CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE
La structure cristalliue des corps doit nécessairement intervenir pour modifier les phénomènes électriques dont ils sont le siège. Les premières expériences qui ont eu pour but de constater cette influence d'une manière méthodique ont été entreprises presque à la même époque par Sénarmont^ et par H. Wiedemann*. Chacun des deux savants se proposait de constater que la structure cristalline avait siu* la conductibilité électrique une influence analogue à celle qu'elle exerce sur la conductibilité calorifique^ et que Sénarmont venait de découvrir. Ce rapprochement entre les deux conductibilités électrique et calorifique était peu fondé, car la plupart des cristaux ne conduisent pas Télectricité; ils sont, comme le verre, ce qu'on appelle des diélectriques. Or, au point de vue de la propagation, les corps diélectriques diffèrent considérablement des corps conducteurs, qui sont les seuls dans lesquels la propagation électrique peut être comparée à la propagation calorifique. Aussi les expériences de Sénarmont et de M. Wiedemann, se rapportant à un phénomène très complexe, n'ont pu conduire à des conclusions théoriques bien nettes.
Sénarmont et Wiedemann se servaient, d'ailleurs, l'un et l'autre d'un procédé expérimental calqué en quelque sorte sur celui que Sénarmont avait appliqué à la conductibilité calorifique.
Expériences de Sénannont. — Sénarmont enveloppait la plaque cristalline à expérimenter d'une mince feuille de clinquant dans la-
i- Ânn. chim, etphys. (3) 28,257 (1850).
2. Pogg. Ann. 76,400 (1849) et Ann, chim. etphys., (3) 20, 229.
quelle on avait découpé, sur une des faces, un trou circulaire laissaol la lame à nu. Au centre de ce cercle on appuyait la pointe d*un conducteur en communication avec une machine électrique donnant de Télectricité positive. Celle-ci, s*échappant de la pointe, se dirigeait len le disque de clinquant, mis en communication avec le sol, en suivant une ligne que Sénarmont jugeait être celle de la plus facile conductibilité du cristal. Les expériences se faisaient dans Tobscurité, afin de distinguer plus nettement le trait de feu qui marquait le chemin suivi par Télectricité; elles se faisaient sous une cloche en communication avec une machine pneumatique, parce qu*on avait constaté que les expériences étaient, en général, plus régulières lorsqu on opérait dans de l'air à basse pression. Les expériences ne réussissaient pas ou étaient fort irrégulières lorsqu'on substituait Télectricité négative à Télectricité positive.
Voici les principaux résultats publiés par Sénarmont.
Lorsqu'on opérait avec une lame découpée dans un cristal cubique ou perpendiculairement à Taxe principal d'un cristal uniaxe, rèlectricilé, au lieu de gagner les bords du cercle de clinquant en suivant un chemin recliligne, s'épanouissait en quelque sorte, dans l'espace circulaire libre, suivant une lame à peu près uniforme.
Dans les lames taillées parallèlement à l'axe d*un cristal uniaxe, réiectricité suivait tantôt la direction de l'axe A, tantôt la direction perpendiculaire.