VOYELLES ET SYLLABES SONORES KT MIETTES
§ 727.— Dans toutes les langues, et notamment dans le latin, V italien et le français, les mots qui se composent de plusieurs syllabes en ont toujours une qu'on accentue plus que les autres. C'est ce qu'on appelle la syllabe d'appui, celle à laquelle on donne l'accent /«m/V/mç c'està-dire, l'accent le plus marqué.
j$ 728.— A ce sujet, il convient d'observer, tout d'abord, que le latin et l'italien ne possèdent que des syllabes sonores, attendu qu'on prononce toujours IV.- é ou è comme s'il avait un accent, Ve muet n'existant pas pour eux. Ainsi, les mots latins Kyrie eleison, miserere, ave verum, se prononcent: kyrie eleison, miserere, aie vérum; les mots italiens vetiire.tenere, moderare, se prononcent véniré, téiîéré, modéraré.
§ 729.— Dans la langue française, au contraire, nous avons IV muet, ainsi nommé parce que,
le plus souvent, on le prononce à peine, et parfois même, pas du tout.
bans la prose, par exemple, les mots appeler, prévenir, amener, dévouement, remerciement se prononcent, à peu près, comme s'il y avait seulement: app'ler, prév'nir, am'ner, dévouaient, remercimenl.
$ 730.— Mais, IV n'est pas également mue! dans tous les mots; il en est, même. dans lesquels il ne l'est pas du tout.— Ainsi, on marque, généralement, celui des monosyllabes: je, le,se ou ce, le, me, ne: Je suis; te dirais-je? se peut-il? ce n'est rien; le monde; me trahir; ne pas voir.
(') Nous snpposuns, ici. que le compositeur auquel nous faisun* allusion est de ceux don t la musique est bien caratie'rise'e, el inspirée par un sujet détermine', et non de ceux qui fonl de la musique passe- par tout, n'avanl aucun caractère. et n'allaul mieux ni plus mal à un sujet qu'à un autre.
A.L .'Jte.tî .
Dans ces mois, comme dans ions ceux où l'on articule la syllabe dite muelte.oi peul
|.;is dire que IV soit vrai nt muet; il est plutôt gris, peu coloré, peu sonore, mais il existe
i'l c'est un son.
Ç 7 ;t 1 . i;.s du pluriel ne change pas la prononciation ni l'accentuation de IV muet. <>u
prononce donc de la même manière: une âme pure, des âmes pures; une perle lin.', «les perles fines; une douce chose, de douces choses.
$ 73V.— Enfin, à la dernière syllabe de la troisième personne du pluriel de certains temps do verbes, IV est encore muet, bien qu'il soit suivi de ///.
Ils pleure/i/. ils finissent, ils meur*n/;ils pleurerez»/, ils finirez»/, ils moururent.
Les syllabes dans lesquelles IV est muet, comme celles dont nous venons de parler, lesquelles se terminent par e. es ou en/, sont, pal celte raison, des syllabes muettes.
g 733.— Mais, il est beaucoup de syllabes qui, n'ayant d'autre voyelle que IV sans aucun accent, ne sont pas muettes, cependant.— Telles sont celles qui. écrites par en,em,ent,ens,er<su et se prononcent an.é ou e, connue dans enfant, ezziprunt, entreprise, sezis, aimez-, proje/, etc.
Toutes ces syllabes sont sonores, bien que certaines d'entre elles ne renferment que la voyelle nasale fil qu'on prononce an.