‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 78 sur 118 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

KXCIJSKS ET J VSTIFICATIOIVS

ou RÉPONSES A PLAINTES, REPROCHES ET RÉCLAMATIONS.

Celui qui reconnaît aujourd'hui qu'il s'est trompé prouve en quelque sorte, par là, qu'il est apte à mieux faire à Tayenir. Il est donc préférable, en général, de convenir avec franchise de ses torts, que de chercher à les justifier.

Les circonstances et les raisons plausibles qui motivent une réclamation, doivent régler la manière dont il convient d'y satisfaire.

Quelques personnes pensent qu'il y a de l'adresse à ne pas convenir de ses torts, et que, sans les nier précisément, on peut, en laissant planer un doute, éviter une réparation trop onéreuse, ou, tout au moins, se donner le mérite d'une concession. Nous persistons à croire que le meilleur moyen d'atténuer un tort est de le reconnaître clairement, et de s'en excuser avec franchise.

Quant au ton qu'il convient de prendre dans une lettre

220 connnspoxDANCB comyerctale.

d'excuse, il ne doit laisser voir ni dépit^ ni maavaise humeur, mais être empreint^ au contraire^ d'abandon et de bonne volonté.

La lettre J'excuse doit renfermer des explications propres à atténuer le fait^ à faire valoir les bonnes intentions dont on était animé; témoigner du regret pour Terreur commise, de l'empressement à la réparer, et surtout la ferme intention d'en prévenir le retour; enfin, on la termine par de nouvelles assurances de zèle et de dévouement.

Ajoutons que, quelle que soit l'aigreur ou la vivacité des réclamations ou des plaintes d'un correspondant, il est sage de ne point l'imiter dans la réponse, et qu'on doit, au contraire, y faire preuve de réserve et de modération.

Nogent'Sur-Seine, le... 18..

Monsieur G., à Paris.

L'erreur que je tous ai signalée dans l'exfraitde mon compte courant à été commise dans mes bureaux : le renvoi dont Je vous ai crédité valeur au 31 août, m'a été Tait par un autre correspondant: je vous demande pardon de cette Inadvertance. La rectiflcalion en étant faite, voire compte reste soldant à nouveau par fr. 3,585. Mes écritures sont passées de conformité

Je vous réitère, Monsieur, mes salutations bien cordiales.

DEMEUFVE,

Lyon, le... 18., Monsieur T.

/e trouve à mon arrivée de Beaucaire la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 5 courant. J'avais effectivement perdu d(i vue i'di-hi'ance de vos factures. Ayant acheté plus que je me le proposais, j'ai eu bcuucitup à payer les mois derniers et pendant ce mois-ci.

Veuillez donc m'excuser, et, pour régler ce que je vous dois, fournir sur moi la moitié du capital à peu près, reconnu d'abord à fr. 6,628 76 c, au IS septembre prochain, et l'autre moitié, fin du même mois de septembres. Tout honneur sera réservé à votre signature ; vous .établirez, d'après ce règlement, le compte courant que vous me ferez passer, s'il vous plaît, en m'avisant de vos dispositions.

Agréez l'assurance de ma considération.

M. PELLION.

Caen, lo... 18..

Monsieur de Saint-G., h Paris.

C'est à tort que vous avez vu de Thumeur dans mes lettres. Ce qui a provoqué la vôtre m'explique vos surprenantes hésitations au moment d'ac* coQiplir vos engagements. Permettez-moi de le dire encore, je regrette qa'un mot ait éveillé votre susceptibilité; mais je vous laisse à juger vousmême s'il est exact.

Yos nombreuses occupation^ vous ont fait perdre le souvenir de ce qui s'est passé entre nous, il y a dix mois ; tous croyez qu'il s'agit aujourd'hui d'un engagement nouveau, lorsqu'il est souscrit depuis longtemps.

Un engagement, dttes-Tous, est une promesse verbale ou écrite. Eh bien ! je vous envoie, Monsieur, copie de TOtre engagement écrit qui date du 17 février dernier.

Je me plais à croire, qn'après avoir pris connaissance de cet acte qui est un engagement bien formel, vous m'excuserez d'avoir paru surpris de vos délais, alors que le moment était arrivé de l'accomplir ; de mon côté, je vois bien maintenant qu'il n'y avait de votre part qu'oubli, et tout s'explique à mes yeux.

Jamais je n'ai entendu vous faire de grâce ; je n'ignore pas que vous n'en avez nul besoin, et ma dernière lettre, dont je relis en ce moment la copie, me parait avoir été interprétée avee prévention, car je la trouve écrite dans un esprit bien différent de celui que vous lui supposez.

J'espère que ces explications vous satisferont complètement et conserveront à nos relations leur caractère affectueux.

Votre bien dévoué serviteur.

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