PHASES PRIMITIVES
et qu’on a désignées sous le nom de nuages cosmiques, seraient des amas de poussières justement dites poussières chaotiques, qui passent lentement devant les étoiles, et en offusquent momentanément l’éclat. Ces nuages cosmiques, étrangers à la terre, au soleil, à notre inonde solaire, passent à travers les mondes allant on ne sait où, venant d’une région tout aussi inconnue, et d’une nature encore plusprobléniatique que les chemins qu’ils suivent.
Le bilan du monde matériel qui nous entoure, ajoute M. Babinet, mérite d’être dressé exactement. D’abord notre soleil, puis quelques centaines de miljions de soleils disséminés tout à l’entour. Le télescope distingue un à un tous ces soleils voisins, mais dans la profondeur de l’espace, ils s’entassent les uns sur les autres, se confondent et finissent en une lueur blanchâtre, formant une zone en ceinture dans le ciel et qui est connue sous le nom de voie lactée. Compter les millions de soleils d’une si vaste agglomération, cela dépasse le calcul. Qui croirait que notre voie lactée, dont les soleils individuels sont distants d’au moins deux cent mille fois la distance de la terre au soleil, (distance qui est de 40 millions de lieues), est bien loin d’être seule dans l’univers, ou, si l’on veut, de composer l’univers tout entier à elle seule. Les deux Herschell en ont observé et catalogué plus de 40 mille. Il n’y a que la pensée qui puisse aller plus loin que les bornes de cet immense univers matériel, où les soleils sont les grains d’une montagne de sable et où ces montagnes ou amas d’étoiles sont eux-mêmes des grains dans l’univers.
Revenant à notre soleil qui n’est presque rien dans ce vaste amas d’amas de soleils, il faut, pour lui rendre quelque importance, le comparer à notre petit globe ou globule terrestre qui n’en est que la 950 millième partie. Quatre planètes de moyenne grosseur savoir : Mercure, Vénus, la Terre et Mars circulant autour de notre étoile. Puis vient un espace vide. Enfin extérieurement quatre grosses planètes: Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune, tournent autour du même corps massif. Quant à l’espace vide entre Mars et Jupiter, il est peuplé de petites planètes visibles seulement au télescope et que les observateurs de ce siècle ont découvertes au nombre de 50 à 60.
Si les planètes, par rapport au soleil, sont les résidus de la matière qui s’est conglomérée en soleils, d’après les lois primordiales de la création, on peut dire que d’autres petites poussières, balayures du système solaire, ont échappé à la concentration en planètes, comme les planètes avaient échappé à la concentration en soleils, et que ces petites masses, ces embryons de planètes parcourent le ciel planétaire et nous arrivent sur la terre, quand elles s’engagent dans notre atmosphère. Ce sont les étoiles filantes, les globes de feu, les pierres qui tombent du ciel, les nuages subits de poussière cahotique. Par ordre de petite masse nous avons ensuite les comètes dont plusieurs doivent passer d’une étoile à l’autre, comme des messagers arrivant d’un autre système solaire.
Nous ne prendrons pas à la lettre toutes les vues de M. Babinet, mais
GOSMOGÉOGÉN1E.
nous devons lui rendre justice pour sa manière large et grandiose d’envisager le système de l'universalité des mondes.
Astronomie. — La terre est une des huit grandes planètes, elle est aussi une des plus rapprochées du soleil. Comme la pluralité sinon l’universalité des corps célestes la forme de la terre est sphéroïdale. La rondeur de la terre, dans son ensemble, se révèle par la forme exactement circulaire de l’horizon, lorsque le spectateur s’élève un peu au-dessus de sa surface. En mer, un navire disparait ou apparaît graduellement; dans le premier cas les mats sont les derniers à disparaître, dans le deuxième les premiers à paraître par le sommet. En allant du sud au nord on voit l’étoile polaire s’élever de plus en plus sur l’horizon, tandis qu’en allant du nord au sud on la voit s’abaisser graduellement, et atteindre l’horizon quand on est arrivé à l’équateur. Dans les éclipses de lune, lesquelles résultent de la projection de l’ombre de la terre sur la surface de cet astre, on voit le contour de cette ombre comme un arc appartenant à un cercle d'un diamètre triple de celui de là lune. Or, l’ombre de la terre ne peut offrir une forme circulaire que si la terre elle-même est un corps sphérique. Il est inutile d’insister davantage sur ce qui ne peu-t plus faire doute aujourd’hui, rappelons en quelques mots ce qui a trait aux mouvements de rotation et de translation de la terre.
La terre possède un double mouvement : 1° un mouvement de rotation autour d’un axe qui passe par son centre, 2° un mouvement de révolution ou de translation autour du soleil. La rotation de la terre autour de son axe a lieu d’Occident en Orient, et c’est ce mouvement qui produit les phénomènes du jour et de la nuit, ainsi que la révolutiou diurne apparente des corps célestes. Le temps dans lequel s’accomplit la rotation de la terre, se mesure par l’intervalle qui s’écoule entre deux passages de la même étoile fixe au méridien d’un lieu. Or, cet intervalle est toujours exactement le même, car il est démontré qu’il ne peut pas avoir varié de trois millièmes de seconde depuis l’époque des premières observations astronomiques, c’est-à-dire depuis plus de 2000 ans. C’est ce qu’on appelle le jour sidéral, lequel constitue une mesure de temps parfaitement uniforme .
La révolution de la terre, autour du soleil, s’effectue dans une orbite elliptique qui est toute entière dans un même plan, et dont le soleil occupe un des foyers. Le temps que met la terre pour accomplir une révolution dans son orbite, par rapport aux étoiles fixes, est de 56o jours, 6 heures, 9 minutes, 9,0 secondes, c’est ce qu’on nomme l’année sidérale.
Le plan qui contient l’orbite de la terre a reçu le nom de plan de l’écliptique. Mais l’axe de la rotation diurne de la planète, n’est point perpendiculaire à ce plan, il forme avec lui un angle de CG°, 52'4", d’où il résulté que l’équateur delà terre est incliné sur l’écliptique de 23°, 27';ifi". C’est cette inclinaison, appelée obliquité de l’écliptique, qui donne lieu au phénomène des saisons. Enfin comme les deux plans se coupent toujours