‹ Traité de composition musicaleChapitre 197 sur 328 · VI · texte numérisé non relu

VI

SERVITUDE DE LA MUSIQUE DE CHANT envers les paroles

!$ 701.— La musique navale se solfie, se vocalise ou s»' chante.

^ 702.— Les solfèges et les vocalises sont îles exercices ou des morceaux de musique vocale «nu* paroles.

8 703.— Les morceaux de chant proprement dits sont composés swr des paroles.

^ 704.— La musique vocale s«ws paroles est maîtresse d'elle-même comme la mimique instrumentale, avec cette différence que, la poij: ayant »io/«.s d'étendue que la plupart des instruments, elle doit se mouvoir dans un espace plus restreint que ces derniers.

^ 705.— Pour la musique vocale sans paroles, de même que pour la musique instrumentale, h' compositeur choisit lui-même son sujet:'\\ donne a ses morceaux tel caractère, telle forme et tels développements qu'il lui plait de leur donner: il les traite, enfin, absolument selon sa fantaisie.

$ 706.— Mais.il en est tout autrement pour la musique de chant, dont les sujets sont fournis par le poète, le librettiste, le chansonnier .

Pour cette musique, le sentiment, la couleur et (jusqu'à un certain point) la coupe et même le rythme, sont imposés au compositeur par les paroles, la situation et la nature des persannages ou des objets en cause.

g 707.— C'est qu'en effet, le compositeur de musique de chant est tenu de s imprégner d'abord des sentiments exprimés par les paroles qui lui servent de te.rfe, ainsi que du caractère général et de la couleur du SM/'e/ (laquelle varie selon les milieux;) de s'en />/>>/ péné/rei;de s'en /?/*pirer, en un mot, afin de les rendre fidèlement, tout en leur imprimant plus de force, plus de relief, par les accents de la mélodie et le coloris de {'harmonie .

^ 708.— 11 est évident, par exemple, que kossini n'était pas libre (s'il eût été d'humeur à le faire) de composer un motif allègre et vif sur les paroles suivantes que chante Arnold, dans Guillaume Tell, en apprenant la mort tragique de son père.

a it x u I. D Ses jours qu'il* ont ose proscrire, Je ne les ai p us défendus!,..

Mon père, tu m'as du maudire!

De remords mon cœur se déchire!

0 ciel! je ne le \ errai plus!

£ 709.— Il n'était pas. non plus, absolument libre d'adopter tel ou tel rythme qui aurait pu lui venir à l'esprit, à cause de l'obligation où il était d'accentuer plus particulièrement les syllabes d'appui (celles que nous indiquons ci-dessus par un trait) soit en les faisant tomber sur les temps forts . soit en leur donnant une durée relativement longue, soit, enfin, par tout autre moyen qui pût favoriser V accent mit ion de ces syllabes en raison de leur importance relative.

ROSSINI- Guillaume Tell, Trio

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