CLIMATS DC LINDE
d ouragans très violents. La partie septentrionale, abritée par les montagnes, éprouve a peine les elïets de cette mousson, et jouit généralement d un temps sec et beau. Mais dans les mois d’octobre et de novembre, quand l’autre mousson règne sur la côte de Coromandel, c’est le nord de l’ile qui est exposé aux averses et aux tempêtes, tandis que les contrées méridionales s’en ressentent à peine. L’une et l’autre mousson se font peu sentir dans l’intérieur, mais cette partie n’en a pas moins sa saison pluvieuse. C’est pendant les mois de mars et d’avril, que les ouragans si redoutables dans les pays tropiques, y amènent des averses, orages accompagnés d’éclairs et de coups de tonnerre d’une violence, dont nous ne pouvons nous faire une idée. Les plus grandes chaleurs régnent depuis janvier jusqu’en avril; c’est pendant le solstice d’été qu’on jouit d’une fraîcheur relative; le climat de l’ile est, pourrait-on dire, tempéré. Dans l’intérieur où ne pénètrent pas les brises douces, les forêts et les collines concentrent la chaleur, empêchent la circulation de l’air et ainoncèlent des brouillards et vapeurs, d’une influence malsaine. Ces brouillards font succéder des nuits froides aux grandes chaleurs de la journée. Aussi l’insalubrité de ces vallées humides est-elle proverbiale, il n’y a que les ind igènes qui puissent y vivre et non impunément.
Le cannellier est l’arbuste par excellence de la partie sud-ouest, surtout de Ceylan; le cannellier, le café constituent les deux principales branches du commerce.
Dans les immenses forêts de l’intérieur, il y a des ébeniers, du bois de teck, des jaquiers, des aréquiers. On y trouve aussi l’arbre gigantesque, appelé talipot, dont la tige s’élève jusqu’à 70 mètres de hauteur. Le sagoyer, le palmier à sucre, le cocotier des Maldives, l’arbre à pain, le théier, le camphrier, composent la plupart des forêts du pays plat. L’orange du roi est un des fruits les plus délicieux de Ceylan.
La pèche des perles sur les côtes de Menaar, qui autrefois était d’un bon rapport, se réduit à peu, de chose aujourd’hui, parce qu’on la fait tous les deux ans, au lieu de mettre vingt-quatre ans d’intervalle.
Il y a deux espèces d’éléphants : l’une à grandes et l’autres à petites défenses. On en fait des chasses régulières tous les trois ou quatre ans. Les buffles sauvages, après avoir été apprivoisés, servent au labour. Les chevaux sont de belle race, on en exporte dans l’Inde. Les brebis, au lieu de laine, ont une espèce de poil, se rapprochant de celui du mouflon.
Les forêts renferment des daims, des lièvres, un chevrotain à musc, des tigres, des chacals, diverses espèces de singes, notamment le singe blanc à barbe et le singe noir à barbe blanche.
Les oiseaux y sont très nombreux, ainsi que les abeilles et les fourmis. Une espèce de fourmi noire fait de grands nids sur les branches d’arbres. Les sangsues et les araignées vénimeuses y sont incommodes. Les rivières fourmillent de poissons. Dans les contrées marécageuses il y a des serpents énormes.
Les insulaires de Ceylan se divisent en deux branches : les Wedalis et