‹ Traité de composition musicaleChapitre 255 sur 328 · COUPLET ET REFRAIN · texte numérisé non relu

COUPLET ET REFRAIN

{5 889.— Chaque strophe mise en musique constitue ce qu'on appelle un couplet.

§ 890.— Le refrain est une phrase qui se répète (paroles et musiqui ) à la fin de chaque strophe.

£ 891. — En principe, tous tes couplets d'une romance ou d'une chanson doivent pouvoir se chanter sur le même air.

§ 892. — Mais, les exigences d'une bonne déclamation, d'une bonne prosodie ou d'une juste expression des paroles, ne permettent pas toujours de Conserver identiquement l'air du premier couplet pour les couplets subséquents, et l'on est souvent obligé d'apporter a cet air des modifications, soit dans le rythme ou l'intonation, soit dans le mode ou la mesure. (Voir, plus loin, papes 299 à 301.)

,v> 893. — En ce qui concerne le refrain, bien que ce qui le caractérise soit la répétiti n des mêmes paroles avec la même musique, on peut, cependant, apporter quelques variantes aux paroles, pourvu qu'on leur conserve la même forme générale.

Voici, par exemple, les variantes apportées aux paroles du refrain de la Romance de DALAYHAC que nous donnons plus loin, page 294.

Refrain du t'r Couplet Mais... je regarde, hélas !

Le bini-aime ne revient pas!

Hefntiu ilu 2"." Couplet N;ns... mais j'écoule, bêlas!

Le bien -aimé ne chante pas!

liefia-in iIh it™' Couplet l'aix!... il appelle, hélas!..

Le bien- aimé n appelle pas '

ROMANCES et CHANSONS de CARACTÈRE

§ 894.— Ainsi que nous l'avons dit (§ 543) des morceaux de même caractère peuvent être construits sur des plans différents.

Ce principe, posé par nous, à propos de musique instrumentale, est applicable aux chants de caractère dont nous allons nous occuper.

Si nous plaçons dans ce présent chapitre ce qui concerne ces chants de caractère, c'est que. le plus souvent, ils se présentent sous forme de couplets, et qu'ils tiennent, généralement, de la chanson ou de la romance, aussi bien par V esprit que par la forme.

§ 895.— Nous nous sommes expliqué au sujet du caractère et de l'origine de la H;ir<-;irolle (§ M7; ) de la Berceuse ( § 5i«;) du Boléro ( § 51»;) de la Polonaise ( $ 526;) de la Tarentelle (§ 528;) et de la Valse (§§ 52» et 530.)

Il nous reste à parler de quelques autres genres, plus spécialement affectés a la musique de chant.

AUBADE ET SEBENADE

§ 896. — L' aubade et la sérénqde sont des romances amoureuses qui se chantent sous les fenêtres de la bien-aimée.

La seule différence qu'il y ait entre elles, c'est que Yauhade se chante au point du jour, tandis que la sérénade se chante à la nuit close.

§ 897.— Il n'y a point pour elles de rythme déterminent leur caractère varie selon les temps et les lieux où se passe l'action a laquelle elles se rattachent, et aussi, suivant le personnage qui les chante et l'esprit général de l'ouvrage auquel elles appartiennent.

païsieilo et, plus tard, rossim ont écrit la sérénade d\iw Barbier de Sérilte" en mesure à deuxquatre; et l'on verra ci-après ( p;i^t> 292) une aubade semi-bouffe écrite à quatre temps.

§ 898.— Cependant, les mesures a trois -huit, trois-quatre et six-huit sont celles dont on s'est servi le plus souvent, pour les morceaux de cette nature, le rythme ternaire ayant quelque chose de plus arrondi, de plus moelleux que le rythme binaire (qui est carre') et, par cette raison, se prêtant mieux aux accents langoureux d'une chanson d'amour.

Du reste, il est à remarquer que, si la sérénade de rossim dont non* venons de parler, est écrite, effectivement, en mesure a deux-quatre, Va partie principale de l'accompagnement est en doubles-triolets, et, par conséquent, en rythme ternaire. (Voir le deuxième exemple ci-après)

§ 899.— In accompagnement de guitare et de mandoline est ce qui convient le mieux au caractère de la sérénade et de Vaubade.

A cela, il y a deux raisons: d'une part, ces deux instruments étant des plus portatif*, il est naturel de s'en servir pour s'accompagner en chantant sous des fenêtres (d'autant plus, qu'ils uo gênent aucunement la \<iiv du chanteur;) d'autre part, ce sont les instruments de prédilection des espagnols; or, 4' Espagne est la terre classique des sérénades.

A.L.itS'.lï.

tj 900.— Pour le théâtre, un simple accompagnement de mandoline ou de guitare étant //•"/< maigre, on lui adjoint, ordinairement, «t«'s pizzicati du quatuor à cordes.

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$ 901. — A défaut de guitare et de mandoline, lus pizzicati dont nous venons de parler suffisent, habituellement, pour accompagner l'aubade ou la sérénade. (Voir l'exemple du £91.11

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