Ann. de ch. et dephy
CR18TACX0GIUPHIB, T. II. 57
578 DEUXIÈME PARTIE. -- CRISTALLOGRAPfflE PHYSIQUE.
Avee «a tétraèdre de cuivre gris, le résultat est le même qu*avec le 4^itivre.
Avec un tétraèdre de chalcopyrite, le sens est inverse, ce qui prouva que le signe thermo-électrique de la chalcopyrite est, par rapport au pialiiie, contraire à celui du cuivre gris.
Avee les lames de cuivre gris et de chalcopyrite, le sens des courants p^o-éiectriques est donc le même que celui qu^on aurait si on remphçail les lames par des tétraèdres ayant leurs sommets dirigés vers cdMfii du cristal dont la lame était détachée. On expliquerait donc les pliéfloniènes observés en supposant que les molécules de ces deux matières oat une forme tétraèdrique semblable à celle du cristal. La face placée da côté des pointes moléculaires se refroidirait ou s'échaufferait plus vite que celle qui serait tournée du côté des bases.
G* voit que dans ces phénomènes la pyro-éleclricité parait se compliquer de Ift thermo-électricité, et peut-être même celle-ci est-elle seule en jeu.
M<H|n détaoÊÊÊmmnt celai des sMnumets da erlatal qal est positif par eoaipreMloB oa par reffroIdlsseaieBt. — En comparant entre
elles toutes les substances sur lesquelles on a, jusqu'à ce jour, constati* la pyro^iectricité , ou, ce qui est la même chose, la piézo-électricilé. Wt. Curie sMt arrivés à formuler une loi curieuse et intéressante.
Lorsqu'on considère une droite susceptible de prendre à ses deux estrénîtés, par compression suivant sa direction, des électricités dv noms cooÉraires» ces deux extrémités sont cristallographiquement différentes. Or, rexirémité qui prend par compression (ou par refroidissenvni) Tèlectricité positive, est toujours tournée du côté où les faces du cristal donaeué le sommet le plus pointu.
Ainsi le sommet positif par compression est tourné, dans la tourmaline, du côté du poîutement e^ ; dans la calamine, du côté du pointement e, ; dans les téiraèdrea de blende et de chlorate de soude, du côte du soiDMel du télraèdre. Il parait d*abord y avoir une exception pour Li baracite, diMil le sommet positif est tourné du côté de la base du tétrnèdre. Mais cette exception confirme ici la règle, car nous venons dt* voir que la boracîle est réellement terbinaire et que la droite qui joint deux sommets pseudo-ternaires est Taxe d*hémimorphisme. Or il est facile de voir que les faces tétraédriques sont, dans le cristal terbinaire. des faces du biseau a*. Le pôle positif par compression, étant tourné du côté de cette face pseudo-ternaire, est donc en réalité tourné, suivant la règle, du côté du biseau a^
Cette règle ayant ainsi un haut degré de généralité, on peut coi\jecturer qu^elie a sa raison d\>tre dans la forme même de la molécule, qui serait plus pointue du côté du pôle positif.
PhéBoméne ré«lpro^pBe de la pyro«^lectHelté. — - De même que
l*é]ectrisation produite par la compression entraîne la dilatation produite par rélectrisation, Téleclrisation par le réchauDeroent doit entraîner le refroidissement par Télectrisation. Un cristal de tourmaline qui^paréchaufTement, prend à une certaine extrémité un pôle positif, doit donc se refi*oidir lorsqu'on communique à la même extrémité do Télectricitè positive. Cette conséquence de la théorie, qui a été formulée par H. Lippmann, peut être considérée comme certaine, quoiqu'elle n*ait pas encore été vériQée par Texpérience.
Eaaaia d*expllcalla« Jfcéagl^ae de la pléso et da la pyga'élactri-
cité. — M. GaugainS à la suite de ses remarquables travaux sur la pyro-électricité de la tourmaline, avait émis, pour. expliquer ce phénomène, la théorie suivante. Il supposait que, dans la tourmaline, la dys< symétrie de la molécule est due à ce que deux portions opposées de cette molécule ont des pouvoirs thermo^leclriques difTérents» et s'rchauffent ou se refroidissent inégalement quand la température du <;orps varie. La variation de température constitue alors la molécule n Tétat de tension opposée à ses deux extrémités.
On peut matérialiser en quelque sorte cette conception, comme l'a fait H. Gaugain, en soudant ensemble alternativement, par la base tt par le sommel, de petits cônes de cuivre et de bismuth. Lorsqu'on plonge le tout dans une étuve, les pointes s'échauffent plus vite que \e> bases, et, jusqu'à ce que l'équilibre de température soit obtenu, il se produit un courant attesté par un galvanomètre. Le courant change de sens lorsque la variation de température change de signe; la quantité d'électricité dégagée est indépendante de la longueur de la chaîne; 4^1 le est proportionnelle à la variation de température. On retrouve donc les principales lois de la pyro-électricité.
Hais cette ingénieuse idée ne rend pas compte de la piézo-électriciir. et les deux phénomènes paraissent si intimement liés que l'explication de l'un doit aussi convenir à l'autre.
Sir W. Thomson a cherché de son côté à expliquer la pyro-électricil>' en admettant qu'un cristal pyro-électrique est toujours à l'état de p<i!;irisalion éleclrique, les deux extrémités dissemblables de la moléculi'