‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 3 sur 118 · REGISTRE DES COPIES DE LETTRES · texte numérisé non relu

REGISTRE DES COPIES DE LETTRES

Le livre auxiliaire^ où Ton copie les lettres que Ton écrite est nominativement prescrit par le Code. Cette près* cription témoigne de Timportance qu'y attache le législateur.

L'article 8 stipule: a Tout commerçant est tenu de mettre en liasse les lettres missives qu'il reçoit, et de copier sur un registre (1) celles qu'il envoie, d

Si Ton a dit que la conscience du négociant était écrite dans ses livres^ c'est sans doute au Copie de lettres qu'on a voulu faire allusion ; car c'est, en effet, là qu'il se montre à découvert, qu'il parle, qu'il agit ; c'est là que sa con« duite apparaît dans toute sa vérité.

Le Copie de lettres est, sans contredit, le plus important des livres auxiliaires, en le considérant sous le rapport de la comp abilité, du droit et des relations commerciales.

io Sous le rapport de la comptabilité, la Copie de lettres

(i) Le livre de copie de lettres n'est pas soumis à la formalité du parafe etda Tisa comme le journal et le livre d^inventaire.

A l'époque de la promulgation du Code, on n*avait pas encore inventé la presse mécanique à copier. Depuis qu'on obtient, par ce moyen, la copie exacte des lettres, on conserve en main un véritable titre dont l'adversaire, en cas de litige, ne peut contester la fidélité, puisque c'est la reproduction absolument identique de la lettre qu'on lui a écrite.

6 COERESPOKDANGE GOMMERGIALE.

peut servir à dresser^ d'une manière complète^ le compte courant d'un correspondant ; car il est de règle de Tinformer exactement^ dans les lettres qu'on lui adresse^ des sommes dont on débite ou crédite son compte. Il suffit donc de parcourir la série des lettres écrites à un même correspondant^ et d'en extraire les articles de comptabilité pour obtenir son compte.

Dans quelques maisons de commerce^ les comptes courants sont^ d'abord^ dressés de cette manière sur la correspondance^ puis on les coUationne ensuite avec ceux inscrits sur le grand-livre. Cette marche établit un contrôle et ne laisse échapper aucune erreur essentielle.

^ Sous le rapport du. droite le Copie de lettres devient une arme puissante contre la mauvaise foi, car^ en cas de difficultés^ il fait preuve entre commerçants devant leurs tribunaux.

3o Enfin^ sous le rapport des relations commerciales^ le négociant retrouve dans ce livre l'historique de toutes ses opérations ; il peut^ en parcourant la suite des lettres qui lui furent adressées (1) et de celles qu'il a écrites^ revoir

(i) DU BEPERTOIIIE* On dresse un répertoire à la fin da Copie de lettres pour retrouver plus promptemeot toutes celles écrites à chaque correspondant.

Le nom de cbacun est placé à son ordre alphabétique, et on le fait suivre, à mesure qu'on lui écrit une lettre, du folio ou numéro de la page oti elle est copiée. La série de numéros qui en résulte, à la suite du nom de chaque correspondant, fait retrouver avec facilité toutes les lettres qu'on lui a écrites.

Après avoir porté le folio au répertoire, on écrit sur le Copie de lettres, en marge de la lettre que l'on vient de copier, Répertoire, ou simplement un A, lettre que l'on fait suivre du numéro de la page, sur laquelle est copiée la dernière lettre que l'on a écrite. Ces numéros forment un enchaînement qui abrège considérablement les recherches.

9E8 LIASSES. Pour mettre en liasse les lettres reçues, on les plie en deux dans leur longueur; on inscrit sur le dos, en haut, la date de la lettre, au-dessous le nom du correspondant, enfin la date de la réponse.

On met successivement les lettres les unes dans les autres, dans leur ordre naturel de date, aussitôt après qu'on y a répondu, ce qui forme pour chaque correspondant un paquet qu'on range à sa lettre initiale. dans un casier portant, sur ses vingt-dnq cases ou cartons, les lettres de Talphabet. Ces lettres y restent ainsi pendant toute l'année à portée d'être consultées ; mais, dans les premiers mois

Page 1