‹ Traité de cristallographie géométrique et physiqueChapitre 313 sur 339 · III. ÉLECTRICITÉ DÉGAGÉE PAR LES CRISTAUX · texte numérisé non relu

III. ÉLECTRICITÉ DÉGAGÉE PAR LES CRISTAUX

1* ÉLECTRICITé DÉGAGÉE PAR UNB ACTION VéCAMIQUE. — PIÉZO-ÉLBCTRICITÉ.

Électricité dé^a^e par le eiiTage. — Les cristaux peuvent être, dans certaines conditions, de véritables sources d'électricité. Les cristaux non conducteurs peuvent, comme tous les corps analogues, se charger d'électricité par le frottement, mais jusqu'à présent on n'a signalé aucun fait qui fasse penser que ce phénomène puisse être mis en rapport avec la structure cristalline. Il ne serait pas cepen-

554 DEUXIÈME PARTIE. — CRiSTALLOGRiPHIE I>HTS1QCE.

dant impossible que certaines faces d'un même cristal prissent ptrit

frottement, les unes l'ëlectricité négative, les autres, la posidTc.

Les cristaux peuvent aussi, d'après Becquerel*, s'èlectriser pircEvage. Si l'on clive rapidement une lame de mica dans robscnrilé. m observe une lueur phosphorescente, et il se produit en même temi^gi dégagement d'électricité, chaque lame emportant des éttcthcilèi atr traires. L'intensité électrique est d'autant plus i^rande que la sépmtix a été plus rapide. Becquerel recommande, pour que l'experieiice msisse, de bien dessécher la surface du mica.

Lorsqu'on rapproche les lames clivées et qu'on les sépare denoon»] après les avoir légâremenl pressées jusqu'à les faire adhérer, les lues reprennent la même électricité qu'elles avaient prise au moneotita clivage. L'effet est particulièrement marqué, ajoute cependant Becqutnl, qaand on élève légèrement la température de la lame qui présaUic l'état négatif en sortant du clivage.

Cette expérience curieuse mériterait d'être reprise, car elle tiime lieu à une grave difCcUlté. Le plan de clivage du mica étant un plan de symétrie*, on ne voit pas bien quelle est la raison qui peut ditnner i l'une des lames une certaine électricité, et A l'autre une èleclriril^ contraire. On est obligé d'admettre que ce sont les conditions icddeotelles de l'expérience qui règlent le phénomène, et celui-ci penj ihp beaucoup de son importance.

Becquerel en tirait la conclusion que le mouvement reWUdedesi molécules à l'ëlat libre pouvait développer de l'électricité dans àaoïx d'elles. Certaines expériences portent à croire qu'il peut en être aiaà. mais Eeuleraent lorsque les faces des molécules qui se regardent ne sont pas semblables.

La pression peut aussi développer de l'électricité dans les criiUiii. Haùy' dit avoir constaté, par exemple, qu'en pressant un rbomiMédre de spath entre les doigts, on lui communique de l'électricité nipli^f qu'il peut garder ensuite pendant très longtemps. L'illustre cr^m de la cristallographie dit même s'être servi de cette propriété pour cvnstruire un électroscope consistant simplement en une aiguille lé^rt | tournant horizontalement sur un pivot, et portant à une eitrénul^""

■aité dil. 1, 158 (1855).

est vni que N. Ttcbomik croit iTOir démontri qu'il n'en est pu ùui- "^ niudnit conitater que le sent de l'élecUintion eil toi^onn «i nffOt '" (lion tstignta par H. TKhennak.

<M, de chim. et dephy. (3) 9,Q5.

CB&P. XY. — PH^ONÈNES ËLECTBIQUES. 555

morceau de spalh, à l'autre un contrepoids. D'après Haûy, l'électrisation ne ae produirait pas lorsque le corps qui presse le cristal est rigide, comme le bois par exemple. ^

Les assertions d'Haûy mériteraient d'être vérifiées. Il se pourrait bien que l'électricité développée dans ses eipëriences dût être simplement attribuée au frottement.

PléBO-éleetrlcIt^ d«l* «oannalhie. — OhacrrmtloMa de HIH. J. et

P. cwie. — Nous avons dit (tome I, page 145) que la tourmaline cristallise dans le système ternaire avec un mode d'hémiédrie tel que l'axe ternaire et les trois plana de symétrie qui passent par cet axe étant conservés, le centre et les trois axes binaires perpendiculaires à ces plans sont supprimés. lien résulte que la tourmaline se présente habituellement (ûg. 166) sous la forme de prismes dont l'axe est parallèle i l'axe ternaire, rendus triangulaires par la prédominance des trois faces de l'Iiémiprisme hexaèdre e* dont les faces sont perpendiculaires aux plans de symétrie, et terminés par des pointements dissemblables aux deux extrémités. K. l'une d'entre elles prédominent les faces du rhomboèdre b', h l'autre, celles du rhomboèdre e'.

Il y a peu de temps, DM. Jacques et Pierre Curie ' ont fait une découverte très importante et qui a considérablement étendu le cercle de nos connaissances sur les propriétés électriques des cristaux.

Us ont observé que, lorsqu'on comprime une lame de tourmaline parallèlement à l'axe ternaire, les faces normales à cet axe se chargent d'électricités de noms contraires. La face touraée du côté de la forme e* se charge d'électricité positive; celle qui est tournée du c4té de la forme b', d'électricité négative.

Si, après avoir comprimé la lame et l'avoir ramenée à l'état neutre, on la décomprime, on produit l'elTct inverse. Les pAles e' se chargent négativement, les pâles b' positivement.

Pour observer ces faits, on taille le prisme de tourmaline de manière qu'il se tennine par deux bases planes. On recouvre celles-ci de deux lames d'ètain. Pendant la compression l'une de ces lames est mise en communication avec la terre, l'autre avec un électromèlre.

Page 1