‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 52 sur 118 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

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ou LETTRES d'eNVOI d'eSPÂGES OU DE REMISES.

Lorsqu'il s'agit de payer le montant d'une facture d'achat, ou le solde d'un compte chez un correspondant, on lui envoie en payement des valeurs à recevoir ; c'est ce qu'on appelle lui faire des remises.

n y a plusieurs modes de s'acquitter envers un correspondant. Tantôt on lui fait des remises en effets payables dans sa propre ville, ou sur lés places voisines ; tantôt on lui envoie ses propres règlements souscrits à son ordre, ou, plus souvent, on l'autorise à fournir des traites.

Quand le change de la place qu'on habite est trop désavantageux, on envoie des espèces par les voitures publiques (i)^ ou des billets de banque inclus dans une lettre; mais le premier moyen, qui n'est pas sans danger, est dispendieux et, par conséquent, presque inusité daûs le commerce ; le second est plus dangereux encore.

{i ) Ou par les chemini de fer; c'est une yole peu coùtease do&t on use firéquem» nient.

La haute banque fait usage de nombreuses combinaisons pour opérer des remises de la manière la moins onéreuse, surtout dans ses relations avec l'étranger. Elle profite des variations du cours des changes, au moyen de calculs appelés arbitrages de banque ; elle cherche à combien ressort le prix du change par plusieurs voies indirectes^ dont elle choisit, d'après ses calculs, la plus avantageuse^ pour faire ses remises en monnaies étrangères (I).

Les lettres d'envoi, par lesquelles on transmet les remises, doivent nécessairement contenir Tétat ou le bordereau des valeurs qu'elles renferment; quelques personnes dressent ces bordereaux avec les désignations complètes (2) ; d'autres les font très-brièvement et se contentent d'énoncer la somme, le nom du payeur ou le lieu de payement ; d'autres enfin n'indiquent que l'échéance.

Il est de règle de faire ressortir le montant total des remises, d'avertir le correspondant qu'on en débite son compte, et de l'inviter à en créditer notre compte chez lui ; on le prie d'en accuser promptement réception, si les valeurs sont à vue ou i court terme, car en cas de perte de ces valeurs, on n'aurait que peu de temps pour faire les diligences nécessaires ; mais, si elles sont à longue échéance, certaines maisons recommandent, au contraire, d'attendre une occasion pour en accuser la réception (3).

C'est ici le lieu de dire que, dans ces lettres très -fréquentes dans le commerce, il convient de supprimer le reste de ces phrases communes que l'ancien usage a introduites, et qu'on tolèi:e encore par habitude. Pourquoi donc maintenir des formules banales et inutiles, et ne pas leur préférer celles que la raison et l'utilité justifient?

(i ) Voir à ce sujet, le neaveau Traité du Change et de la Banque, da mfime auteur, suivi du Ptcftonnatre des places de changes, sixième édition.

(a) La somme, le nom du payeur et l'échéaDce doub paraissent nécessaires dar.^ «ne lettre d'envoi ; mais, dans celle d'accusé de récepUon, la somme et récbéaiice suffisent, le nom du payeur importe peu, puisque le cédant est connu. On verra plus tard que les banquiers abrègent encore leurs accusés de réception.

(3) Par économie des frais de porto de lettres.

PÀTEMENTS. 1S3

A^insi, cette phrase est encore en usage dans les accusés de réception, même de quelques grandes maisons de banque:

Dont veuillez soigner rencaissement à notre crédit*

Cette recommandation nous parait superflue. En effet, n'est-ce pas le devoir rigoureux du porteur d'un effet de le présenter à Téchéance, de faire constater par un protêt le non-payement, sous peine de perdre tout recours contre son cédant et les endosseurs ? Tout commerçant sait cela ; à quoi bon, d'ailleurs, une recommandation qui lui est impérieusement prescrite par ses propres intérêts ? Nous lui préférons celle-ci, plus naturelle et plus utile :

Dont veuillez bien me donner crédit et avis de réception.

Vaccusé de réception est indispensable comme pièce à l'appui du compte, puisqu'il justifie légalement^ et par titre, les articles dont on débite un correspondant.

n faut donc supprimer impitoyablement toutes ces phrases ridicules, qui ne supportent pas un examen réfléchi, pour leur substituer des formules plus rationnelles. Une fois choisies et adoptées, rien n'oblige à les varier; ce serait un travail inutile. Ainsi font les grandes maisons qui changent rarement celles qu'elles ont admises, et donnent par là une grande rapidité à leur correspondance (1).

Quand la remise contient des valeurs d'une nature exceptionnelle, il convient de donner quelques instructions précises pour guider le correspondant sur la marche qu'on désire qu'il suive à leur sujet.

n est bon de consulter^ en outre, le chapitre suivant des accusés de réception des remises, où sont indiquées, les for-

ci) Geriaines maisons ont des lettres d*eD?oi et d'aoeosé de réception de remises^ Uoprimées on gravées ; il n'y s plot qu'à remplir les sommes.

f ni COREESPOlfBANCS GOVHERCIALÏ.

malités i remplir ea cas de ref as d'acceptation ou de payement, et la conduite à auiYre pour les annotations de retour sans fraie.

CUmecy, le... 18..

MoDileiir C.9 à Paris.

Told fr. 3,850 » Parii fin eonrant (i).

» l«r décembre.

13,892 95, dont erëdlt et arts de réeeptlott.

Âgréei met bien siDcères lalttUtiont.

FROSSARD AtKtf.

VftleDctennes, le... 18..

Meufeurt T. et P. atoé, à Paris.

Nous avons reçu en son temps TOtre agréable lettre da 39 courant : nous aurions moins tardé à nous conformer à toi désirs relativement aux renseignements que TOUS nous demandes sur l'affaire d*H., si nous en avions eu de satisfaisants à tous communiquer, mais nous oraignons bien que vous n'en tiriei rien.

Voici inclus :

Fr. 1,000 en un billet de la Banque de France, à TOtre crédit, veuillei nous en accuser réception de suite, s'il vous plaît.

Nous avons l'honneur de vous saluer sincèrement.

Alexanork DUQtjESNB et O.

(1) Il est mieax de mettre le nom des paifiwrt*

Bordeaux, le... 18«.

Monsieur J.-G. G., à Paris.

Nous avons rhonnour de tous confirmer notre lettre du 29 courant*

Elle vous portait une moitié d'un billet de la Banque de France de 500 fr.

Kotts vous remettons aujourd'hui l'autre moitié. Veuillez nous en recon* nat(re.

Nous vous soumettons le bulletin de nos changes. Les valeurs continuent à être extrêmement rares. Londres et le Nord sont toujours recherchés. L'Espagne a peu d'affaires.

Dévonés à vos ordres, nous vous réttéroni l'asiurance de nos sentiments distingués*

P. PORTAL ET O*

Bordeaux, le... 18..

Monttenr R., h Paris.

Nous avons reçu. Monsieur, la lettre que vous nous avez fait Thonneur de nous écrire le 7 courant, avec la facture des marchandises que vous nous avez expédiées, s'élevant à Fr. 7,860 30 cent., que nous portons à votre crédit. Noua vous remettons sous ce pli :

Fr. i,000 échus.

3,211 i S juillet.

900 à vue.

1,817 Al 10 jours de vue.

Ensemble : fr. 6,9i$ 42 dont veuilles nous donner crédit et avis de rôeeplion.

Agréez, Monsieur, nos civilités.

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