nourrissent d’immenses troupeaux de chèvres. On fait, sur les côtes, la pêche des sardines, des thons et aussi du corail .
Ile de Sardaigne. — Elle est située à l’ouest de la péninsule italique, et au sud de l’ile! de Corse, dont la sépare le détroit de Bonifacio, large dè 11 kilomètres. La population est de 000,000 habitants. Les côtes sont sinueuses et présentent un grand nombre de golfes et de caps. La Sardaigne est toute montagneuse, toutefois le point le plus élevé, arrive à peine à 2000 mètres. La partie la plus âpre des montagnes, du plateau de la Sardaigne, est le canton de la Barbagia, dont les habitants sont appelés Barbaricini. C’est le refuge de tous les bandits ou faorisciti , mis hors la loi pour cause de vendetta, qui y est aussi fréquente qu’en Corse. Le climat de la Sardaigne est tempéré dans les vallées de la partie septentrionale, mais les étés sont brûlants dans les Cawpedani. L ile est surtout exposée au souffle du sirocco. Les pluies y sont rares, mais très abondantes, et tombent surtout de février en mars. Les changements de température y sont souvent très brusques et très fréquents, ce qui engendre nombre de maladies. Les régions sèches et élevées sont salubres, relativement, pendant toute l’année; le reste du pays est généralement malsain dans les parties humides et basses. Il y a des fièvres intermittentes et rémittentes fort dangereuses. Viniemperia sarde, a la même signification que la mal’ aria ou aria cattiva d Italie et surtout des marais Pontins. On y observe aussi des cas de rire sardonique et de tunoria, violente terreui panique, due à des fièvres larvées plutôt qu’à l’herbe, dite sardonia, a laquelle on attribue le trouble nerveux du rire sardonique. Dans les Campedani la récolte consiste en une grande quantité d excellent blé, en orge, maïs, vins. La culture du tabac est très répandue dans la partie septentrionale de l’ile, dont la principale richesse est en magnifiques forêts. Les principales espèces sont le chêne commun, l’yeuse, le chène-liège, l’érable, le peuplier, le frêne, l’orme, Fil, le pin, le sapin, le caroubier, le myrte, le laurier rose, le lentisque, le palmier nain etc. On trouve aussi une foule déplantés médicinales et tinctoriales.
L’ile ne renferme aucune bête féroce, ces régions solitaires sont peuplées de gibier de toute espèce. Les animaux les plus grands de taille, sont le cerf, le daim, la chèvre et le sanglier. Le mouflon se distingue de celui de Corse par la forme de ses cornes, qui se rapprochent de celles du bélier. La Sardaigne nourrit aussi la plupart des petits quadrupèdes. On y élève des chèvres et surtout des poneys, dits achettes, race vigoureuse, mais petite. L’àne est petit aussi, et couvert de longs poils; le bœuf, comme celui de Hongrie et de la campagne de Rome ou du Cap, a des cornes d’une longueur extraordinaire; les moutons sont excellents. Les porcs