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PHYSIQUE ET GÉOGRAPHIE CLIMATÉRIQUE DU GLOBE

Cosmogéogénie ou phases primitives de la terre.

Pour dire ce que sont les climats, selon les diverses latitudes, il est indispensable de jalonner les grandes périodes de transformations que le globe a subies, avant d’arriver à sa constitution actuelle. Nous suivrons la théorie qui est le mieux en harmonie avec l’observation de la science.

Notre planète liée au système solaire faisait, primitivement, partie du soleil même; elle s’en est détachée par la force centrifuge, alors qu’elle était encore en fusion. Combien a-t-il fallu de temps pour que, lumineux par lui-même, notre globe en soit arrivé à s’éteindre, et à offrir, par refroidissement graduel, des conditions de développement et d’existence aux êtres organisés? C’est ce qu’il est impossible de préciser, et cependant d’après une communication, faite à l’Académie des sciences, par un savant mathématicien, la formation de la première pellicule solide de la terre, par le refroidissement, remonterait à près de cent millions de siècles.

Plusieurs générations de créations diverses se succédèrent; le refroidissement continuant, de nouvelles espèces modifiées suivirent les premières. Disons à ce sujet que, pour celles de la dernière création, un grand fait cosmique a dû se passer, pour produire la mort et la congélation, aux pôles, d’espèces qu’on ne voit plus qu’entre les tropiques.

Il y a, dit M. Babinet, un très petit nombre de dizaines de siècles, lorsque le globe terrestre était déjà comme nous le voyons, que l’ancien et le nouveau monde avaient leurs océans actuels, tout-à-coup un froid mortel

COSMOG ÉOGÉN1 fi.

enveloppa la terre, la neige couvrit les continents et surtout les régions polaires; de belles races d animaux disparurent subitement et sur place. Les mammouths de 1 ancien monde et les mastodontes du nouveau furent ensevelis dans des masses de glace où on les retrouve tout entiers, sans altération aucune, et prêts a être mangés par les ours, les renards, les loups et les chiens de Sibérie (t).

Le ceri primitif est la debout avec le museau en l’air et les cornes rabattues sur le dos, comme ayant péri suffoqué sous une épaisse couche de neige. Tous ces animaux enfouis sous le sol, ou enveloppés de glaces, ont cessé de vivre étant sur leurs pieds, et relevant la tête autant que possible. A cette époque, de nombreux glaciers, dont on retrouve des traces dans toute l’Europe, ont été instantanément formés. L’idée la plus simple qui résulte de ces mille faits c’est qu’à cette époque, le soleil a cessé d’échauffer la terre pendant plusieurs jours, plusieurs mois ou môme plusieurs années. A quoi attribuer cette désastreuse catastrophe? On peut penser aux comètes, mais ces corps sont si légers qu’on ne les voit même pas sur le soleil et sur les étoiles quand ils y passent. D'ailleurs quand ces comètes sont près du soleil, elles marchent avec une telle rapidité qu’elles ne pourraient en offusquer l’éclat que pendant bien peu de minutes; la comète de 1845 a fait la moitié du tour du soleil en deux heures un quart. Il y a encore les taches du soleil qui apparaissent subitement, et en admettant qu’une portion considérable de la surface de l’astre fut ainsi noircie, on aurait une perte de chaleur et de lumière que l’on pourrait supposer aussi grande que l’on voudrait. Mais il faut dire que d’après les observations les plus modernes, les taches du soleil ont une période de dix ans, après laquelle elles se reproduisent, ce qui semble indiquer que ces accidents légers de l’enveloppe brillante du soleil n’atteindront jamais une bien grande importance, pour diminuer la chaleur ou la lumière de notre astre central. Cependant si un vaste nuage cosmique (nuage du monde), bien compacte, lentement transporté sur les ailes de la fatalité aborde et enveloppe notre soleil, il l’obscurcira pendant tout le temps de son trajet qui pourra être considérable. Une remarque importante de mécanique céleste, due à M. Leverrier, c’est qu’après une rencontre pareille, la masse cosmique continuera son chemin comme auparavant, ne laissant pour trace de son passage que les catastrophes des espèces vivantes sur les planètes, catastrophes dues à une privation plus ou moins longue de la chaleur du soleil. Quand on réfléchit qu’entre 1 été et l’hiver il n’y a qu’une différence de hauteur du soleil, on peut se figurer les effets terribles qui résulteraient d’une extinction complète ou presque complète de la lumière de cet astre. Au bout de peu de jours tout serait glacé sur la terre, et toute l’eau de l’atmosphère recouvrirait à l’état de neige le sol de tous les continents.

Les niasses nuageuses pulvérulentes qui n’appartiennent à aucune étoile,

(1) Les îles de la Nouvelle Sibérie surtout sont remarquables par l’immense quantité d’ossements fossiles d'éléphants, de rhinocéros, de mammouths qu’elles contiennent.

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