CLIVAGES ET PLANS DE FISSURE
CllTAgea. — licur position possible dans les divers systèmes
eristaiiins. — On a déjà parlé, dans la première partie de cet ouvrage, de la propriété si curieuse et si caractéristique du clivage, qui ne peut se rencontrer que dans les corps cristallisés; dans ceux qui la possèdent, on peut, comme on le sait, provoquer des cassures rigoureusement planes. On ne reviendra pas ici sur Texplication très simple que Ton peut donner de ce phénomène et qui a été déjà développée (tome I, chap. xvi, pages 302 et suiv.). On rappellera seulement qu*il résulte de cette explication que les plans de clivage, c'està-dire les plans parallèlement auxquels peuvent être provoquées ces cassures planes, sont nécessairement des plans réticulaires, dont la maille a une aire très petite, ou, ce qui revient à peu près au même, dont la notation symbolique est très simple*
L'observation vérifie pleinement cette conclusion théorique. Elle montre qu'il n*y a, dans chaque système cristallin, qu*un petit nombre de formes simples parallèlement aux faces desquelles peuvent se placer les clivages. En voici l'énumération complète :
Système cdbiqde. — Cube (Galène, Sel genune).
Octaèdre (Fluorine, Cuprite).
Dodécaèdre (Blende, Sodalite).
Ces trois positions du clivage correspondent aux trois modes suivant lesquels le réseau peut être disposé dans ce système^
GHAP. m. — aiYAGES ET PLANS DE FISSURE. 65
Système hexagonal. — Base p (Émeraude, Pyrosmalitc, Zincite).
Prisme m (Apatite, Néphéline, Zincite, Grée-
nockite, etc.) Isoscéloèdre fc*, rare et impai*fait (Pyromor-
phite, etc.)
La prédominance du clivage p ou celle du clivage m dépend de la grandeur du rapport —
SisTàXB TEiccAiRE. — Rhomboèdre p (Calcite, etc.)
Base a^ (Mica, Chalcophyllite, Antimoine,etc.) Prisme d* (Cinabre).
Système quadratique. — Base p (Uranite, Apophyllite).
Prismes m ou A* (Rutile, Wemérite, Zircon). Octaèdre aS rare (Schéeiite, Wulfenite).
Système tbrbi!iaiiie. — Plan ^ (Stibine).
Plan A^, rare (Anhydrite.)
Base p (Topaze, Prehnite, Barytine).
Prisme m (Barytine, Cérusite).
Octaèdre W (Soufre).
Système bwaire. — Plan g^ (Gypse, Stilbite, Orthose).
Plan h* (Épidote).
Base p (Orthose, Clinochlore, Épidote).
Prisme m (Amphibole, Pyroxène).
Clinodome e^ (Azurite).
Orthodame a' ou o^ (rares).
Uémipyramide b i (Gypse).
Système asymétrique. — Plan ^ (Feldspath triclinique).
Base p (Feldspath triclinique).
lefvés d« faelllté do clivage dans lea dlTcrse* sabatanecs.
—Us clivages sont loin de se produire toujours avec la même facilité. Tantôt, comme dans le mica, le clivage est tellement facile qu'il se produit sous le plus léger effort, et que les cristaux semblent plutôt foimës par la superposition de lames parallèles au clivage que par un Wfice cristallin régulier. On peut alors, avec la lame d*un canif, détacher des lamelles d'une minceur extrême. Tantôt, au con»
traire» comme dans la calcite, le clivage, bien que facile encore, ne peut être provoqué sans un eRbrt notable; on n'obtient jamais de lames extrêmement minces, et la cassure habituelle du corps montre une surface irrëgulière, qui parait comme composée de petits plans tous parallèles entre eux et au clivage.
La direction du clivage est dans ce cas nettement indiquée par la façon dont la cassure réfléchit la lumière. Lorsqu*en effet, en faisant tourner en divers sens le corps en présence d*une source lumineuse, les lames planes de la cassure viennent à prendre une position telle que la lumière de la source qu*elles réfléchissent est renvoyée à Toeil, on voit les plans de la cassure vivement éclairés tous à la fois. Ce procédé permet de découvrir des clivages très imparfaits, et qui ne s'indiquent dans la cassure que par une série de petits plans parallèles d'une largeur très faible. On en augnlente d'ailleurs la sensibilité en donnant plus d*intensité à la source lumineuse.
Lorsqu'il existe un clivage parallèle à lune des faces d'une forme simple, il en existe aussi de parallèles à toutes les autres faces de la forme. Tous ces clivages sont alors identiques, c'est-à-dire qu'ils ont la même facilité, que les lames planes qu'ils mettent à nu ont le même poli, le même genre d'éclat, etc. Tels sont les trois clivages de la calcite. ^
Il peut arriver qu'un cristal possède des clivages parallèles à deux ou plusieurs formes simples différentes. Dans ce cas ils ne sont pas identiques entre eux. C'est ainsi que le gypse possède suivant g^ un clivage tellement facile qu*on peut détacher parallèlement à cette direction des lames d*une très faible épaisseur, très polies, très réfléchissantes et possédant un éclat vitreux. Le gypse possède en outre deux autres clivages; l'un parallèle à la face A^ et, l'autre parallèle à la face p. Le clivage A^ est beaucoup moins parfait que le clivage ^, mais les surfaces planes auxquelles il donne naissance ont encore l'éclat vitreux. Quant au clivage p, moins parfait encore que le précédent, il ne donne naissance qu'à des plans peu nets et ayant un aspect fibreux.
Cette difTérence d'aspect des clivages appartenant à des formes simples différentes a une grande importance, car elle permet quelquefois, même dans une niasse cristallisée non limitée par un polyèdre cristallin, de déterminer le mode de symétrie du réseau. C'est ainsi que l'anhydrite, dans laquelle on observe trois clivages rectangulaires, pourrait être considérée comme cubique, s'il n'était aisé de voir que des trois clivages, il n*y en a pas deux qui soient semblables entre eux.