‹ Traité de cristallographie géométrique et physique (volume 4)Chapitre 164 sur 181 · ilfifi. de ch. et de phys · texte numérisé non relu

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étant, à Télat de repos, Tune positive, l'autre négative. La chaleur modifie cet état d'équilibre, et change la charge électrique des deux extrémités du cristal.

MM. Curie, tout eh trouvant cette hypothèse vraisemblable, la modifient pour Tadapter à la fois à la pyro- et à la piézo-électricité. Us considèrent les deux pôles contraires d'une même molécule placés en regard comme les deux lames d'un condensateur. La variation de distance des deux lames fait varier la quantité d'électricité condensée.

Un système propre à faire comprendre cette conception serait une pile de lames dont chacune serait formée d'un couple zinc-cuivre soudé, et serait séparée par une lame d'air de celle qui la suivrait et de celle qui la précéderait. Si s est la surface d'un élément, e l'épaisseur, égale en tous les points de la pile, de la lame d'air, v la force électromotrice de contact, il y a une quantité

d'électricité condensée sur chaque face opposée entre deux couches successives. Lorsque la distance varie, la quantité

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s'échappe aux deux extrémités sous forme d'électricités de noms contraires. Dans l'intérieur, les électricités se neutralisent, de sorte que les phénomènes sont indépendants de la hauteur de la pile.

On ne pourrait, d'ailleurs, se représenter la molécule comme un conducteur chargé d'électricité contraire aux deux extrémités. 11 est plus vraisemblable que chacun des atomes de la molécule a son électricité propre. Ces électricités se neutralisent lorsque la molécule est symétrique autour d*un point et que les distances intermolèculaires sont toutes égales entre elles: elles cessent de se neutraliser lorsque la molécule est dépourvue de centre ou lorsque les distances intermolèculaires varient d'une extrémité à l'autre du cristal. Dans ce dernier cas, en effet, l'influence, sur une molécule, de deux molécules situées de part et d'autre, n*est plus égale et contraire et par conséquent ne se détruit plus.

On voit que l'étude des phénomènes électriques des cristaux conduit à des conséquences très importantes, soit au point de vue de la physique des cristaux, soit aussi au point de vue de la théorie générale des phénomènes électriques.

CUÂP. \Y. — PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES. 581

i. THKRMO-éLICTRIClTi.

BxfpérleBcea de HH. Harhaeh et Priedel amr la OMnao-élcctrl-

eité de la pyrite. — On désigne SOUS le nom de thermo-électricité la propriété que possèdent deux corps qui se touchent en c (fig. 177) de prendre aux deux extrémités li- (^^...^>.^-^.nvs^v^^ bres A et B des électricités de noms contraires *** *"

lorsque le point de contact c est à une température '' ^ '

difTérente de celle des extrémités. Le signe des électricités accumulées à un pôle change de sens avec celui de la différence des températures entre c et les extrémités A et B.

Cette propriété exige, pour se manifester, que les corps soient conducteurs ; aussi ne la connaît-on dans les cristaux que pour ceilaines substances notablement conductrices comme le sont en général les sulfures sulfoarséniure ou sulfoantimoniure des métaux, fer, cobalt, nickel et cuivre.

M. Harbach^ a le premier signalé que les cristaux de pyrite cubique et de cobalt gris présentent, les uns cl les autres, deux variétés jouissant de propriétés thermo-électriques opposées. Avec un couple formé par chacune des deux variétés de pyrite, on peut former un couple thermoélectrique plus énergique que celui du couple bismuth-antimoine.

H. Friedel * a substitué un procédé d'expérimentation plus simple à celui qu'employait Marbacb. Deux fils de platine ou de cuivre sont reliés à un galvanomètre ; une des extrémités est échauffée à la lampe, et Fautre reste froide.

Les deux extrémités du fil étant rapprochées Tune de Tautre, mais non pas en coïncidence, sont tenues par une pince isolante et promenérs à la surface d*un cristal de pyrite. On observe que, dans certaines plages, le courant va, dans le point de contact le plus chaud, du fil au cristal, tandis que, dans d*autres plages, l'inverse se produit.

Dans un même cristal les plages des signes thermo-électriques opposées n*ont pas le même aspect ; les unes sont lisses tandis que les autres sont finement striées. Mais, ce qu*il y a de surprenant, c est que les parties, lisses par exemple, sont positives dans un cristal et négatives dans un autre.

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