CHAPITRE XYI. - IMPORTANCE DES DIVERSES FORMES SIMPLES. S
nombre des formes simples qui les limitent n*est donc jamais trèsgrand. Il y a, il est vrai, des cristaux terminés par des surfaces qui paraissent courbes, mais ils constituent une exception que Ton peut d'abord négliger, sauf à essayer de l'expliquer plus tard.
iBiportance ph/siqae des diverses formes erlsUUUnes. — En gé-
néral les cristaux artificiels d*une même substance formés dans la même eau mère, ou les cristaux naturels qui se rencontrent dans le même gîte minéral, c'est-à-dire en résumé tous les cristaux d'une même substance qui ont été formés dans des circonstances extérieures identiques, sont limités par les mêmes formes simples qui présentent à peu près le même développement relatif.
Au contraire, les cristaux d'une même substance formés dans des circonstances extérieures différentes, ne sont pas limités, en général, par les mêmes formes.
Cependant il existe souvent des formes qui persistent à se montrer dans les cristaux de toutes les provenances ; d'autres formes ne disparaissent que rarement, tandis que d'autres ne se montrent que dans de lrè»-rares circonstances, et, le plus souvenf, avec un très-faible développement.
Les clivages, les plans que nous appellerons les plans de glissement, ceux que nous appellerons les plans d'hémitropie S restent ordinairement les mêmes dans les cristaux de toutes les provenances.
Il résulte de tout cela que l'observation nous permet de classer suivant un ordre décroissant d'importance physique les différentes formes qui se rencontrent limitant les cristaux d'une substance donnée. Les formes parallèles aux plans de clivage, de glissement, d'hémitropie auront dans ce classement le premier rang, puisqu'elles ne dépendent guère que de la structure intérieure du corps et paraissent à peu près indépendantes des circonstances extérieures et accidentelles au milieu desquelles s'est constituée la surface qui limite le cristal. Parmi les autres formes, l'importance physique la plus grande appartiendra à celles qui prennent d'ordinaire le plus grand développement ou qui disparaissent le plus rarement. La classification des formes suivant leur importance physique décroissante sera donc le résultat d'un travail de statistique suivi d'un travail d'appréciation nécessairement un peu arbitraire puisque les caractères qui fixent le degré d'importance d'une forme pourront être contradictoires.
^ Nous parlerons plus tard des plans de glissement et des plans d'hémitropie ; nous nous bornons à en indiquer ici l'existence.
I«ol de la •Impllelié des eyinbolee. ---Si Ton fixe les données du réseau cristallin en attribuant des symboles simples à un nombre suffisant de formes choisies parmi les plus importantes de celles qui ont été observées, toutes les autres formes sont représentées par des symboles simples.
La loi reste encore ici assez vague, car il est impossible de dire à quelle limite s'arrête la simplicité d*un symbole. Toutefois, on peut fixer davantage les idées en ajoutant que Tobservation montre que les caractéristiques des formes importantes sont presque toujours 0 ou I ; on va quelquefois jusqu'à 2, exceptionnellement jusqu'à 5. Les caractéristiques 4, 5, 6 ne se rencontrent que dans des formes d'importance secondaire, et encore assez rarement. Les caractéristiques supérieures à celles-là ne se montrent guère que dans des faces tout à fait subordonnées, et trés-exceptionnellement.
Il faut ajouter que le plus souvent les formes dont l'importance physique, appréciée comme il a été dit ci*dessus, est la plus grande, sont aussi celles dont les symboles les plus simples. '
Cette loi de la simplicité des symboles a été pour la première fois énoncée par Haûy. Elle parait presque nécessaire et représente à peu prés, en cristallographie, l'équivalent de ce qu'est en chimie la loi de Dalton si improprement appelée loi des proportions multiples. Mais en cristallographie, pas plus qu'en chimie d'ailleurs, cette loi ne présente un sens nettement défini. Lorsqu'on compare par exemple l'ordre d'importance physique des formes avec Tordre de simplicité des symboles, on se trouve arrêté bientôt, dans cette comparaison, par la difficulté de préciser ce qu'on peut appeler le degré de simplicité. Pour ne citer qu'un exemple, on peut se demander quel est, dans le système terbi-
naire, le plus simple d'entre les symboles ]112|, |211 |, |l21>.
liol de BraTals éUibUssMit vn rapport entre Taire élémentaire et l'importaaee physique d'une iaee. — Le seul moyen de donner à la loi une signification précise semble être de chercher à substituer à la notion vague de la simplicité des symboles, une notion physique susceptible d'une définition rigoureuse. Or, au point de vue cristallin, les différents plans réticulaires qui peuvent limiter le cristal ne difi'èrent les uns des autres, si on laisse de côté la forme propre de la molécule, que par l'aire élémentaire du réseau plan. La seule inspection de la formule qui donne cette aire élémentaire montre d'ailleurs