‹ Traité de cristallographie géométrique et physique (volume 3)Chapitre 151 sur 164 · Witn, Akad, Ber. 15,59. T. 9, iO · texte numérisé non relu

Witn, Akad, Ber. 15,59. T. 9, iO

2. Pogg, Ann. 138,503 (1809); 140,271; li2,32i; 145,460; 150,619. Groth ZeUschr. depuis 1876. — Voir aussi Exuer, Pogg. Anu. 153.

58 i DEUXIÈME PARTIE. — CRISTALLOGRAPHIE PHYSIQUE.

les cas, de distinguer les faces qui appartiennent ou non à la même forme simple. Bien plus, lorsque le cristal ne présentera qu*un petit nombre de faces naturelles, nous pourrons en provoquer d^artificielles. et étudier la forme des figures de corrosion qu'on y peut produire.

Si le cristal a une structure intérieure complexe, comme il arrive souvent, l'examen des figures de corrosion provoquées dans les différentes plages d'une même lame naturelle ou taillée artificiellement pourra concourir, avec l'examon optique, à dévoiler la nature des enchevêtrements intérieurs. Si les renseignements qu'on obtient ainsi sont toujours moins précis et moins faciles à acquérir que ceux qui sont donnés par l'étu^le optique, ils n'en sont pas moins précieux comme confirmation de ceux-ci.

Les règles qu'il faut suivre pour conclure de la symétrie du cristal à celle des figures de corrosion, ou invi>rsemont, sont d'ailleurs très simples et peuvent s'énoncer comme il suit.

S'il y a un plan de syfiiétrie perpendiculaire à la face corrodée, les figures de corrosion seront symétriques par rapport à la trace de cet axe sur le plan.

Tout axe de symétrie d*ordre n perpendiculaire au plan de la lame est un axe de symétrie d'ordre n pour les figures de corrosion.

Toute droite tracée dans le plan de la face corrodée et dont les tieux directions peuvent être cristallographiquement distinguées l'une fie i'aulre, sera en général terminée de façon différente aux deux extrémités d'une figure de corrosion.

EsEcmples dlven* de fl|pircs de eorroslon. — Calelte. — Bary-

iine. — Miea. — Quartz. — C^alamine. — Sulfate de strjehnliie. —

Les figures suivantes, empruntées au Manuel de minéralogie que publie m ce moment le savant minéralogiste de Vienne, H. G. Tschermak, donneront quelques exemples de l'application de ces règles.

La figure 178 représente des figures de corrosion de la calcite par l'acide chlorhydrique ; a est le rhomboèdre // sur les faces duquel les figures de cor> rosion ont la forme représentée agrandie en b; ces figures sont symétriques par rapport à la trace du plan de symétrie vertical passant

Fis. 178.

Fip. IT!»

CflAP. Xyi. — CORROSION DES CRISTAUX. 58j

par l'axe ternnire, elles tournent leur pointe vers le soninict culminanl .

La fig^iire e représente les figures de corrosion produites par l'acide «ulfurique; la forme est différente, mais la symétrie est la m^mc. Ea c est représenté un plan taillé arli- . liciellemcnt dans une direction perpendiculaire à l'ase ternaiie; les figures de corrosion représentées agrandies en d ont une symétrie ternaire autour de la normale au plan.

La figure 170 représente les figures de corrosion sur un cristal rliombique de barytine. Les figures de la base p sont symétriques par rapport aux deux diagonales du rhombe. Les figures des faces latérales du prisme ni ne sont plus symétriques que par rapport it la trace du plan de symétrie parallèle à la base.

La figure ISO représente un cristal de quartt droit, et la figure 181 un cristal de quartz gauche. Il suffit de jeter les yeux sur les figures di' corrosion relatives aux diverses faces pour voir que celles qui se rnpporlenlauxfacespne sont pas semblables à celles qui existent cur les fact s e* vl que les faces e* ne sont semblables que de deux en deux. De l'examen de ces figures on peut ainsi déduire sans peine que le cristal ne possède aucun plan de symétrie, mais qu'il possède un axe

ternaire et trois axes binaires. La nature de l'iièmiédrie est donc complètement dévoilée. On pi'ut même distinguer les cristaux droits dr» cristaux gaucbes, pur le sens de l'inclinaison des figures de corrosimi qui se trouvent sur les faces e ^ de part et d'autre d'une face p.

La figure 182 représente les figures dn corrosion sur la face g' d'un cristal de calamine: elles îoni symétriques par rapport à la triice du |ilan k', et ne le sont pas par rapport à un plan parallèle à ;>, puisqu<' les deux extrémités ne sont pas semblables. L'hémiédrie spéciale de cette substance est ainsi accusée.

La figure 183 représente les figures de corrosion sur une lame de mica

inuscovile. On voit qu'il n*y a de symétrie que par rapport à un plan |)erpendiculaire à la lame et allant de Tangle obtus antérieur à langlr obtus postérieur. Le cristal n*est donc pas hexagonal, il n'est même pas tcrbinaire, car alors les figures de corrosion seraient symétriques par rapport à un second plan de symélrie perpendiculaire au premier et à la face du clivage. La symétrie binaire de la muscovite, que IL Tschermak a confirmée par Texamen des figures de choc, se trouve ainsi établie ffune façon certaine. Si Ton s en tenait aux phénomènes cristallograpkiques, on devrait conclure à la symétrie hexagonale; si Ton y ajou-

Fig. 182.

FiK. 183.

lait seulement les phénomènes optiques, c'est la symélrie terbinairc qu'il faudrait adopter.

En observant h's figures de corrosion sur des rhomboèdres de dolomie (CaO,Mg(),2GO«) de giobertile {MgO,CO') de sidérose (FeO,CO^j, M. Tschermak* a remarqué que ces figures ne sont pas symétriques par rapport au plan passant par l'axe ternaire et normal aux faces du rhomboèdre, il en a conclu que ces substances ont une hémiédrie holoaxc analogue à celle du quartz, tandis que la calcile et l'azotute de soude sont holoédriques.

Le sulfate de strychnine présente, comme nous l'avons dil plus haut, la polarisation rotatoire, bien que les cristaux paraissent holoédriques. M. Baumhauer', en provoquant avec de l'eau ou de l'alcool la produc tion des figures de corrosion sur la base, a trouvé qu'elles ont la forme de carrés dont les côtés sont parallèles à ceux de la base. Biais si Ton attaque avec l'acide chlorhydrique étendu, on voit alors apparaître subi-

i. Tschrem. Min. und Petrogr. Mill.. 4,91) (1881). , 2. Groth ZeiL, 5,577 (1881).

CllAP. XVI. - C0BR0510K DES CRKTAUX. bhl

leinenl sous le microscope une série de petits canaux iuclinés sur les côtés de la base, quoique rormant un petit angle avec ceux-ci. Si l'on attaque de même la face inrérîeure, et si on observe en même temps, grâce à la transparence, les lignes de corrosion de la face supérieure et celles lie la face inférieure, on voit qu'elles sont obliques les unes sur les autres, comme le montre la figure 184, où les lignes pleines se rapportent à la base supérieure et les lignes ponctuées à la base inférieure. Le cristal n'a donc pas de plan de symétrie, et comme il a un axe quaternaire et quatre axes binaires, il est hèmiédrique holoaxc, ce qui est d'accord avec son pouvoir rotatoire.

Ces exemples suffisent à montrer le vif intérêt que présente l'élude des figrires de corrosion, et les ressources précieuses qu'elle offre aii\ recherches cristallograpbiqucs.

Fig 184

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