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MUSIQUE DE SALON — MUSIQUE DE THEATRE

§ 10*25.— La musique de chaut composée spécialement pour le salon n'est pas conçue dans le même esprit que la musique de théâtre; ni cela, pour les raisons que voici:

1026.— Toute pièce de théâtre suppose une action, du mouvement, des gestes, c'est-à-dire de la vie. La musique dont on l'accompagne doit, nécessairement, saccorder avec cette action, ce mouvement, ces gestes; elle doit, en un mot, être virante elle-même.

C'est seulement en remplissant cette condition qu'on peut obtenir ce qui s'appelle de la musique scénique.

§ 1027.— La majeure partie des morceaux d'opéras qui peuvent être comparés à ceux que l'on fait pour le salon (airs, mélodies, romances, duos, etc.) sont, le plus souvent, l'expression d'un sentiment général déterminé par une situation particulière.

Chacun de ces morceaux est comme un coin de grand tableau. (')

§ 1028.— Au contraire, les fiieces de vers sur lesquelles on compose la musique de salon, sont autant de petits poèmes qui. dans leur cadre exigu, forment comme un tableau complet de petite dimension.

En raison de V exiguïté de tes pièces, les sentiments et les idées qu'elles expriment sont rapidement esquissés; les détails s'y succèdent plus nombreux et plus pressés,- les nuances y sont plus délicates.

Ici, pas d'action effective, pas de gestes, pas de mouvement réel.

§ 1029.— A la vérité, certaines de ces pièces ont quelqu'analogie avec des airs d'opéras, tant par leur forme que par la nature de leur sujet.

Ce sont, parfois, des récits dramatiques, poétiques ou pittoresques, qu'on intitule scènes ou scènes lyriques, parce qu'on y raconte une action.

Mais ce n'est pas Yacliun elle-même, l'action réelle, puisquelle ne s'effectue pas; donc, ce n'est qu'une fiction, ce qui est bien différent.

§ ÎO.'IO.— Néanmoins., on peut toujours donner, a la musique des pièces de ce genre, une allure plus ou moins théâtrale, un tenant compte, bien entendu, des conditions dans lesquelles ces morceaux de salon doivent être exécutés.

Si donc ces scènes supposent quelques mouvements, il suffit de les indiquer brièvement .

(') Il convient d'observer, pourtant, qui1 certains morceau* [ehansonx el couplets) introduits dans les opéru»,w sont, purfois, que des hori-d'ouavre qui, n'étant pas intimement HA à l'action, nul une grande analogie avec les morceaux ilcsnlon.

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