I. Pogg. Ânn
GHâP. XV. -. PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES. 5M
Caldte. Disque parallèle à l'axe Axe éqnatorial
Sidérose id. id.
Tourmaline id. Axe axial.
Émeraude id. id.
Bismuth id. id.
• Aragonite. Disque parallèle à l'axe vertical h équatorial Salpêtre. id. id.
Barytine. Plan de cli?age p b éqnalorial
Gypse. Plan de clivage g^ Diag. de l'augle obto» des deax clivages à peu près équatonaJe.
Knoblauch remarque que le quartz S la topaze et la tourmaline restent
ôtlectrisés après l'influence, ce dont on s*assure en constatant que le
ciristal, étant retourné de 180<^, revient à sa première position d'équilibre .
I^a raison n'est pas péremptoire, et il est bien possible que l'extrémité
de la tourmaline qui se tourne vers le p61e positif, par exemple, soit
ciéterminée par la cristallisation mémq. Ce point qu'il aurait été si
curieux de constater ne parait avoir été l'objet d'aucune observation.
Knoblauch a appliqué à l'orientation électrique des cristaux les mêmes procédés d'explication qu'il avait antérieurement appliqués à l'orientation magnétique. 11 admettait que cette orientation était exclusivement due à la position des clivages, un plan de clivage se plaçant toujours perpendiculairement à .la ligne des pôles, comme le fait entre les pôles magnétiques un cristal dimagnétique •
Cette explication était appuyée sur les quelques observations que nous avons rapportées. C'est ainsi que Témeraude et le bismuth ayant un clivage perpendiculaire à l'axe, cet axe dans ces substances se place axialement, le clivage étant équatorial.
De même que pour les propriétés magnétiques^ Knoblauch appuyait soi! explication sur des imitations artificielles de cristaux.
De la poudre de barytine coagulée par de la gomme était soumise A la compression, et, après la solidification, on découpait dans la masse un disque dont le plan contenait la direction de la pression. Ce disque, suspendu horizontalement entre les pôles, s'orientait de telle sorte que cette direction fût équatoriale. C'est ce qu'on avait constaté pour l'orientation magnétique de la poudre de bismuth {diamagnédque) comprimée.
Nous ferons ici les mêmes réserves qu'à l'occasion des phénomènes magnétiques. Il est certain que l'écartement des molécules, et par
i. Knoblauch n'indique pas quelle a été la direction d'orientation des disques de quartz.
conséquent la structure réliculaire des cristaux, exerce uae infloeocc sur l'orientation électrique ainsi que sur rorientatîon inagnéli<iue, et, comme nous le verrons tout à rheure, par une raison identique. Mais il n*est nullement prouvé que la forme et la nature de la molécok n*aient pas sur le phénomène leur part d'influence. 11 est probable que celle-ci apparaîtrait si les observations étaient plus multipliées. Os peut déjà remarquer que, pour satisfaire à la règle, ce n*est pas la bis sectrice de Tangle obtus, mais celle de Fangle aigu des clivages m de la barytine qui devrait se placer équatorialement. 11 en est de même pour le gypse.
Réflexions généraleii sur rindaetlon cristalline. — ElUpatMe
dlndpction électrique. — Knoblauch paraît avoir pensé que, daos ses expériences, il mesurait la conductibilité. Si eu effet, sur un disque léger non conducteur» on colle une petite bande très mince de cUaquint, le disque s*oriente de manière que cette bande, qui représente la direction la plus conductrice de la lame, se place axialement.
Mais la plupart des cristaux n*étant pas conducteurs, on ne ?oil pas très bien ce que signifie, pour ces corps, lexpression : de plus iiacile conductibilité. En réalité, Texpérience de Knoblauch met en jea, au moins pour les cristaux diélectriques» une propriété spéciale sur laquelle on n*est bien fixé que depuis peu de temps.
Oj admet maintenant que les corps qui sont diélectriques, comme le verre, subissent, lorsqu'^ils sont soumis à Faction extérieure d'un corps électiisc, une polarisation analogue de tous points à calle qu'un morceau de fer doux subit sous Taction d'un pôle d'aimant. Dans chaque molécule du diélectrique le fluide neutre (pour employer le langage convenu) se décompose; le fluide de nom contraire à celui du corp^ extérieur se portant vers l'extrémité de la molécule tournée du colé de ce corps, le fluide de même nom se portant vers l'autre extrémité. Cette polarisation, soumise aux mêmes lois que celle du fer doux, persiste tant que l'influence extérieure persiste; elle cesse instantané ment dès que cette influence disparait.
Lorsqu'un cristal est soumis à Taction directrice d'un pôle électrique situé à l'infini, ou, ce qui équivaut, d'un champ électrique uniforme,/) est clair que les lois auxquelles est soumise celte action doivent être les mêmes que celles auxquelles est soumise l'action directrice d'un champ magnétique uniforme. Nous n'aurions qu'à répéter mot pour mol, eu changeant magnétique en électrique^ la théorie exposée dans le chapit^ précédent. Il y a donc pour chaque cristal un ellipsoïde d'induction
électrtique analogue à rellipsoïde d*induction magnétique, et la connaissance de cet ellipsoïde permettrait de résoudre, comme nous l'avons fait à propos du magnétisme, tous les problèmes que soulève la direction électrique d'un cristal.
11 est malheureux que cette théorie n*ait pas encore été directe* ment vérifiée *par Texpérience. Les physiciens trouveraient sans nul doute dans celte étude le moyen de perfectionner et d*étendre les données que Ton possède déjà sur la polarisation des diélectriques.
Une lacune non moins regrettable se rapporte aux cnstaux, qui, comme la tourmaline, la calamine, etc., sont dépourvus de centre et présentent deux extrémités distinctes au point de vue des propriétés électriques comme au point de vue des propriétés cristallographiques. Ces cristaux placés dans un champ électrique uniforme et laissés libres de se mouvoir ne s'orientent-ils pas de manière à présenter toujours la même extrémité au pôle positif? Il serait très important qu'on pût ré~ pondre à cette question, et l'on doit souhaiter vivement que les expériences de Knoblauch, si intéressantes, mais si incomplètes, soient reprises et considérablement étendues.
Jusqu'ici nous n*avons parlé que des cristaux diélectriques, qui sont les plus nombreux. Quelques-uns cependant, comme le bismuth, sont conducteurs. 11 est très remarquable que, d'après Knoblauch, une sphère de bismuth, placée dans un champ magnétique uniforme, s'oriente à la façon d'un cristal diélectrique. On est amené à penser que la distribution de l'électricité, sur une semblable sphère conduc^ trice, mais cristallisée, ne se fait pas suivant la même loi que celle que l'on a observée pour une sphère métallique amorphe. Il y aurait là encore sans doute un sujet d'étude des plus intéressants pour la théorie générale des phénomènes électriques.