‹ Traité de cristallographie géométrique et physique (volume 3)Chapitre 34 sur 164 · VIOLET BLEUATRE CLAIR · texte numérisé non relu

VIOLET BLEUATRE CLAIR

Jaune impur.

Indigo.

Couleur de chair.

Bleu, teinte verdâtre.

Rouge mordoré.

Vert bleuâtre, vert d'eau.

Violet.

Vert brillant.

Bleu violacé grisâtre.

Jaune verdâtre.

Bleu verdâtre.

Rouge rose.

Vert bleu.

Rouge carmin.

Vert clair.

Quatrième ordre.

Carmin pourpré.

Vert jaunâtre.

Gris vioucé.

Jaune verdâtre.

Gris bleu.

Gris jaune.

Bleu verdâtre clair.

Mauve.

Vert bleuâtre.

Carmin.

Vert bleu clair.

Gris rouge.

Gris vert clair.

Gris bleu.

Gris presque blanc.

A mesure que le retard augmente» la teinte va du violet au rouge en passant par le vert; on dit alors que la couleur monte; elle descend dans le cas contraire.

Il faut remarquer qu*on va, en montant, du violet au bleu, et en descendant on va du violet au rouge, et que, lorsque la lame donne le violet, de très légères variations d*épaisseur en plus ou en moins font changer la couleur d'une manière très sensible. Ces teintes, violettes prennent le nom de teintes sensibles. Dans les teintes directes, il y a deux teintes sensibles. Tune du deuxième ordre correspondant au relard 575, l'autre du troisième ordre et plus sensible encore que la première, correspondant au retard 1128. Parmi les teintes complémentaires, il y a aussi des teintes sensibles dans le premier, le deuxième et le troisième ordre.

Pour montrer quel usage on peut faire de Téchelle de Newton, cherchons quelle épaisseur il faudrait donner à une lame de quartz taillée parallèlement à Taxe pour qu'elle présentât entre les deux niçois croisés, la teinte du rouge du premier ordre (n® 16 de Téchelle). Nous avons

ce qui veut dire que, à épaisseur égale, une lame de quartz ne produit

qu'un retard égal ^ tâqq du retard produit par une lame d'air. 11

faudra donc donner à la lame de quartz une épaisseur égale à 0"»"»,000551x 109,9 = 0'»»,605 pour obtenir la teinte demandée.

Plus le retard o — e est grand, plus la teinte est élevée dans l'échelle, à épaisseur égale. Or, o — e est égal à e(nc — n«)8in9' sin 9"; il sera donc maximum pour sin 9' sin 9''= 1. Ce qui veut dire que la teinte de la lame est la plus élevée possible lorsque celle-ci est taillée parallèlement à Taxe dans les cristaux uniaxes et perpendiculairement à l'axe moyen dans les cristaux biaxes. La quantité n^ — na mesure en quelque sorte l'énergie biréfringente du cristal; l'inverse de ce rapport donne l'épaisseur de la lame, taillée parallèlement au plan des axes optiques, qui est équivalente à une lame d'air d'une épaisseur égale à 1 .

Dans le tableau suivant, qui comprend un certain nombre d'espèces minérales communes raugées suivant l'ordre décroissant du pouvoir

biréfringent, la première colonne donne le rapport ; la seconde

Uc — Wtf

<^oIonne indique quelle est Fépaisseur en millimètres que doit avoir une lame taillée parallèlement au plan des axes optiques pour qu'elle donne entre deux niçois croisés, le rouge du premier ordre. Des épaisseurs moitié moindres donneraient le jaune paille ou le blanc.

Noms des substances.

SpaUi. . .

Aragonitu .

Zircon. .

Karsténite Épidote . .

Pdridot. . .

Diopside. .

ParanUiinc Tourmalioe Dipyre. . .

Barytine. .

Cordiériie .

Êpaiaseor aonnant

le ronge

ffc^Ma

du prem.

cHrare.

Noms des substances.

Andalousile.

Topaie. . .

Quarti. . .

Gyp^ . • .

Corindon. .

Oiihoae . .

Ëroeraude .

Nèphélinc. .

Apatite. . .

Idocraw. .

Pennine . .

tit

Épaisseur

donnant

le rouge

du prem.

ordre.

On Toit inunédiatement sur ce tableau que, si Ton use un fragment de roche qui contient un grand nombre de minéraux associés, de manière à en diminuer graduellement Tépaisseur, les premiers minéraux qui perdront leurs couleurs de polarisation seront la chlorite, puis l'ido crase, l'apatite, l'orthose, le quartz, etc. ; la calcite gardera toujours des couleurs vives. On comprend quel rôle important jouent de semblables observations pour reconnaître, par l'emploi du microscope polarisant, les minéraux qui entrent dans la composition des roches. L'épaisseur habituelle des plaques qu'on fait tailler pour cet usage est d'environ 0"">,04 à 0""*,05 ; aussi voil-on l'orthose blanc ou de couleur pâle; le quartz est jaune rougeâtre, le pyroxéne a de vives couleurs du deuxième ordre; quant à la calcite, les plus minces lamelles ressortent vivement colorées sur le fond plus gris de la roche.

MspsrltliiB des pfcéaoïéiic» de polarisation ckroHUitl^pie dUuis

les piMHies épaisses. — Nous avons VU que pour chaque nature de lumière homogène, les phénomènes redeviennent identiques pour des valeurs de l'épaisseur e marquées par

K— n«)sin0'8in0

Lorsque la lame est épaisse, le facteur sin* tt — 5 — , ou sin=* ^ — ,

passe pour des valeurs très voisines de >, de 0 à i, c*est- à-dire du minimum au maximum. On peut en effet poser

Si e est grand» X étant petit, k est grand. Les deux valeurs 7/ et

rs >/' de X qui donnent à sin« tt y. l'une la valeur 0, l*autre la valeur 1,

sont

n^kl" n=(k-^^y,:\

ou

n . re

La différence V — A" est donc

c*est-à-dire une |très petite quantité si k est grand. Pour des rayons

0 — e colorés à peine différents, les facteurs sin* tt —t- passeront donc par

toutes les valeurs entre le maximum et le minimum. En d*autres

0 — e termes, pour chaque couleur, le facteur sin* tt— ^j — aura une valeur

sensiblement constante et égale à q« On aura :

\ I^=cos*(i) -♦- ôsin 2a sm Sg,

\ I^ = sin'(i)— ôSin2a sin2^;

c*est-à-dire que les deux images ordinaire et extraordinaire seront blanches.

Les lames épaisses ne donnent donc plus de coloration dans la lumière blanche. C*est une raison analogue qui fait disparaître les

franges d^intcrférence lorsque les relards deviennent trop considérables.

Lames cristallines A fiaees non parallèles. — Au lieu de prendre

une lame à faces parallèles, on pourrait prendre une lame taillée en biseau, en supposant que Tangle des deux faces limites soit tellement petit que le rayon puisse être considéré comme normal aux deux faces d'entrée et de sortie.

La lame peut être alors assimilée à une série de lames d'épaisseur graduellement croissantes, et l'on verra une série de franges colorées reproduisant successivement toutes les tehites de l'échelle chromati- ()ue. Ces franges seront parallèles à l'arête du biseau.

§ 2. CAS DE PLUSIEURS LAMES CRISTALLINES SUPERfiOSÉES.

Formoles f^nérales donnant les Intensités des denx rayons polarisés A an^le droit qui proviennent d*an rayon de lumière homogène polarisé reellUsnement, après la traversée de plnsleurs lames cristallines superposées et d'un analyseur. — Supposons

qu'un faisceau de lumière polarisée traverse normalement non plus une seule lame, mais une série de lames cristallines superposées; le faisceau émergent trouve ensuite un analyseur formé d'un prisme épais de spath , d'où sortent définitivement deux faisceaux sensiblement parallèles et polarisés dans des plans rectangulaires. Nous nous proposons d'étudier les particularités que présentent ces deux faisceaux, dont l'un sera appelé le faisceau ordinaire', et l'autre, le faisceau extraordinaire.

Supposons le faisceau lumineux sortant de la (n — l)*' lame cristalline dont les deux sections principales sont dirigées suivant o^^

(fîg. 48) et ^,,__j. On supposera que Ao . est la direction de la vibration du rayon pris arbitrairement pour ordinaire, et ke celle de la vibration du rayon extraordinaire.

Fig. 48.

La vibration du rayon ordinaire au sortir de la (n — l)** lame est représentée par une somme de termes de la forme

ko sin ^r celle du rayon extraordinaire par une somme de termes de la forme

Aesm2i: Im — r-ï

Appelons e l'épaisseur delà n" lame dans laquelle le rayon ordinaire se propage normalement avec une vitesse t/ , le rayon extraordinaire avec une vitesse u ; appelons o et e les épaisseurs de deux lames

d*air traversées respectivement par un rayon lumineux dans le même

temps que Test la lame par les rayons ordinaire et extraordinaire, nous

aurons

» Il

Si nous supposons, en outre, que la lumière considérée est homogène et caractérisée dans Tair par une longueur d*onde X, et une durée (foscillation T, nous aurons

fit f

en appelant r^ © et t„ ^ les temps respectivement employés par le rayon

ordinaire et le rayon extraordinaire à traverser la n^ lame.

Le passage d'une lame à la suivante s'exprimant toujoui*s de la même façon, on déduit des valeurs précédentes un procédé général pour écrire tous les termes dont la somme représentera la vibration de Tun des rayons émergeant du spath analyseur.

On convient d'appeler t^^ l'angle, toujours inférieur à 1 80<>, compris entre o et o^ cet angle étant compté à partir de o^^ et dans lo sens contraire à celui des aiguilles d'une montre. Nous appelons «, Tan-

gle de la vibration incidente avec la section ordinaire de la 1' lame, et |3 Tangle de la section ordinaire de la q'' et dernière lame avec la section ordinaire de l'analyseur; « et (3 sont encore moindres que 180* et comptés dans le même sens que les t.

Pour avoir tous les termes dont la somme représente la vibration du rayon ordinaire émergeant du spath, on considérera les 2q quantités

et on formera toutes les combinaisons possibles de ces 2q quantités qkq, avec cette restriction que le p' rang d*une des combinaisons ne puisse être occupé que par o^ ou e^. Le nombre de ces combinaisons, doublant ainsi chaque fois que le nombre des lames s'augmente de 1, est égal

La somme des termes de chaque combinaison donnera la phase correspondant à chacun des termes de Texpression cherchée. Nous

désignerons symboliquement par — l'une quelconque de ces com-

binaisons. Pour avoir le coefficient de chacun des termes, de celui qui correspondra, par exemple, à une phase

on suivra la série des lettres qui représentent la phase, et on écrira :

i<> Un -h cosinus toutes les fois qu'on passera d'un o à un o ou d^'un e à un e;

2<^ Un + sinus toutes les fois qu'on passera d'un o à un e;

y Un — sinus toutes les fois qu'on passera d'un e hun o.

Pour appliquer cette règle des signes, on supposera écrit devant toutes les combinaisons! un o , correspondant au rayon incident qu'on

imaginera arbitrairement être un rayon ordinaire.

On supposera aussi chaque combinaison suivie d'un o si l'on considère le rayon ordinaire de l'analyseur, et d'un e^ si l'on considère le rayon extraordinaire.

Si, par exemple, on a 5 lames superposées, le lerme correspondant à la combinaison

en supposant que Pon considère la vibration o^ de l'analyseur, sera

— cos a sm

m t, sm tjCospsmSt: 1= |.

La règle est facile à justifier, car pour avoir les amplitudes respectives des rayons ordinaire et extraordinaire qui émergent de la n^ lame et ont leurs vibrations dirigées suivant ko et ke , il faut évidemment

projeter successivement sur ko et ke les amplitudes des vibrations

dirigées suivant Ao^^ et ke^^. On obtiendra donc les expressions qui

représentent les vibrations de deux rayons émergeant de la n* lame, en transformant chacun des termes des expressions qui représentent les vibrations au sortir de la (n — 1)* lame, de la manière suivante :

i® suivant Ao„. . . A^, cos tj, i sin Si:

— A^sint„i sin27

2* suivant Af^....A^ sin i„, sin 2" (= — "— -" j

A,cost„»sin2x(l-I'-i«\

11 est d*ailleurs évident que si Ion supposait la vibration incidente représentée par i, et si on négligeait les différences de phase, Texpression de la vibration du rayon ordinaire ne serait autre chose que la projection de cette vibration sur la direction AO , et la somme des termes

de Texpression serait la somme des termes du développement de

cos (a + tj -4- 4- 1, -f- P).

L*expression de la vibration du rayon ordinaire émergeant du spatli sera donc composée de 2*^ termes de la forme

A^ sin 2x

dans laquelle les A . représentent les 2^ termes du développement de

cos (a + ii-f- 4-»^ + 3).

Pour le rayon extrordinaire, il y aura aussi 2*^ termes qui seront ceux du développement de

sin (a -h i\H- . . . . -hig -t- g).

Cliacuii des termes de Texpression de la vibration ordinaire étant l'cprésenté par

Ag sio ît:

cette expression pourra s*écrire

A. cos — -f A,cosT^-t- — ! sm 2 r i A.sm 7-+ AjSin-- H-, . . . 1 cos Sr ;rr,

et l'intensité du mouvement vibratoire sera :

Al cos — hA|C0S h.... ) 4- 1 A^ sin — h A,sia — h««-- )

ou

L = 2A,» -H SSAiA, cos^' ^ ^'= (2A<)« - 4SAiA, sin» îîi Ji«, <> ' X 2/v

et si on se rappelle que

2A,=cos(a-t-t5-»- ....1,4- P)=cosû»

en appelant û Tangle de la vibration incidente avec la vibration émergente, et en supposant que Tintensité de la vibration incidente est représentée par i , on pourra écrire

lo = cos» Û — 42 Al A, sin» îîîiJIl^».

Le second terme du deuxième membre représente symboliquement une

somme de termes formés en combinant deux à deux tous les termes de l'expression

(l)l (un

Al cos -- -+- A^cos Y "*- ®^ • On trouverait de même pour l'intensité 1 du rayon extraordinaire

L = sin* Û — «B^BJ sin» ^^ , ^' .

On pourrait vérifier que 1^ + '^ ^t égal à 1 , ce qui exige 2A,A,sin«i^^-î^ -h SB^B, sin« ^^ ^^= 0.

C'est ce résultat qu'on exprime en disant que l'intensité du rayon ordinaire est toujours complémentaire de celle du rayon extraordinaire.

Une conséquence importante qu'on peut déduire de ces formules, c'est que, lorsqu'on a un paquet de lames quelconques entre un polariseuretun analyseur, l'intensité de la vibration émergente est la même, soit que la lumière entre par le polariseur et sorte par l'analyseur, soit qu'elle entre par l'analyseur en sortant par le polariseur. 11 est facile de voir, en effet, que cette interversion n'introduit aucun changement dans l'expression de I.

Can de deux lames «uperposées. — Dans le cas de deux lames superposées, la formule générale donne

I^= cos* ti) -I- sin 2a sin 2it ces 23 sin«Tî -i- — î

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