‹ Traité de composition musicaleChapitre 298 sur 328 · HOM ISCE ET MÉLODIE · texte numérisé non relu

HOM ISCE ET MÉLODIE

£ 1031.— Le mol romance qui, jusqu'à ce jour, a été conservé dans les partitions d'opéra pour désigner les morceaux de chant d'un caractère sentimental, écrits pour une xen/tf roi'.r il divisés par couplets, (jj kno) ce mol romance, disons-nous, esl tombé en désuétude pour ce qui concerne la musique vocale de union.

En effet, depuis un demi-siècle environ, le mot mélodie est appliqué à tout morceau de chanlso/o écrit pour le salon, quelle que soit sa forme et son caractère; b moins, cependant, que ce ne suit niir scène (§i037)ou une chanson.

§ 1032.— Avant cette époque, on n'appelait mélodie qu'un morceau dont toutes /es strophes n'étaient pas mises sur la même musique.

§ 1033.— Mais, le mot romance étant tombé en défaveur (comme chose surannée) el le mot mélodie étant devenu « /<y Mioflfc*, les romances, comme les autres morceaux de chant-solo, ont été appelées mélodies.

Kt cette défaveur du mot romance a été telle qu'on a débaptisé des morceaux qui. sous cette dénomination, avaient m de très grands succès, pour les appeler du nom a la mode, sans, d'ailleurs, qu'aucune modification ait été apportée à leur forme primitive.

Nous-mème, nous avons dû subir la tyrannie de cette mode,ei intituler mélodies de simples romances, que les éditeurs eussent refusé de publier sous ce dernier titre.

§ 1034.— Il importe, pourtant, d'établir une distinction entre le morceau dont l'air est le même pour toutes les strophes, c'est-a-dire, le morceau à couplets (§ 886) et celui dont les: slro~ plies ne sont pas toutes sur le même air.

Nous appellerons le premier, mélodie-romance, et le second, purement et simplement, mélodie.

FORMES DIVERSES des morceaux de chant composés pour le salon

£ 1035. — On peut donner, aux morceaux de chaut que l'on compose pour le salon, telle forme que l'on veut, pourvu que cette forme cadre bien avec les paroles.

£ 1036.— Parmi les petits poèmes lyriques destinés au salon.il en est qui sont coupés de telle sorte que Informe générale de la composition musicale qui doit leur être adaptée en est clairement indiquée par les paroles.

$ 1037. — Il s'en trouve, par exemple, qui se composent de trois périodes distinctes, de coupes différentes ; savoir : 1- Y exposé du sujet, en quelques vers de dix ou douze pieds ( c'est le récitatif; ) 2'- de paroles expressives et d'un caractère posé, qui demandent un canlabile (c'est l'</»idanie-;) 3- de paroles plus animées qui réclament un mouvement plus vif (c'est l'allégro.)

Ces morceaux, dont Informe générale, esl, comme on le voit, celle d'un air d'opéra,(% 858) ces morceaux, disons -nous, sont ceux que, dans la musique de salon, on appelle scènes lyriques, scènes dramatiques, ou scènes tout simplement.

{$ 1038.— Il en est d'autres (et c'est le plus grand nombre) qui, se composant de strophes égales avec ou sans refrain, indiquent nettement lu forme-romance. (§ astf)

l I. 9HHÏ.

§ 1039.— Lorsque ces petites pièces commencent elfinissenl par le re/'rain,c'est informe-rondeau. (§§ 92s et 93o)— Nous appellerons Mélodie-rondeau tout morceau commençant et finissant par lurefrain, dont les strophes intermédiaires ne sont pas toutes sur le même air. (Voir, ci -après, Plaisir d'amour.)

$ 1040— Quant aux pièces de vers qui n'ont pas été spécialement écrites pour la musique, on en trouve, sans doute, de toutes les formes et de tous les genres.

§ 1041.— Mais (si l'on en excepte le sonnet, dont la forme est particulière) ces pièces, le plus souvent, sont divisées uar strophes égales de trois ou quatre à huit ou dix vers.

§ 104'2.— Lorsque chacune de ces strophes, ainsi taillées sur le même patron, est assez développée pour former un coup/et de dimension raisonnable, et que les idées ou les sentiments exprimés par les uns et les autres sont suffisamment homogènes, on peut faire, de ces strophes, une mélodie-romance ou une chanson, selon le caractère des paroles.

Pour la mélodie-romance on n'admet, habituellement, que trois couplets; mais, la chanson en a. souvent cinq, et parfois davantage.

Jj 1043.— Quand les strophes qu'on doit mettre en musique sont courtes et nombreuses, il est préférable, si l'enchaînement des idées le permet, d'en réunir deux au trois dans un même couplet, plutôt que de les faire aller toutes sur le même petit air, dont le retour incessant deviendrait insupportable.

^ 1044.— D'ailleurs, la forme-romance n'est nullement obligatoire pour les pièces dont les vers sont groupés par strophes égales, et l'on peut, quand on le juge à propos, leur donner à'autres formes musicales; de celles, notamment, dont toutes les strophes ne sont pas mises sur la même musique, et que nous intitulons mélodies (§§ 1032 et 1034)

8 1045.— Seulement, en ce- qui concerne ces dernières, il faut, autant que possible, et pour les raisons que nous avons exposées aux §§ 511 a 515, s'arranger de manière à ce que l'un des motifs principaux (si ce n'est deux) revienne au moins une seconde fois.

§ 1046.— Avec certains genres de poésies, cette dernière condition n'est pas toujours facile a remplir.

Le sonnet, par exemple, qui se compose de deux quatrains suivis de deux tercets, ne se prête que rarement a la reprise du motif principal, la période des tercets ne répondant à celle des quatrains , ni par le nombre de ses vers, ni par l'ordre dans lequel se succèdent les rimes masculines et féminines.

S, 1047.— Si l'on ne peut répéter intégralement l'un des motifs principaux, il faut tâcher, du moins, d'en obtenir des développements (par imitation ou déduction) afin quil y ait unité d'idée dans la composition.

Ces développements doivent être, nécessairement, appropriés aux paroles dont ils sont Vexp ress i o n m us ira le .

§ 104N.— Pour en revenir aux pièces de vers qui, divisées par strophes égales, permettent de donner a la musique Va forme -romance ou la forme-mélodie, nous devons faire observer que beaucoup de ces pièces sont trop longues pour entrer en totalité dans la composition d'un simple morceau de chant.

Lu pareil cas, on se voit obligé de faire une sélection parmi les strophes trop nombreuses dont elles sont composées, afin de ne point dépasser lus proportions raisonnables qu'on

peut donner a ce genre de composition.

C'est ainsi qu'ayant eu l'heureuse idée de mettre en musique "Le lac"cette belle méditation de lamahti.nk, qui se compose de seize strophes de quatre vers, dont trois alexandrins, NIEDERMEYER en choisit six, savoir: 19 les trois premières, dont il fit un chaut déclamé de quarante-deux mesures a quatre temps simples (C) comprenant trois périodes (une par strophe; ) 29 les quatrième, treizième et seizième dont il fit trois couplets de dix-huit mesures à g , qu'il intitula romance.

De son côté GOUSOD. ayant eu la non moins heureuse idée de puiser a la même source"Le soir" et "Le vallon" il y fit. pour sa musique, les sélections suivantes:

Le soir" du i \m\uiim se composant de treize quatrain» du huii pieds, gounod en donl il fil deux couplets du trois strophes chacun* — Pour le Vallon, au\ se compose de trains de vers alexandrins, il lïl un récitatif chaulant dus quatre premiers vers, puis, ///<•/> de rfe«.r strophes chacun: les neuvième et dixième (mur le premier couplet, les treizième pour le second.

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