OBSERVATIONS CRITIQUES ET LAISSES POUR GOWPTB
C'est dans la lettre par laquelle on annonce avoir reçn un envoi de marchandises^ qu'il faut placer les observations que leur examen a fait naître sur la qualité^ le prix^ et les autres circonstances de l'expédition. C'est surtout dans l'intérêt des relations à venir qu'on approuve ou qu'on blâme la manière dont les demandes ont été exécutées.
Dans tous les cas, il convient de louer avec réserve, et de blâmer sans aigreur.
Si les poids, les prix et les calculs de la facture sont trouvés exacts, il faut annoncer à son correspondant qu'on crédite son compte du montant de cette facture, toujours en plaçant la somme à la ligne d'une manière saillante.
Un accusé de réception, sans aucune observation, ôte tout recours à des réclamations ultérieures, car on perd légalement ses droits à contester, si Ton ne fait pas consta* ter l'état défectueux des choses au moment de l'arrivée : l'acheteur étant présumé, par son silence, les avoir reçues en bon état.
C'est un principe, que la marchandise voyage pour le compte de l'acheteur, et que, dès qu'il l'a admise dans ses
magasins sans réclamations immédiates^ il n'est plus rece* vable à la refuser, surtout pour les denrées susceptibles de mélange ou d'altération.
Il faut donc, si l'on veut agir légalement, et si Ton croit être fondé à se plaindre, se mettre en règle en remplissant toutes les formalités prescrites par les lois.
Ces formalités consistent à faire constater^ à l'instant même de la réception^ l'état des choses, dans un procèsverbal d'experts nommés par ordonnance du président du tribunal de commerce^ rendue sur pied de requête (i) ; le dépôt ou le séquestre, et ensuite le transport dans un dépôt public peuvent être ordonnés (2).
Ni les attestations, ni les certificats délivrés par des tiers ne peuvent légalement suppléer au procès-verbal d'experts (3).
Telles sont les diverses précautions légales à prendre i l'arrivée des marchandises, et qu'il ne faut pas perdre de vue, lorsqu'on doit écrire des lettres d'accusé de réception. Il faut surtout s'y conformer scrupuleusement lorsque le dommage est grand, ou qu'on prévoit une contestation sérieuse, car, pour des imperfections ou des erreurs de peu d'importance, on agit' d'ordinaire à l'amiable; la simple énonciation du fait suffit bien souvent pour en constater l'existence aux yeux d'un correspondant animé de bonnes intentions, et qui consent, sans trop de difficultés, soit à reprendre sa marchandise, soit à faire un rabais^ ou à toute autre réparation du dommage.
(1) A défaut d'un président de tribunal, par le Jage de paix.
(3) Article 106 du tribunal de commerce.
(s) U ne faut pas non plus payer la lettre de voiture» ou le connaissement, arant d*avoir vérifié si la marchandise n'a éprouvé aucun dommage dans sa route» autrement on serait responsable envers l'expéditeur du recours dont on l'aurait privé eo* vei'B le voiiurier en payant avant examen.
Saint-Méen, le... 18...
MesBieurt T. N. et P., à Paris.
Je yiene de recevoir les fers que youb m'ayes annoncéB par Totre honorée du 25 août dernier ; ils ne sont pas arriyés à Dinan le 23 octobre, et yous yroyes. Messieurs, quel retard ils ont éprouvé.
Après en avoir fait la vérifleation, j'ai reconnu exact le nombre de barres et paquets, mais j'ai trouvé, sur le poids, une différence de 18 kil. Je ne sais d'où elle peut venir.
Les fers ne sont pas très-beaux, surtout le petit plat, qui est eoupé sur les côtés et paillé. Si la qualité est bonne, ils pourront se placer, mais difficilement.
Quant à la verge, dite de Berri, je ne puis la vendre, même en la laissant à prix coûtant; mes cloutiers me disent qu'elle est de mauvaise qualité et trop menue.
Teuillez me dire ce que je dois en faire, car il m'est impossible de la prendre pour mon compte ; si elle était vraie Berri et un peu plus grosse, elle serait vendue. Si je Tavais sue de cette qualité et si mince, je vous aurais dit de ne pas me l'envoyer.
J'ai l'honneur de vous saluer bien sincèrement.
J. DËSBOIS.
Saint-Michel, le... 18...
Monsieur S., à Paris.
An passage de Monsieur votre fils en notre ville, je lui ai commis iOO pains de suere, 17 4 c, n* $, cristallisé^ semblable aux 200 pains que je vous ai achetés à mon dernier voyage.
Tenant seulement d'examiner ces sueres, je suis étonné de voir qalls ne sont pas conformes à ce que ^'attendais, et qu'au lieu d'être riches en grain, ils sont très-pauvres et d'un gris terne ; de sorte qu'ils ne peuvent convenir aux confiseurs auxquels je les destinais.
11 est très-probable qu'il y a eu erreur dans l'expédition et qu'on m*aura donné une sorte pour une autre, ce dont Je vous prie de vous assurer.
A mon dernier voyage, votre commis m'en a offert de semblables à 17 3, tandis que j'ai payé les cristallisés 17 9; ce qui fait 6 de différence.
Quant aux 20 pains, n'' 3, eridlaliisés, légèrement flammés, que j'avais
138 CORRKSPONDANCE GOMMERGIàLE.
demandét ptr oommiiêloD, Je trouve quIU tooi liehes en grain, mais U nuaneeetl trop biae pour ee were ; vot n** 3 lont ordinairement pluabianes, Je ne trouve pat de diflérenee entre eee 20 pains et les 200 pains n* 6.
En attendant de voa uouveties» J'ai Tlionneur de Tons saluer respeetaeu-
FAUCHET-SOLUOT.
Rennes, le., mars 18..
Messieurs T. et P., à Paris.
Nous reçûmes hier les 77 barres Bandage roebe, moins une barre dont le ▼oiturier a supporté la perte, pesant ensemble 3«374 kil. qoi, à raison de B8 fr. l'un, donnent la somme de 1,9S6 fr. 9i c, eonforme à votro lettrefaeture du 20 février dernier.
Pour vous couvrir de cet envoi, nous vous remettons, d-Snolus, notre bon à ô mois flie pour la somme pareille, de fr. I,9â6 92 e., que nous vous prions de porter à notre crédit.
Kous avons Tbonneur de vous saluer bien cordialement.
G. GANDON KT MAHEU.
Strasbourg, le.. Juin 18.* Monsienr J, à La Villette.
Les deux barriques de mélasse, facturées par yotre lettre du 6 julo, montaut à fr. b12 70 e., valeur 6 Juillet, ne sont arrivées qu'hier, taudii que le bateau était ici depuis dix Jours.
Les 3ô pains de sucre que vous m'avex annoncés, par celle du 16 courant, me sont également parvenus le 19 avec manque de 3/4 kil. et un remboursement de fr. 39 93 o. Vous voyes donc que ces sucres font près de 10 fr. des 400 kil. de faux f^ais.
Vu la nouvelle baisse qu'a éprouvée cette denrée, Je ne pense pas pouvoir obtenir plus que votre cote, rendu ici. Voire aucre se trouve trés-chargé, et les acheteurs ne veulent pas accepter plus de 90 0/0 de papier, et payer le beau sucre plus de 17 1/2. Enfin, si vous Toules me limiter. Je ferai tout mou possiiiie pour le vendre ; mais, à votre priaL, 11 ne faut pas y songer.
ACCUSÉS DE RÉCEPTION DE MARCHANDISES. i39
Je donnerai» vos nos 5, qui sont plus blanea que^ce no 3, à 17 et 17 1/4 au plus. J'attendrai dofnc Totre réponse. Pour moi, je ne pourrai les prendre pour mon compte qu'au prix facturé» mais franco ici.
Ci-inclus: fr. 600, sur MM.Deles8ertetGi«au Secourant; autre, fr. 1,433, sur MM. Javal et Gie au 10 janvier, dont il yous plaira oréditer mon eompte.
J'ai l'honneur de vous saluer.