‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 2 sur 118 · HF . F · texte numérisé non relu

HF . F

Poissy. — Tyiiugraphie AiiBiao.

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TRAITÉ

DE

GORRESPONDANGE COHHERGIALE

Les négociants^ presque toujours séparés par de grandes distances^ ne peuvent communiquer entre eux qu^à l'aide de la correspondance ; c^est elle qui leur donne les moyens de s'entretenir de leurs intérêts, c'est par elle qu'ils s'éclairent dans leurs opérations et puisent à des sources certaines les connaissances qui doivent en assurer le succès. Par la correspondance, ils s'instruisent des usages et des lois des différentes nations, apprennent à en connaître les besoins et les produits, nouent et resserrent leurs liaisons, étendent et activent leurs rapports.

Spéculations, achats, ventes ou traités quelconques, tout se négocie, se discute et se conclut par lettres.

La correspondance est donc l'âme du commerce; elle influe essentiellement sur la prospérité des affaires d'une maison par la manière plus ou moins habile dont elle est tenue : négligée, elle refroidit les correspondants, laisse éteindre peu à peu les liaisons, et s'échapper bientôt des opérations qui sont confiées à des concurrents plus attentifs ; au contraire, une correspondance active, pressante, soutenue, réveille les commettants, provoque leurs ordres,

et fait naitre des affaires auxquelles ils n'eussent pas songé.

lyun autre côté^ comme il n'est pas rare qu'on juge des hommes sur leur langage ou leurs dehors^ il arrive aussi^ dans le commerce^ qu'on juge d'une maison par sa correspondance. On peut en effets par une observation attentive, apprécier Tordre et Thabileté qui président à ses affaires, comme on pourrait pressentir la négligence et le désordre qui s'y seraient introduits.

On ne saurait donc apporter trop de soins à cette partie importante, qui exerce une influence si grande, si directe sur la prospérité d'une maison de commerce, et dont le moindre mérite sera toujours de la faire juger favorablement au dehors.

Le meilleur moyen de se former à la correspondance commerciale est, sans contredit, de l'étudier dans le Copie de lettres des principales maisons de commerce, de celles, surtout, qui se livrent à des opérations très-variées. Mais, indépendamment de ce que peu de personnes ont ces livres à leur disposition, cette étude a toujours le grave inconvénient d'être faite sans méthode, sans analyse et sans préceptes. Or, les préceptes, nés de l'observation, indiquent les usages consacrés qui régissent la matière; ils font mieux apprécier le mérite des lettres qu'on étudie, et dirigent plus sûrement dans les applications qu'on veut faire soi-même.

Isolés des préceptes, les meilleurs exemples ne seraient que d'une faible utilité^ et les préceptes serviraient bien peu s'ils n'étaient appuyés de bons exemples.

Ces vérités, confirmées chaque jour par une longue pratique, comme négociant et comme professeur, nous ont conduit à penser qu'il pourrait être utile de publier un ouvrage qui ne fût pas seulement un recueil de lettres, mais encore un traité élémentaire et complet, où la règle précédât toujours l'exemple, et dans lequel on pût, i la

fois, se pénétpep des principes généraux de la correspondance du commerce^ et se former à son style.

On éprouve, il faut l'avouer, quelque embarras à traiter, sous un point de vue méthodique et général, la correspondance commerciale, sur laquelle influent tant de circonstances diverses, qui prend des tons si différents, et qui varie si fréquemment de couleur et de physionomie. Comment ramener à des principes fixes un sujet aussi indéterminé? Comment analyser avec précision une matière nécessairement aussi vague ?

C'était là une difficulté sérieuse; nous n'avons espéré la surmonter qu'après avoir reconnu combien ces lettres si dissemblables qui, prises isolément, paraissaient n'avoir entre elles aucune analogie, avaient au contraire, considérées en masse et soumises à l'esprit d'analyse, des rapports communs, permettant de les classer méthodiquement en divisions générales.

Ainsi le commissionnaire, le négociant, le banquier, Parmateur ou le manufacturier, n'ont-ils pas tous également besoin de faire des offres de services, de s'informer de la solidité de leurs correspondants, de transmettre des ordres, de donner des avis, d'adresser des réclamations ou des plaintes ? Quelle que soit donc la diversité des genres de commerce qui nous ont fourni nos exemples, ils seront également utiles à toutes les classes de commerçants dont les besoins sont, au fond, les mêmes, quoique leurs opérations semblent varier en raison des différentes espèces de denrées ou de valeurs qui font l'objet de leurs transactions.

Par ces motifs, nous avons divisé notre livre en autant de chapitres qu'il y a de sujets généraux de correspondre, et nous les avons intitulés : Offres de services, Circulaires, Entrées en relations, Renseignements, Commandes, Plaintes, Avis, Lettres de crédit, de recommandation, etc.

Chacun de ces chapitres est précédé d'un préambule renfermant quelques indications utiles^ les usages admis^ ce qu'il 7 a enfin de bien déterminé sur l'espèce de lettres dont le chapitre est l'objet.

Tel est le plan suivi dans ce traité; il nous a paru le plus propre à présenter l'instruction d'une manière méthodique et à rassembler, sous un point de vue facile à saisir, lathéo* rie ou l'esprit de la correspondance commerciale.

On objectera peut-être que ce Traité ne peut enseigner à écrire que des lettres courantes et d'un constant usage; mais ce sont là précisément les plus nombreuses, et par conséquent les plus utiles. Quant à ces lettres exceptionnelles, que de rares incidents font naître, il n'y a pas à s'en occuper ici, puisque, quelque modèle qu'on donnât sur des sujets aussi vagues, chaque rédacteur se trouverait encore réduit à les traiter selon sa capacité naturelle ou son degré d'éducation.

Au surplus, ces lettres qu'on ne saurait classer, ne de* vaient point trouver place dans ce traité, où l'on n'a prétendu donner que Tanalyse des principes de Tart épistolaire du commerce, et rapprocher dans un volume les parties essentielles qui le constituent.

Ce qui ajoute à l'intérêt de notre livre, c'est que nous avons préféré pour exemples des lettres réelles, dont les onginaux existent entre nos mains. Nous avons cru nécessaire de publier ces documents comme une fidèle exposition de ce qui a lieu dans la réalité des afiaires.

Nous nous estimerons heureux si notre expérience nenous a pas fait défaut dans l'exposé de nos préceptes, et si ce livre est de quelque utilité pour nos jeunes successeurs dans la carrière honorable et ditflcile du commerce.

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