‹ Traité de climatologie geńeŕale du globeChapitre 68 sur 215 · ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

ILES BRITANNIQUES

multitude de petites îles. Elles sont comprises entre la latitude nord de 4(J et 60 degrés.

Les îles Britanniques très découpées, fortement accidentées, bien arrosées mais nébuleuses, froides, humides, avec d’abondants pâturages. La Grande-Bretagne est la plus grande île de l’Europe. On la divise en deux parties naturelles, et qui ont été longtemps deux royaumes distincts, l’Angleterre et l’Ecosse, séparées par le Twed et le golfe de Solway. La Grande-Bretagne ligure une sorte de triangle, dont la base s’appuie sur la Manche, et dont la hauteur va du sud au nord. Ses côtes orientales et méridionales sont bien moins profondément découpées que ses côtes occidentales, leur pente est aussi moins abrupte. Aucune île ne garantit ses rivages de l’est, et celle de Wight avec deux autres beaucoup plus petites, sont les seules qui la bordent au sud, tandis qu’à l’Orient et au sud s’en trouvent un grand nombre, entre autres les îles Sorlingues, Anglesey, les Hébrides, les Orcades et les Sethland. Au midi le golfe le plus considérable est celui d’Exeter; plusieurs autres servent d’embouchures aux principales rivières.

Le Cap le plus méridional de l’Ecosse est leMuldeGalloway, célèbre par le bruit épouvantable que fait la mer en s’engouffrant dans ses profondes excavations.

L’Angleterre est un pays peu montueux, excepté dans la partie occidentale ou pays de Galles; humide, brumeux, peu fertile, mais admirablement. cultivé, parsemé de bouquets de bois et de landes stériles; coupé par de larges vallées et des plaines doucement ondulées, et d’une verdure magnifique, mais trop monotone.

L’Ecosse, au contraire, est un pays de montagnes et de lacs; brisé, déchiré par de nombreuses coupures, peu fertile, froid et sain, à peine ouvert par quelques vallées, d’un aspect parfois sauvage, presque toujours pittoresque. Il comprend deux divisious bien distinctes, les Lowlands (basses terres) et les Ilighlands (hautes terres). Les premières comprennent la partie inférieure de l’Ecosse et les dernières un pays tout montagneux, habité, connue le pays de Galles, par les derniers descendants de la race celtique.

Le point le plus culminant du pays de Galles a près de 1100 mètres. Un prolongement des monts Peak, au nord, nommé chainon Pennique, forme la division naturelle de l’Angleterre et de l’Ecosse.

Les monts Grarnpians sont les plus considérables de l’Ecosse, leurs cimes sont nues, leur base est semé d’étangs et de lacs.

Irlande. — Placée sous un ciel brumeux et chargé de vapeurs, l’Irlande, dédaignée par les Romains, comme terre engourdie parles hivers et défendue par les tempêtes, avait reçu le nom d’IIibernia, contrée des frimas. Celte i le est séparée de la Grande-Bretagne, par le canal de St-Georges, la mer d’Irlande et le canal du Nord. Elle est de forme ovale, d un contour très sinueux et profondément découpé. L’Irlande est générale-

CLIMATS DE L KlIUM'E.

ment basse et marécageuse dans le centre, monlueuse au nord et au sud ; le sol est bon et fertile, les marais et les lacs sont très nombreux, de même que les cours d’eau. Les îles britanniques sont un des pays les plus riches du monde en minéraux; la houille s’y trouve presque partout et en quantité, pourrait-on dire, inépuisable. Tout le littoral de l’Irlande, parallèle à l’Écosse, est volcanique et comprend celle magnifique réunion de piliers basaltiques, connue sous le nom de chaussée des géants. Elle possède un très grand nombre de sources minérales.

Espèces animales. — Vers la fin du dixième siècle les ours et les loups ont été détruits en Angleterre ; les forêts du nord recèlent encore quelques sangliers; les cerfs, les daims et les chevreuils sont nourris dans les parcs et dans quelques forêts; les renards, dont la chasse est devenue un divertissement presque général, disparaîtront bientôt à leur tour. Ces animaux, et les chats des bois, sont les carnassiers les plus destructifs. Les autres mammifères sauvages ne sont que les animaux de petite taille, qui peuplent les montagnes et les forêts des continents.

Mais tous les animaux domestiques qui restent dans l’Europe occidentale, se retrouvent ici en très grand nombre. L’Angleterre est surtout un pays de pâturages, aussi, l’élevage du bétail y a-t-il pris un développement extraordinaire, grâce au genre industriel des habitants ; les chevaux, les bêtes à cornes, les moutons et les bœufs ont pris les formes que la main de l’homme a voulu leur donner. Les ânes et les mulets n’existent qu’en très petit nombre. En Angleterre, les chèvres sont presqne un objet de curiosité, mais dans la principauté de Galles elles sont communes même à l’état sauvage. Dans quelques comtés de l’Écosse le bétail est dépourvu de cornes; les chevaux sont en général d’une taille peu élevée, ceux du nord, connus sous le nom de poneys, sont recherchés pour leur force et leur agilité. Le gibier est très abondant, on peut citer surtout le coq de bruyère.

Les îles qui entourent la Grande-Bretagne, sont remplies d’oiseaux, le plongeon élève ses petits dans des terriers de lapins. Dans les Orcades les aigles font de grands dégâts, parmi les troupeaux de moutons qui y paissent librement. Il est peu de pays, en Europe, aussi favorisés, par la nature en poissons d’eau douce et d’eau de mer, que les îles Britanniques. Cependant la grande pèche des morues et baleines a beaucoup perdu de son importance.

Climats. — Les rigueurs de l’hiver et les chaleurs de l’été se font sentir, avec moins d’intensité, dans la région britannique que dans les pays du continent, situés sous la même latitude. Les vents de nier tempèrent les saisons les plus opposées, mais les variations de température sont subites et fréquentes.

Le climat est partout salubre, mais en général brumeux et très humide, surtout en Écosse, et plus encore en Irlande, où le nombre et

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