CHAPITRE n
OFVIIE9 DE SEBTICKS.
La lettre où Ton fait pour la première fois Toffre de ses services à une maison de commerce avec laquelle on veut entrer en rapports, doit contenir, autant que possible, le nom des amis sous les auspices desquels on fait cette démarche.
C'est la meilleure manière d'entrer en relations j elle prouve le désir de se lier avec un commerçant qu'on estime, par le soin même que Ton prend à s'en ménager les moyens.
Il suffit quelquefois de se recommander simplement du nom d'un négociant renommé ou du premier ordre, avec lequel on est depuis longtemps en relation d'affaires, surtout s'il habite la même ville, le même pays, et s'il est connu de la maison qu'on sollicite.
Beaucoup de personnes trouvent un prétexte convenable et suffisant d'introduction dans le plus léger motif, dans la première occasion que le hasard présente, et ils le saisissent avec empressement.
Au reste, il est admis que, sans invoquer d'auspices, sans faire valoir aucune recommandation, ou même sans le moindre prétexte, les commerçants adressent leurs offres de services à des maisons qui ne leur sont connues que de réputation.
Si COBRESPONDANGE COMMERCIALE.
Dans ce cas^ ils entrent tout simplement en matière. Après un préambule flatteur pour la mai son dont ils sollicitent la correspondance^ ils font connaître le cours des marchandises et proposent des afi'aires de nature à exciter les demandes (1).
Quant à la forme à donner à ces lettres^ on verra qu'elles ont beaucoup de rapports avec les circulaires^ dont elles difi'èrent^ cependant^ en ce points qu'elles sont écrites à la main et pour une seule maison. Âussi^ est-ce une occasion, plus convenable que dans les circulaires imprimées^ de faire des offres plus obséquieuses. On peut y donner un libre cours à ses témoignages d'estime, à ses assurances de dévouement^ se montrer enfin plus empressé; ces efibrts^ qu'on suppose ne s'adresser qu'à un seul correspondant^ paraissent en avoir plus de prix et de sincérité.
Ces lettres de premières offres de services sont délicates et difficiles à rédiger, car il faut y conservée une sorte de dignité^ tout en faisant preuve d'empressement. L'écueil à éviter est la flatterie outrée ou trop de servilité; il faudrait y montrer une aisance facile, une élocution presque recherchée, afin de pallier sous l'élégance de la forme ce que le fond a de vulgaire.
On doit y exposer sa manière de traiter, le mode de paiement, le terme du crédit ou les diverses conditions que l'on a établies avec ses autres correspondants.
En résumé, pour atteindre le but qu'on se propose, le secret est de s'adresser aux intérêts du commerçant en lui fournissant dans la lettre même, par une proposition avantageuse, une occasion naturelle et lucrative de répondre utilement aux prévenances dont il est l'objet.
(0 II est atile de dire ici qae les offres de marcliandlses, faites ainsi par lettres individuelles, engagent légalement beaucoup plus que par circulaires, et sont considérées comme une proposition sérieuse de vendre ; de telle sorte que si la lettre de demande de ces marchandises suit immédiatement celle des offres, il y a engagement, et l'on ne peut plus se refuser à livrer sous le prétexte qu'on aurait venda dans l'intervalle.
Il faat donc, pour ne pas être trop longtemps lié, exprimer que la proposition n'est faite que sous la réserve que la marchandise proposée ne sera pas vendue au moment de la réception de la demande.
OFJTRBS DE SXRyiCES. 35
Lille, le... 18*.
Hoiuieur F., à Lyon.
Nous ayons Tayantage de tous présenter, tons ce pli, le taax de nos recouyrements poar les effets sur les yilles qui y sont relatées ; nous désirons qu'il yons engage à nous remettre yos yaleurs sur nos environs; nousyous en couvrirons en papier à votre convenance, au pair, valeur à l'échéance, •ans commission ni ports de lettres.
Nous pensons que l'examen de notre tarif voua engagera, par la mod^ ration de nos conditions, à nous accorder une préférence dont beaucoup de moisona de notre ville nous ont déjà honorés*
Nous avons Thonneur de toob saluer avec considération.
CHARY£Tet(X
Pour fixer votre opinion sur la confiance que vons pouves nous accorder, nous vous prions de vousadres&er aux maisons d-après, de qui nous sommes parfaitement connus.
Perrégaux, Laffite et O 0. Worme de Romilly.
Oppermann, Handrot et O».
J.-P. Chevals.
Guérin de Foncin et Cio*
Bordeaux, le... 18*« Memieur G. B., à Paris.
Mon ancienne maison ayant été dissoute d'un commun accord, le 31 da mois dernier. J'ai l'honneur de vous faire part que le 1» de ce mois, j'ai formé, BOUS la raison de Ch.-E. Bethman et O, un nouvel établissement qui continuera, avec une augmentation de capitaux, les affaires de ma société précédente. J'avais compté vous adresser, le l«r janvier, la circulaire contenant l'annonce de ce changement ; mais FabseDce de l'un de mes as* sociés actuels m'empêche de vous l'envoyer, et je ne pourrai le faire probablement que dans le courant de février.
J'espère, Monsieur, que vous accorderez à notre nouvelle maison la même confiance dont vous avez toujours honoré celle qui vient de se dissoudre. Tous saves tout le prix que J'attache à nos relations avec vous, et rien ne pourrait m'ètre plus agréable que de les rendre de iplus en plua
36 CORRESPONDANCE COMHERGTAIE.
fréquentes. C'est arec le dérouement le plat sincère qae Je tous offre mes serTices pour toutes les affaires que tous pourrez avoir sur notre place, et Je TOUS prie de croire, qn'en recourant au ministère de ma maiM>n, tous n*aorez Jamais qu'à tous louer de son xèle pour tos intérêts.
Les affaires sont toujours sans mouToment eiies nous; les achats en marchandises se bornent aux besoins de la consommation» et il ne se fait que peu do chose en change; Je tous fournis d-Joint la note.
J'appelle surtout Totre attention sur le papier sur Madrid qui est trèsabondant et sans preneurs. 11 ne paraît pas susceptible d'une hausse prochaine, parce que beaucoup de maisons s'en sont surchargées pour répondre aux besoins que faisait préToir l'emprunt d'Espagne.
Londres, Amsterdam et Hambourg n'offrent point de papier et sont rc* cherchés depuis quelque temps.
RcceTes, Monsieur, l'assurance do ma considération la plus parfaite.
Ed. BëTUMAN.
Lorient« Ie«.. 18..
Messieurs T. N., & Paris.
J'ai reçu la lettre que tous m'aTez fait l'honneur de m'écrire, le 21 courant, me rappelant les opérations de l'année dernière sur lesquelles nous marchons d'accord. Je me félicite comme tous. Messieurs, de n'être pour rien dans les calamités qui Tiennent d'affliger le commerce ; la prudence et la circonspection Tont être plus que Jamais à l'ordre du jour.
Vous Toulez bien me manifester le désir de renouTeler quelques affaires ; Je le partage bien sincèrement, et Je Terrais aTCc le plus grand plaisir qull TOUS conTÎnt de disposer de mes serTices.
Soyez persuadés, Messieurs, que tous trouTcrez chez moi, outre la plus scrupuleuse exactitude, toutes les faciUlés compatibles avec nos intérêts réciproques.
Quelle que soit la nature des opérations que tous Toudrez bien me confier, comptez que nul autre correspondant, soit de cette place, soit de toute autre, n'y apportera plus de zèle et de désintéressement.
J'ai l'hoonour de tous saluer bien affectueusement.
Jh. FOORGHON.
Londres» le*.. 18.* Homfear M., à Paris.
Noos ayons Tbonnenr de vous annoncer que, d'ordre et pour compte de notre ami commun, M. Decle Heman, de Lille, nous ayons pris la liberté de tirer sur yous une traite de fr. 5,500, à trois mois d'échéance, à Tordre de M. S. Goestier; nous recommandons cette disposition à yotre bon accueil.
Nous saisissons ayec empressement cette occasion de yous faire Voffre de nos services ; nous serions flattés que vous pussiez trouver de fréquentes occasions d'en faire usage.
Nous yous soumettons notre cote d-Jointe et vous saluons bien sincère* ment*
P. DE CHAPEAUROUGE et G»».
Rouen, le... 18..
Blessicurs D. G., à Parla.
J'ai l'honneur de vous remettre ci-Joint mon tarif de recouvrements ; je serais cliarmé qu'il vous présentât des avantages et que vous fussiez disposés à m'honorer de votre confiance en m'adressant de préférence toutes vos valeurs sur les départements ; il me serait également agréable de recevoir votre papier sur Paris de deux à quatre mois, au taux de 4 p. 0/0, en petits effets ou gros coupons.
Désirant que mes propositions puissent vous convenir, et dans l'attente de vos favorables nouvelles.
Je vous présente, Messieurs^ mes salutations les plus distinguées.
DE MIANAY.
Rouen, le... 18..
Messieurs J.-J. G,, à Paris.
Je vous fais mes offres de service pour vos effets sur province; je puis n'en charger à un taux très-modéré. Si ma proposition vous est agréable.
38 COltRESPONBAÎÏGE CôiaOUlCtAtS .
J« ▼OQs'prie de me faToriser d'ane réponie, et Je tous fenl pmer one note de reeouTrement qol toub préflentera de grands aTantaget.
811 TOUS eonyient de m'enroyer du papier for Paris et Rooen, long on court, Je le receTral arec plaisir ; Je tous coarriral de toi enTOis en Parii échu.
Jamais mes retours ne se feront attendre.
Dans ('espoir de toi noarellesy je tous présente mes salutations dneères.
REMY CABAN fils.
Rouen, le... 18..
Monsieur R., à Paris.
Broccupant depuis bien des années de banque et de reeouTrementssnr la province, je yiens. Monsieur, tous offrir mes seryices pour le placement des valeurs qae vous auriez à recouvrer sur toute la France.
Je TOUS adresse inclus un tarif de recouvrement où la modicité des prix TOUS engagera, je l'espère, à me remettre de fréquents bordereaux; tous 9 n serez couvert par le retour du courrier.
J'ai l'honneur de tous saluer.
F. GREMET.
Paris, le... 18..
Monsieur R., h Cacn.
Lors de la visite que j'ai eu l'honneur de tous faire, il y a quelques jours, vous m'avez demandé quels seraient mes prix de recouvrement pour les principales places de la Normandie. Je vous en donne l'indication par la note ci-jointe, et j'ai l'espoir que sa modération vous engagera à faire un fréquent usage de mon ministère.
J'ai l'honneur de vous saluer.