‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 37 sur 118 · OU RÉPONSES AUX DEMANDES D'INFORMATIONS · texte numérisé non relu

OU RÉPONSES AUX DEMANDES D'INFORMATIONS

C'est une mission assez difficile que d'avoir à transmettre des renseignements sur une maison de commerce.

£n effets il s'agit moins ici de la forme convenable à donner, que du fond essentiel dé la note à rédiger sur un sujet de cette importance.

Certainement, le bon négociant parlera^ dans cette circonstance^ avec la plus grande franchise à ses amis^ et les instruira de la situation vraie de la maison sur laquelle des renseignements sont réclamés ; il n'omettra, ni de citer les avantages particuliers qui la distinguent, ni de signaler les circonstances défavorables qui doivent modifier son crédit. En homme probe, il se dépouillera de tout esprit de rivalité^ s'il 7 a concurrence entre cette maison et lui^ comme il se défendra de l'entraînement inspiré par l'intérêt ou l'amitié qui pourrait le lier lui-même au chef de la maison sur laquelle on le questionne^ en un mot^ il s'exprimera selon sa conscience intime^ indépendamment de ses intérêts propres ou de ses préventions personnelles.

Lorsqu'on insère dans le corps de la lettre les renseignements demandés^ on supprime le nom de la personne qu'ils

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concernent^ et^ nous Tavons déjà dit dans le chapitre précédent^ il est plus prudent encore de n'y rien dire^ et de renfermer les détails, sur lesquels on veut s'étendre^ dans une note séparée, sans signature et sans nom même de la maison qui en fait le sujet ; c'est par cette réserve extrême que certaines personnes entendent prévenir les conséquences fâcheuses que le hasard^ l'imprudence ou l'indiscrétion pourraient entraîner.

La seule règle à donner pour cette note détachée, c'est qu'elle doit être brève et substantielle.

On 7 passe succinctement en revue chacune des bases essentielles sur lesquelles reposent en général le crédit, les capitaux présumés de la maison, l'habileté du chef, sa prudence en affaires et sa moralité ; on y parle, en outre, des circonstances particulières capables d'influer sur le crédit, ou qu'on a Jugées devoir intéresser plus spécialement l'ami qui nous interroge.

Ceci s'applique aux renseignements qu'il s'agit de donner approfondis et complets, car, dans les cas ordinaires, la plupart des maisons se contentent de dire laconiquement : Cette maison est de tout crédit; ou : elle est mauvaise ; ou : elle passe pour bonne ; ou : elle est faible.

Quelques personnes fixent le chiffre et l'importance du crédit qu'elles accorderaient elles-mêmes; d'autres, plus circonspectes, restent dans les généralités.

Certains commerçants, après avoir donné sincèrement leur avis, ajoutent cette restriction singulière : sans aucune responsabilité de notre part» Cette mention est parfaitement inutile, et tout le monde doit savoir que, pour des renseignements donnés, il n'y a aucune responsabilité légale, ni même morale, en ce sens qu'on agit là selon ses convictions ou sa conscience, et sans autre intérêt que celui d'obliger.

Quant aux demandes de renseignements sur des marchandises ou autres sujets divers, les réponses à faire sont moins l'œuvre du rédacteur d'une correspondance, que Topinion d'un négociant expérimenté. Il faut pour donner

BENSItOKSMBNTS. 407

des renseignements sur les qualités et les défauts des marchandises^ des notions spéciales qui ne sont pas de notre sujet. Nous nous bornerons à dire que les demandes de ce genre donnent lieu à des réponses annonçant renvoi d'échantillons^ ou les échantillons eux-mêmes appendus i la lettre s'ils sont d'un très-petit volume 5 ces mêmes lettres portent souvent aussi des factures simulées d'achat, des comptes de ventes également simulées ; factures et comptes sur lesquels on fait figurer les plus petits détails de frais^ fort utiles à connaître en certains cas.

' PariSi le... 18..

tfomleur F. I.» è Ptrit.

NoQB connaissons, Monsieur, H. G. comme ayant travaillé dans la maison de feu Honslear W.,de Marseille, et eommes'y étant toujours conduit d'une manière honorable. Nous pensons qa'en établissant lui-même une maison à Marseille et nne antre à Âlicante, il l'aura fait d'après les principes de sagesse et de probité qui dirigeaient son aneien chef.

Quant à ses moyens pécuniaires nous ne les connaissons pas ; mais ses précédents sont pour nous une garantie qu'il oe fera que des opérations proportionnées atres ses ressources.

Tout eeci ^m woir^ préjudice ni garantie^ s'U ymis pltlt.

Agrées, Monsienr, nos civilités distinguées.

PIEBRUGUËS YËRMNâG.

Paris, le..« 18..

Monsieur , à Rouen.

Par votre lettre du 23 courant, tous nous demandes des Informations sur le crédit que peut mériter la maison B., de Naples. r^os rapports avee celte maison nous permettent de tous renseigner sur son

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compte; elle est honorable, et nous n'bëtlterlont pas à lai aeeorder un crédit de 12 à 15,00(1 franei, à reooaveler an fur et à meioro que des ooutrertures successives le renfermeraient dans cette limite.

Veuillez faire usage de cet avis sans noire responsabilité, quoique pendant ii émane de notre conviction.

Agrées, Monsieur, nos civilités empressées.

MAILLET BT BRAZIER.

Paris, le... 18..

Messieurs J. Laffitte et G** ont Thonneur de présenter leurs civilités à Mestfieurs T. N. et P. atné, et de leur transmettre , sous ce pli , la note des renseignements qu'ils ont demandés, et qui leur est remise par leurs amis de Dunkerque.

< La maison D. Jouit à Dunkerque d'une considération et d'on crédit que • nous jugeons bien mérités et que consolide toujours davantage la sagesse » comme la modestie de sa vie. Elle ne passe pas pour riche, maié son capital > est, dit-on, plus que suffisant pour ses afifaires qu'elle conduit d'ailleurs 9 avec autant d'intelligence que d'exactitude. »

uC... 18..

Messieurs Mallet frères et O ont Thonneur de saluer Monsieur J.G. G., et répondent à son billet d'hier que la maison y dénommée leur est connue pour mériter toute confiance; ils lui feraient volontiers un ci*édil de cinquante mille francs.

Paris, le... 18..

Monsieur B., à Rouen.

La personne sur laquelle vous me demandes des renseignements est un des plus riches propriétaires de ce département; il fait valoir les forges qui dé|»endenl de la terre qu'il habite toute Tannée.

Des dépenses asecz cuuâiUéfablcs pour couàlruclions d'uâiues, joinlcs à dts

RENSEiaNEHENTS. 109

payements très-forts qu'il a dû faire à sa sœur pour loi remboarser sa portion dans la terre qu'il a eue en partage, peuvent l'avoir gêné dans ses aifaires sans que cela puisse en rien porter atteinte à sa solvabililé.

Sa fortune immobilière est estimée plus de douze cent mille francs, sans parler de celle de sa femme, qu'il vient de perdre, et qui laisse à ses enfants de irès-belIes espérances. M. R. jouit d'une considération bien méritée ; lié d'affaires avec loi, je lui accorde on crédit très-étendo, lorsqu'il le désire.

Agrées mes sincères salotations.

DUBOISGÉRANT.

Bordeaux, le.«. 18..; Bfonsleur J.-G. C, & Paris. ^

Je me bâte de répondre à votre honorée do 35 courant, qoe la maison J.-B. oncle et neveu, mérite tout crédit. Elle opère principalement sur les sucres et jouit d'une réputation de moralité de toute satisfaction. Cette famille a fait de forts héritages et possède de beaux Immeubles.

Quant à la seconde maison, J. R. P., c'est autre chose; ses moyens sont peu connus ; elle fait le commerce des vins et eaux-de-vie, et ne jouit ici que d'an crédit très-limité.

Voilà pour le moment ce qoe je puis vous transmettre sur ces deux maisons. Aa surplus je suis fort à vos ordres pour tout ce qui pourra vousMre utile sur cette place^ mes relations avec le haut et le petit commerce me mettant à même de vous donner tous les renseignements que vous pooves désirer.

J'aurai sous peo de jours qoelqoes remises à vous faire; en attendant je vous salue de tout mon cœur.

S.4. BEYERMAN.

Londres, le... 18.

Monsieur J. et Gt«, ao Havre.

Nous sommes favorisés de votre lettre do i» eoorant, renfermant une première de change de liv. 250, sur Couit et O», que nous gardons en règle à la disposition de la seconde ; elle écherra le 12 du prochain.

Des trois maisons que vous nous cites, nous considérons comme bonnes

110 CO&RlSfOmAKCB COSOCEaCIALE.

kt é&n pnmlèrwi qoMit à la troisièiM, nous ferons prendre des renseL gBMMBte à Muiab€it«r et tous en communiquerons le résultai.

ReeeTeSy eher Monsieur, nos salutations sincères,

DARTHBZ nfcnts.

P. 5. trli-partlcuUer.ToQt en vous disant que nous croyons la maison R. bonne, comme c'est en effet notre opinion quant au présent, U est Juste de TOUS dire confidentiellement qu'elle ne Jouit pas d'une réputation libre de toute censure; cette censure porte sur un manque de délicatesse et de scrupule dans les affaires, dont, ayec ou sans raison, bon nombre d'indiyldus •e plaignent, de mantire à diminuer le grand crédit dont jouissait aulrefois cette maison*

Paris, le... 18..

Monsieur l.-G. C... en ville.

Monsieur V., de Gand, aoos ftit donné, en 1847, par un de nos Intimes amis de cette TiUe, comme une maison très-solide. Depuis nous n'ayons pas eu occasion de renouyeler nos Informations ; elle nous garanliesait les opérations que faisait une autre maison de Gand, yraisemblablement sous son Infloence.

Ce sopt les seuls rapporta qoa nous ayons eus avee elles, et dont nous n'ayons en qu'à nous louer.

Nous sommée lâchés de ne pouvoir tous donner des rensetgnemento plus détaillés; tous nous troayerei toqjours empressés à tous être utiles ou agréables, et à tous prou? er notre bien affectueux défouement.

Nous atont l'honneur do tous saluer.

MÀRTlNt PUËCH ET a^.

Moiisleiif elaml,

C'est réellement sur ma recommandation que Monsieur V., de cette Tiile, s'est adressé à tous pour des opérations qull ayait, me disait>ii, àfaireeffeetuer sur votre place. Tous pouvea, sans hésiter, tous embarquera pleiues

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Toiles ATM cette mtlsoii. Ce eont d'abord de trèe-homiAlei geni ; Itojoals^ sent do premlef erédit, et je ne ferais aoeane diflleolté de lear en Moorder ao besoin pour eent mille franes à la fols.

Quant à la personne ponr eompte de laquelle Mottsieor Y. toos marque qall traite, Je Tooa eomeiUeraii de ne rien ftdre sans la garantte de mon reeommandé.

Votre d<f ottéf

Anyersje... 18.M tfonstenr J.-G. G., à Paris.

La personne sur laquelle tous me demandes des renseignements est le flis atné de Monsieur A.«L. C, que Je tous ai recommandé autrefois ; il appartient à une famille distinguée de cette Tille.

Ce Jeune bomme, dont les parents sont très«rlcheS| fait quelques opérations sur les fonds publics, du consentement de son père qui lui a fourni une .eontaine de mille francs. U est très-aelif, très-intelligent et peu dépensier. M'ai sa caisse depuis quatre ans, et Je ne tous dissimule pas que je lui ao- Icorde Tolontiers, pour quelques Jours^ un déoouTcrt de trente mille francs.

Cependant, comme le maniement des fonds publics est toujours dangereux ^et dégénère souTeot en spéculations outrées , Je pense qu'il faut agir aveo prudence lorsqu'on travaille aTee les maisons qui s'j liTrent.

J'ai Tbonneurde tous saluer de oœur.

J.-J. GLUL.

Bordeaux, le... 18...

Monsieur P. R..., à Paris.

J'ai eu l'honneur de receyoir suocesslTementi Monsieur^ tos lellres des 19 octobre et 2 courant.

La première exige mes remerciements pour tout ee qu'elle contient d'o^ bligeant, ainsi que pour TOtre réponse détaillée aux renseignements que J'ayais pris la liberté de réclamer de vous.

Par la seconde, tous m'adresses la copie d'une demande conûdenlielle qui TOUS a été faite par tos amis d'Hambourg.

La maison qui les occupe a fixé également mon attention, à raison des traites nombreuses qu'elle fournil sur le Nord, et, quoiqu'elle Jouisse encore

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d'un bon crédit» il est eerUln qu'elle ne Dégode pas «oui favorablement que deirmit le faire noe maiton de ion rang. Cependaut, ai les opérations de banque aont la suite de tes entrepriMS en marebandiMS, elles peuvent bien afoir lieu sani qu'on en eonçoive des eraintei sur son eompte» ei eommo J'ai une grande eonflaoee dans sa moralité. Je pense qu'on peut sans danger travailler avec elle.

Touseoneevrei, Monsieur, qu'il n'est pas toujours fadle de eonnaître bien AMtementIa position d'une maison. Souvent, sans que sa fortune ait éprouvé d'atteinte, son erédit peut s'altérer beaucoup , par cela seul qu'elle en fait usage sans y mettre tout le ménagement que eommanderait une réserve bien entendue.

Voilà, Monsieur, tout ee que je puis répondre aux informations que vous réclames de moi ; Je compte sur votre discrétion.

J'ai l'bonneur de vous saluer bien affectueusement.

OTARD.

Messieurs Delessert et O ont l'honneur de saluer Monsieur J.-G. G. et de loi transmettre leslnrormations les plus récentes qu'ils aient eux-mêmes reçues sur la maison de Besançon dont il leur parle :

« Je pense qu'on peut travailler sans crainte avec elle en lui accordant un crédit de quinze à vingt mille francs (juin i84i) — erédit de vingt à trente mille flranes (19 mars 1843) — crédit de quinze à vingt mille francs (9 mal (1845). »

Depuis huit ans environ qu'ils travaillent afec cette maison. Messieurs Delessert et O n'ont eu qu'à se louer de leurs rapports avec elle ; ils lui font eux-mêmes un eréditde douze à quinze mille francs. Ils ont été toujours bien réglés, cependant ce n'a pas été quelquefois sans que Messieurs Delessert et O» aient été obligés de lui demander des remises.

Monsieur J.-G. G. voudra bien faire usage de ces renseignements avec sa discrétion ordinaire.

Bordeaux, le... 18...

Monsieur F., courtier maritime à Bordeaux.

J'ai reçu votre demande de renseignements relatÎTement au navire le T/- Ugraphe, qui rient d'arriver des mers du Sud.

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