PAROLES MUSICALES
§ 710.— Le musicien étant obligé, comme nous venons de le dire, de s'inspirer des paroles pour trouver une mélodie qui s'y adapte parfaitement, il est très important <pie ces paroles soient favorables a la musique, tout en ayant leur valeur littéraire.
Il est donc essentiel que le compositeur ait les connaissances nécessaires pour pouvoir apprécier, sous le double rapport poétique et lyrique, les paroles quil devra mettre en musique.
C'est pourquoi nous rappellerons celles des règles de la versification qui touchent de plus près à notre sujet.
i$ 711. — Pour que des paroles soient musicales, il faut, avant tout, qu'elles aient un caractère. une couleur, une forme, et que leurs développements soient suffisants sans être excessifs.
§ 71'2.— 11 faut, en outre, quelles soient bien rythmées; c'est-à-dire, que leur rythme suit harmonieux et régulier.
La coupe des vers est donc d'une importance capitale au point de vue de leur mise en musique. (Voir plus loin, page 25>2 et suivantes, le chapitre consacré aux différentes coupes de rrrs dans leur application à la musique de chaut.)
§ 713.— Ce qu'on nomme prosodie dans la composition musicale, c'est fart de donner aux paroles que l'on met eu musique, le ton, Y accent et la durée relative qui leur conviennent respectivement, de manière à en obtenir une bonne déclamation .
En d'autres termes, bien prosodier, c'est faire du chant bien déclamé, bien phrase.
Dans son dictionnaire de musique, J.J. kocsseau dit:"Un compositeur qui ponctue et phrase bien est un homme d'esprit."
§ 714.— four bien prosodier, il est bon de commencer, tout d'abord par lire à haute voix les paroles qu'on doit mettre en musique, en les scandant de manière à en bien senlir le mouvement et les inflexions. Puis, on s inspire de celte lecture pour chercher un mot if qui soit bien l'expression des paroles, et qui s'adapte à leur rythme aussi fidèlement que le permettent les exigences musicales; ce qui s'obtient, principalement, en faisant concorder les notes d'appui de la mélodie avec les syllabes d'appui des paroles, (voir $ '24<> ) et en mesurant l'accentuation des sons sur celle des mots, toutes proportions gardées; car. on sait que. pour chanter, il faut soutenir et prolonger les sons beaucoup plus que pour parler.
^ 715.— Par exemple, en mettant en musique les vers suivants:
Né dans une crèche, ilivjn Rédempteur, Ici-lias je prêche,
Les verdis du cœur
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G0UN0U a dù composer sa mélodie de manière a appuyer plus particulièrement sur les mots et les syllabes soulignés ci-dessus, soit en les faisant coïncider avec des temps forts, soit en leur donnant une valeur relativement importante comme accentuation.
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S 716.— Quanl aux autres moraux autres syllabes, il les a plus nu moins appuyés, selon leur valeur dans lu phrase. <>n comprend, d'ailleurs, que, sous ce rapport, une certaine latitude soit laissée au Compositeur; car, s'il devait faire chanter absolument comme on parle, il ne pourrait obtenir qu'une sorte de psalmodie sèche, qui exclurait toute la grâce, tout le charme, qui sont les conditions essentielles s;ms lesquelles la musique ne saurait subsister.
GOUNOD- ,/c'sns lie Kazareth. Publie »\tc P. 'Uni Ii MrA LE HMI, fM-lv.i|.ini.iii'f
Quasi Andante.
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