‹ Traité de correspondance commercialeChapitre 91 sur 118 · CHAPITRE XVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVn

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t)Ê RECOMMANDATION, AYEC OU SANS CtVÉDIT, D'iNTRODUCTtON,

Une htiv^ de recommandation est celle par laquelle on réclame de son correspondant^ en faveur d'un parent^ d'un ami^ ou d'un protégé^ le bon accueil et les services qu'on serait en droit d'en attendre soi-méme«

Nous donnons en France assez légèrement des lettres de recommandation ; [c^est^ à nos yeuXy un acte de pure courtoisie^ qui est considéré comme sans conséquence, Los Anglais se montrent plus réservés et ne recommandent qu'avec circonspection et connaissance de cause^ parce qu'ils estiment que ce genre de lettre est, en quelque sorte^ un engagement portant caution des relations futures de leur recomr mandé.

C'est Un usage répandu de prendre des lettres de recommandations d'introduction ou de crédit^ quand on doit séjourner quelque temps dans une ville étrangère : elles ne sont jamais inutiles pour faciliter les premiers rapports^ quelle que soit la position élevée que l'on occupe.

S68 GOERESPONDANGE GOUMERGULE.

Les hautes maisons de banque ont bien souvent à satisfaire^ par amitié ou par bienveillance, i des demandes de recommandation. Il est vrai que les occasions sont nomqreuses où Von ne peut refuser ce service sans paraître incivil ou désobligeant.

U faut distinguer ici la lettre de recommandation pure de la lettre de recommandation avec crédit. Dans ces dernières^ le crédit fait le fond, l'essentiel de la lettre^ quoiqu'il n'y apparaisse^ au milieu des témoignages d'intérêt et des éloges flatteurs donnés au recommandé^ que comme un accessoire de peu d'importance.

Ces lettres de recommandation avec crédit sont une branche intéressante^ lucrative et délicate du commerce de la haute banque par les suites qu'elles amènent^ les résultats qu'elles produisent et les relations affectueuses qu'elles en* gendrent.

On doit insérer^ en général^ dans la lettre de recommandation quelques éloges sur la personne recommandée, afin de justifier d'abord l'intérêt qu'on lui porte et celui qu'on veut inspirer en sa faveur. On fait connaître la nature des services qu'on réclame pour elle^ et l'on termine en assurant de la reconnaissance qu'on conservera soi-même pour les prévenances dont elle aura été l'objet.

La lettre sera toujours remise ouverte et sous enveloppe^ au recommandé^ pour qu'il puisse prendre connaissance^ s'il le juge à propos^ de tout ce qu'on a bien voulu dire de lui. Ce serait un défaut de savoir-vivre^ un manque réel de politesse, que de remettre une lettre de recommandation cachetée; comme il serait d'une imprudence impardonnable de placer dans une lettre^ quoique sous cachet, le poindre mot contraire aux intérêts de la personne qu'on en aurait rendue porteur.

Certaines personnes^ après des lettres de recommandation les plus instantes et les plus flatteuses, remises à un correspondant auquel elles voulaient témoigner une grande estime^ écrivent par la poste des lettres confidentielles pour

LETTRES DE REGOMMANDiTION. 269

limiter et restreindre retendue de leur recommandation ofâcielle.

C'est une extrémité, utile peut-être en de rares circonstances, mais toujours fâcheuse dans le commerce, où la sincérité devrait faire la base des relations ; elle rejaillit défavorablement sur ceux qu'on voit y recourir, et révèle chez eux peu de franchise aux yeux mêmes de la maison à laquelle s'adressent ces secrètes instructions.

Dans la lettre confidentielle, il faut, au moins, expliquer la nécessité où Ton se trouve de réduire la recommandation officielle à sa juste valeur, non-seulement pour mettre à Tabri sa propre [responsabilité, mais, plus encore, pour ne pas compromettre l'obligeance de là maison à laquelle s'adresse cette recommandation.

Comme les lettres de recommandation^ en dehors des services relatifs aux affaires, donnent encore lieu à des prévenances personnelles, et même à des invitations qui peuvent être plus ou moins intimes, selon le rang et l'éduca-' tion du recommandé, il convient toujours d'y faire connaître, sans affectation, sa position dans le monde, afin qu'on puisse régler la réception à lui faire sur ce qui lui est réellement dû.

Il faut mettre un certain tact à rédiger avec convenance ce genre de lettres, qui s'écarte de la ligne des missives commerciales pour se rapprocher des lettres qu'on s'écrit dans les relations ordinaires. On s'y permet un peu plus de recherche dans les pensées, d'élégance dans l'expression, et c'est même une occasion naturelle de montrer cette habileté gracieuse de l'homme du monde, qui sait à la fois satisfaire l'amour-propre du recommandé, inspirer de l'intérêt en sa faveur et flatter aussi la supériorité du personnage auquel on l'adresse.

Dans tous les cas, il ne faut pas oublier qu'on peut donner, sans trop d'inconvénients, des lettres de recommandation à beaucoup de personnes, mais qu'on ne doit se permettre d'en adresser qu'à des amis sûrs^ qu'à des cor«

170 COtBmomAKGB GOmiSEGIAIt.

feipondanti avec lesquels on ioii lié de rapports intimes^ ou qui peuvent, i leur tour, r^^Iamer de nous le même genre de service.

Ttarin, le... IS..

llomleur J., à Parte.

Lft présente tous sera remlie par notre anoeié« Ifontfeur O.-C. G..» qoe noai T0D8 prions d'accueillir avec toole la bonté qui vcui earaetérise. Noas désfrona qne m irlslte personnelle puisse contribuer à donner de Teasor à nos relations, et voos eonvalnere do désir que notM avons de coltiTer votre aimable correspondance.

Veuilles, en attendant, agréer Tasenrance de notre parfait déyonemenl.

BRANTANO BOVARA et URBIETA.

Boa1ogno-inrjrir« le,., IS.

MoBstenr J., à Parte.

J'ai l'honneur d'introduire auprès de voqs Ifonsleor H., capitaine de la flMrlne de 8. M. Britannique, qui sa rend à Parte ponr son plaisfr.

Vow oa'oMIgerea beaoeaup en loi midant le séjonr de In capitale anaai agréable qoe possible. Je vona pria h Vnwo^ de reeeToir maa renieNleniaDta ponr tovt ee qoe ?om foodrea bten faire poor Monsieor le eapitaine H. . VoplUei disposer de mol sans réserva en pareUle oo toote aotre «eaiioo.

Beeevea amb aiaeèrea aalotaUooa.

F. B. FDWELU

«^— O.» I ■■ n « I m^m^^mm^

Bàle, le... ta*. Vanslem» J. C, à Parla.

Nom avons l'avantage d'Introduire auprès de vous Monsieur J., afta^é à notre mateon, el pienons 1* Hberld de voue le reeommander de la manière la

l^TfViU DB RSGOirilANSATION. 271

plus particulière. Veuille! agréer d'avance nos remerciements de tout ce que vous voudrez bien faire en faveur de notre recommandé, des services que vous aurez la bonté de lui rendre et de vos bons conseils, sll est dans le cas de les réclamer.

En Yops priant i(e vouloir bien diiposerdc mus 011 pAMilla ou toute autre occasion, UQUB avons l'hopqwjr d'ÔUe, avao «m pirbita censidératlon, vos dévoués.

eCHINGER If O.

Anvers, le... IS..

Monsieur C, à Paris.

Je prends la liberté d'Introduire auprè? de TOUjiMioQeiaurW,» do «oitc ville, qui se rend à Paris pour des affaires de famille.

Je recommande très-particulièrement Monsieur W. à votre bon accaeil, et je vous prie de contribuer à l'agrément de son séjour, tout en lui rendant les services qu'il pourrait réclamer de votre complaisance.

Veuillez, Monsieur, agréer mes salutations respectueuses.

Par procuration de Joscs^n J. Legreub :

Henry J, lEGREllE.

Anvers, le... 18.»

Monsieur J., à Paris.

La présente vous sera remise par mon ûls, qui aura l'boBnf ur de faire votre connaissance personnelle.

Gomme il est Inconnu dans votre ville, je prends la liberté. Monsieur, de le recommander à votre maison, pour que vous ayez la bonté de lui donner les renseignements qu'il serait dans le cas de réclamer de votre complaisance.

En revanche, veuilles disposer de mon ministère sans réserve, et agréer mes salutation» respectueuses.

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