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CHAPITRE PREMIER. - STRUCTURE DES CORPS CRISTALLINS. il

molécules, et de considérer les polyèdres moléculaires comme représentant géométriquement autour de chacun de ces points, ce que nous avons appelé la loi de répartition de la matière. Puisque l'on passe sans difficulté du langage de la théorie atomistique au langage, indépendant de toute hypothèse, que nous avons employé jusqu'ici, il est indifférent de faire usage de l'un ou de l'autre, et nous adopterons habituellement celui de la théorie atomistique comme plus bref et fournissant à l'esprit une image plus nette.

Il n'est point inutile de remarquer que la structure des corps cristallisés, telle que nous venons de la déduire rationnellement de la notion de l'homagénéité, ne contredit pas celle qu'Haùy avait formulée. La maille parallélipipédique de notre réseau n'est en effet autre chose que la molécule inlécirante d'Haûy. Mais la théorie d'EIaùy considère nécessairement cette molécule intégrante comme l'élément unique et irréductible du cristal. Elle laisse de côté la forme du polyèdre moléculaire. Cette grave imperfection s'est longtemps opposée à l'interprétation physique de faits cristailographiques importants. C'est ce qui avait conduit les savants allemands à rejeter comme hypothétiques les idées d'Haûy, et à renfermer la science dans l'étude, purement géométrique, de la forme des cristaux. Bien que ce procédé paraisse d'abord plus rigoureux, il est, en réalité, aussi infécond qu'antiphiosophique. Si les faits cristailographiques, en effet, nous semblent intéressants, c'est que nous avons l'espoir qu'interprétés convenablement ils nous feront pénétrer plus avant dans la connaissance de la matière. Or comment serait-il possible d'interpréter ces faits et de les aire concourir au progrès de la science, si l'on se refuse, comme une hypothèse blâmable, toute spéculation sur les relations qui peuvent exister entre la structure cristalline intérieure et la forme extérieure ?

M. Delafosse et Bravais ont pensé qu'il y avait mieux à faire que de rejeter, pour y substituer une géométrie stérile, la théorie d'Haûy, si intimement pénétrée de la réalité physique. Grâce à leurs travaux, on peut maintenant donner à la science des cristaux une base solide et assez large pour porter l'édifice tout entier.

CHAPITRK II

PROPRIETES GEOMETRIQUES DES SYSTEMES RETICULAIRES

Les centres de gravité des corps solides cristallisés formant des systèmes réticulaires, il est nécessaire d'étudier les propriétés géométriques de ces systèmes. Ce sera Tobjet de ce chapitre.

Déflnitions. — Nous remarquons d'abord que les six éléments qui déterminent le système réticulaire de la figure 5, sont les directions des trois rangées AqAi, AqAo', AqBo, et leurs paramètres respectifs AoAi= a, Aq Ao'=^ ft, AoB(|^=c. Ces trois rangées, qui sont telles que, en construisant les parallélipipèdes correspondant à leurs paramètres , on retrouve tous les nœuds du système, sont appelées rangées conjuguées.

Les rangées parallèles entre elles forment un système de rangées; les plans réticulaires parallèles entre eux, un système de plans réticulaires. Les trois plans réticulaires qui passent deux à deux par trois rangées conjuguées sont des plans réticulaires conjugués.

L'espace compris entre deux plans réticulaires parallèles immédiatement contigus est une strate,

Matlles planes. — lUallles paralléilpipédlqnes. — U y a dans un même système réticulaire un nombre infini de systèmes de trois rangées conjuguées ; et, par conséquent, un même réseau peut être successivement considéré comme formé par un nombre infini d'espèces différentes de mailles parallélipipédiques.

On peut, en effet, en consei'vant. à la maille sa base AqA^ A'oA\, prendre, pour la troisième arête de la maille, une quelconque des lignes qui joignent A^ avec l'un des nœuds du plan réticulaire BoB'^Bj B\.

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