DE LA FIGUE
§ 240.— Lu fugue est mm genre de composition d'une espèce particulière, qu'on induit aborder qu'après avoir t'ait une étude sérieuse du contrepoint, dont elle est en quelaue sorte, le couronnement ,
Les traités de contrepoint et fugue sont assez nombreux. Pour ne parler que des ouvrages composés en tangue française, il \ a ceux de ciiKiuuiM.de unis et de rkicha. Il y a aussi le couru de contrepoint de notre ancien Maître KlUNCuls iu/ix; mais, celui-ci ne comprend pas l'étude de la fugue.
J5 241.— Sans prétendre donner sur celle matière, un travail complet, qui, à lui seul, remplirait tout un volume, nous ne saurions nous dispenser de fournir quelques explications sur la conte.i/ure de la fugue, qui, au point de vue du développement des idées, peut servir de modèle a tout morceau de musique sérieuse avant quelque importance.
L'élude de h fugue est, en effet, la meilleure préparation pour acquérir l'art de développer une idée et d'en tirer tout le parti possible; car, ainsi qu'on va le voir, fous les éléments qui concourent ;i la composition d'un morceau de cette nature, doivent émaner, directement ou indirectement, de l'idée première ou thème principal que l'on nomme sujet.
Voici, d'ailleurs, comment s'exprime CHÉHUBIM à cet égard (Cours de contrepoint et fugue, page 106.)
"Tout ce- qu'un lion compositeur doit savoir peut trouver place dans Infugue; elle est le type "île tout morceau de musique; c'est-à-dire que: quelque morceau qu'on compose, pour qu'il soit bien "conçu, bien régulier, pour que la conduite en soit bien entendue, il faut que, sans avoir précisément "le caractère et les formes de la fugue, il en ait l'esprit."
^ 242 — Les éléments constitutifs plus ou moins importants d'une fugue sont: i" le sujet, thème principal; 2- la réponse, conséquence du sujet; 3- le ou les contre-sigefs; 4- les épisodes ou divertissements ; 5" le stret/o ou la strelte; 6- la Pédale.
§ '243 — Avant d'entrer dans des explications sur chacun de ces éléments, il importe de faire observer qu'il va plusieurs espèces de fugues, dont les deux principales sont la fugue du ton ou fugue tonale et la fugue réelle.
§ 244. — Il y a aussi la fugue d'imitation; mais celle-ci, par sa fantaisie , échappant plus ou moins ii la règle, nous ne pouvons traiter ici que de la fugue d'école, c'est-à-dire: celle qu'on enseigne dans les Conservatoires .
§ 245.— Nous ajouterons: qu'une fu g ne peut être vocale ou instrumentale, qu'il y en a à deux, trois, quatre parties et plus; et que toutes ces parties doivent être concertantes.
D l SUJET
$ 246. — "Le sujet, OU thème de la fugue, ne doit être ni trop long ni trop court; sa di- "mension doit être telle qu'il puisse aisément se graver dans [« mémoire, et que l'oreille le saisisse "et le reconnaisse avec facilité, dans les différentes parties et les différents modes OÙ le COIlipo- "siteur l'a placé." ICHEMl'Bl.Nl)
$ 247. — D'après ce principe, un sujet peut avoir de deux a huit mesures, (rarement davantage) selon le nombre des temps que ces mesures renferment, et le mouvement qu'on leur donne.
J.S.BACH— si jkt de '2 mesures . onslow— mjvt il.' r> mesures
reber — m jii de s mesures
g 248. — De la structure du sujet dépend la nature de la fugue; ainsi, le sujet d'une fugue dii tou est autrement conçu que celui dune fugue réelle, comme on le verra ci-après.
§ 249. — La /(mit/ne et la dominante étant les meilleures notes d'attaque, les meilleurs points de repos, c'est ordinairement par .l'une de ces deu.v notes que commencent et finissent les sujets de fugue.
DUBOIS SUJKTS.-«/fl majeur
Sujet commençant et finissant par la tonique .
Sujet commençant par la tonique et finissant par la dominante.
Sujet commençant parla dominante et finissant par la tonique.