GREGORY FRÈRES
Strasbourg, le... 18..
Monsieur S. fils, à Paris.
Les excellents rapports que j'avais conservés, pendant vingt ans, avec feu Monsieur votre père, devaient me faire espérer que ceux que J'aurais avec son fils ne seraient pas moins agréables. Votre lettre du i7 courant me prouve que vous avez jugé autrement.
Il me semblait qu'il devait Tons suffire de ma parole pour erolre que les molletons que vous m'avez adressés le 98 du mois dernier, dont d'une qualité au-dessous du médiocre. Vous exigez une expertise ; je vais la faire faire.
mais ce procédé m'offenge, et vous ne tous étonnerez pas 6i Je cesse toute relation avec votre maison.
Votre compte est crédité chei moi de fr. 4,147,25 o., Jusquet et non com. pris le dernier envoi sur lequel les experts vont prononiser. Je vous remets ci-ioclus.
Fr. 4,147,25 à vue sur Rothscliild frères. Veuilles en créditer mon compte. J'ai l'honneur de vous saluer.
BARHMANN.
Marseille, lo... 18...
Monsieur P., à Paris.
J'ai en l'honneur de vous écrire le 12 du courant pour vous témoigner ma surprise, je ne dirai pas de votre silence, mais de la privation de vos lettres; il m'est impossible d'imaginer quel peut être le motif de la cessation subite de votre correspondance au milieu d'une négociation aussi importante, dont vous avez paru vous être chargé avec plaisir dans nos communs Intérêts, et dont vous aviez bien voulu JusquMci me faire connaître la marche et les progrès avec autant de complaisance que d'exactiluder
Il n*^ aurait assurément rien d'extraordinaire à ce que le ministre vous eût refusé la grâce que vous lui demandiez. Vous m'avez même, dans votre dernière lettre, parlé de vos craintes; mais il n'est pas à supposer que, dans ce cas, vous eussiez oublié de m'en instruire. 11 m'est donc bien diificile de comprendre pourquoi, après m'avoir fait part, avec tant de détails, de la situation où vous aviez amené l'affaire, votre correspondance s'arrête au moment du dénoûment et me laisse dans une pénible incertitude.
Votre silence ouvre un vaste champ aux conjectures, mais vous pouvez être assuré que je ne m'arrêterai jamais sur aucune qui ne s'accorde aveo la confiance entière dont Je suis rempli en votre délicatesse et en votre loyauté.
Ne pouvant croire que votre silence ait pour motif le refus du ministre, il est de mon devoir de continuer à vous fournir tous les renseignements qui peuvent éclairer vos résolutions.
J'ai reçu, par ce courrier, des nouvelles très^fratchei de Calcutta, et je m'empresse de vous transmettre un prix courant de ce pays du 30 novembre. Vous y verrez que les cotons et les salpêtres y ont subi une forte augmentation, effet naturel des demandes qui ont eu lieu pour l'Europe. Lorsque nous serons dans le cas de prendre des déterminations définitives sur ces affaires, Je vous présenterai mes observations.
216 C0MIESP05DATIGB COMMCnCTALB.
Lu mcrM eontlnuenl à arriver aree abondanco dmos noire port; ils pa« raitseDt suweptlblei d*ane forte diminutiOD. Lei porta d'ilalie ont fail chez nous leurf proTialont,
J'ai l'boDDeor de toim ealoer alTeelueaiemeDt.
IIARTIN Fiu.
La Rochelle, le... 18«.« Bfrss!i>iir« B. et G., à Paris.
J*al sont les yeux, Mesileurt, TOlre lettre da 18 eoiiraBt. Jo nesuls jamaia en retard pour remettre met eomptes, quand cela dépend de moi. Celui de la prise Amalthea doit être fait par l'adminlstrallon de la marine à Nantes» puis à La Rochelle , par derant le tribunal de commerce. Dès que touiea les formalités auront été remplies, cette comptabilité se réglera.
L'Jmpératrice-Reine est partie de New-York le 12 avril. C'est par le na* Tire VEugène, arrivé à Bordeaux, que Je reçois celle fâcheuse nouvelle. Ua pareil retard me fait supposer que ce navire a été pris. J'espérais un meil« leur résultai de cette opération.
Votre réflexion relativement aux fr. 6,000 que je vous ai prié de verser pour mon compte à M. Fabe, n'est ni juste ni amicale. Vous me deviez, dèa le l*r avril, la valeur des cotons, puisque je vous avais bonifié t'escompte. Je n'aurais cerlalnement pas refusé de me rembourser sur vous à long terme, non-seulement pour cette somme, mais pour toute autre plus forte; maiâ il fallait» au moins, me faire connaître voire désir à cel égard.
Ce que vous avei fait dans celle circonslanco n'est pas régulier.
J'ai l'honneur de tous saluer.
FILLEAU
La Rochelle, le... 13.., Messieurs B. et A., à Paris.
J'ai reçu vos trois lettres des 4, 8 et 9 courant.
Celle dernière contient des réflexions tellement extraordinaires, je dirul même tellement Injustes, que je renonce à y répondre. Vous savez très-bien, Messieurs, que je ne puis m'expliquerpar correspon-
(Unre sur un pareil sujet, et qu'il faudrait poa?o!r s'en entretenir verbalement.
Si mes propositions ne tous paraissent pas assez claires, cela lient à la nature de l'affaire, mais tous auriez dû interpréter favorablement ce qui ne tous a pas paru suffisamment expliqué. Il ne fallait pour cela qu'un peu de confiance et d'amitié. Le dévouement absolu dont tous me parles n'était pas du tout nécessaire.
Au surplus, votre impétueuse franchise a son prix dans cette circonstance. Elle m'avertit des inconvénients qu'une participation de ce genre peut enlratner, et je suis lieureux d'être encore à temps de m'en garantir.
L'affaire en question devient plus que jamais difficile et dangereuse. Je vais probablement me rendre sur les lieux pour lâcher d'en organiser et d'en assurer l'exécution. Je ne veux être tenu ni à vous consulter, ni à me rendre responsable, ni à rendre des comptes.
Vous n'avez pas assez de confiance en moi pour livrer dix ou vingt mille fr. à mon entreprise, quand vous savez que je n'y admets que deux amis, et que le reste me concerne.
Il n'est pas du tout nécessaire, pour vous en retirer, de m'arcuser de manquer de générosité. Il l'est encore moins de nommer des arbitres. Votre proposition à ce sujet annonce assez la précipitation ivec laquelle vous avez répondu à mes lettres.
Je vous salue cordialement.
FILLEAU
Paris, le... 18..
Messieurs G. et F. frères, à Bordeaux.
J'ai reçu dans leur temps Vos diverses lettres des 23 août, 4 et 6 du courant, dont je n'ai pris connaissance qu'à mon retour de la campagne où ma femme était retenue par une grave indisposition.
Je TOUS avoue que j'ai été singulièrement surpris et affecté du procédé qui consiste à me refuser tous nouveaux renseignements sur l'opération du navire le D. de B», jusqu'à ce que vous soyez couvert de Tassuranco. Cette prétention est nouvelle dans les relations d'affaires maritimes.
Quoi qu'il en soit, je vous autorise. Messieurs, à disposer sur moi pour cet objet de fr. 4,000, à 60 jours de Tue.
Veuillez bien m'envoyer les copies déjà réclamées des polices d'assurances deretour. Il me manque encore une lettre contenant l'avis de la vente de nos
£18 COURESÎONDANCB CdlIHEftCULE.
daroièrci mulet àBourbon, paliqneje n'ai en maint ra?la de Tente qaa de 7t .
Je réclame, en même tempt, les non? eaux reueigoementi qoe Tooe a donnée le eapUitne. et que rien, ee me lemble, ne deit ▼ont dif penier de me transmettre. Je fois à regret eomblen il tous eei dlfAeile de eonierTer des relations convenables i tous semblés toujours disposés à les rompre, et pourtant, je n'aperçois pour fous aueun aTantage à en agir de la sorte.
Les bruits que l'on répand sur mon compte, dans ees moments de eriies, m'étonnentpeu. II en eourt sur tout le monde ; de nombreux retours, des remboursements inattendus ont eu lieu ebea mol» eeia est vrai. J'opère ces remboursements peu à peu, et si Je parais le faire trop lentement, c'est que Je ne suis paa fâché de laisser actionner par des tiers plusieurs de mes débiteurs qui se gêneraient beaucoup moins aree moi.
C'est une marche qui a set ineonTénlenls, mais Je l'ai crue nécessaire à mes IntérAts, dans ces circonstances difficiles.
J'ai l'honneur de tous saluer.
Chables RAYMOND.
Paris, le... 18..
MonRicurC.f à Salnt-KUenno.
Nous sommes, comme tous, bien convaincus qu'un mauvais arrange^ ment vaut mieux qu*un bon procès, et nous n'hésiterions pas à accepter les propositions que vous nous faites, en date du 14 courant, si. dans l'énoncé de la plainte que tous àTCi cru devoir former contre nous, vous n'aviez allégué des faits dont la considération que nous croyons mériter exige que nous démontrions publiquement la fausseté.
Les faits que nous avons énoncés nous-m&mes, dans la plainte reconven* tionnelle formée en réponse à la TÔtre, tous étaient, sans doute, inconnud et auront modifié Totre opinion à notre égard, mais il est trop tard, an* Jourd'hui, pour que cette modification nous soit une réparation suffisante. Les tribunaux sont saisis: ils prononceront.
Nous avons l'honneur de tous saluer.
LEPÊRE ï$T POSET,