‹ Traité de cristallographie (volume 2)Chapitre 43 sur 55 · M!G'Ê, M'H"G'Ê, M'G'PB, M'G'ÊA · texte numérisé non relu

M!G'Ê, M'H"G'Ê, M'G'PB, M'G'ÊA

Vl X l M« * l MxPr VI X l y

Les lois de décroissement d'où dépendent ces variétés sont du nombre des plus simples , et de celles qui se rencontrent le plus ordinairement , en sorte <|ue leur concours dans des corps dont on a fait des espèces différentes, n'^ofire par lui-même qu'un &ible motif en faveur de la réunion de ces corps dans une même espèce. Mais les lois dont il s'agit empruntent un caractère spécial d'une propriété remarquable dont elles décèlent l'existence dans les mêmes corps , et cet avantage compense , au moins en grande partie , ce qu'elles perdent à être en si petit nombre et si 11. 31

53o TRAITÉ

communes. Cette propriété consiste en ce cfae parmi les lois dont il s^agit , celles qui àgittâoit sur ItaaAgleflt et sur les bor!is de la base de la forme primitive ,' conduisent à des résultats qui offrent la répétition des mêmes faces situées en sens contraire , avec des indinaisons égales. Ces lois se rapportent aux com-

binaisons binaires EB etPA. Ces sortes de tépèd*

tiens n'ont lieu dans aucun des autres prismes rhomboïdaux connus jusqu'ici , à l'exception du pyroxène, qui est d'ailleurs très distingué de l'amphibole par sa forme primitive et par Tensemble de son système de cristallisation.

Les substances dont je me propose ici d'établir le rapprochement ont été partagées en trois espèces, dont l'une est la horn-blende (amphibole), la seconde le strahlstein ou l'actinote , et la troisième la trémolite ou la grammatite.

Examinons maintenant la manière dont les lois de décroisscmcnt que j'ai citées sont coordonnées par rapport aux variétés comprises dans les trc»s espèces.

Les amphiboles du cap deGate, qui s'ofirent comme les types des^ cristaux répandus dans les terrains volcaniques, se montrent sous la forme de la variété dodécaèdre (fig. 34), tantôt simple et tantôt modifiée par des hémitropies dont j'ai donné plus haut l'explication. Il existe à Pargas, en Finlande, des ciîstaux de la même substance, d'un noir foncé, engagés dans une chaux carbonatée laminaire Uan*-

DE CRISTALLOGRAPHIE. 53i

cliâtre. Lear forme , qui est celle de la variété bisunitaire { fig. 3a ) , a ausai son sommet composé de trois hceSy dont deux l, ly présentent la répétition en aens ccjàtraire des faces r, r de la précédente ( fig. 34) » 6éparées par la face P.

La même chose a lieu par rapport aux cristaux de Strahlstein, que l'on trouve dans les filons métalliques de la Pïorwége.

Cette même forme reparait sur les trémolites du Saint-Gothard , dont la gangue est une dolomie , et dans certains individus elle passe à la forme de la triunitaire, qui ne la modifie que légèrement* Ainsi , voilà le strahlstein et la trémolite qui s^identifient d'une part avec les amphiboles de Pai^s, par U coïncidence des mêmes lois de décroissement , et avec ceux du cap de Gâte, malgré la diversité des décroissemens , qui, en suivant «ne autre marche, ont ramené les mêmes fitces situées en sens con* traire.

On trouve dans le Groenland des cristaux que leur couleur d'un gris verdatre, jointe à un éclat nacré , doit Êiire ranger parmi les trémolites* Leur forme, qui est celle de la variété imitative

{Gg. 35), et qui a pour signe M*G*EA, semble

ofiHr la contre-épreuve de la variété dodécaèdre , à laquelle appartiennent les cristaux du cap de Gâte. Les faces /, /, naissent d'un décroissement qui a lieu, non plus sur les bords supérieurs, mais sur les angles

des coukurs qui ont paru indiquer id quatre èspéceê diflereBies. L'une était k tourmaline de Sibérie, <fûa l'on a nommée êibérite et ruhêlUêe. Une seconder était la tourmaline Ueue d'UtA en Suède ^ vgoe d'Andrada, auquel nous en devons la oonnrâsanoe^ appda indicoUiè. L'origine de la troisième espèce remonte à la tourmaline verte du Brésil. On lui aa^ socia totiies les autres tourmalines qui réunissaient àim certain d^ré de transparence le bleu Verdatre^ le vert jaunâtre ou l'orangé brunâtre, et l'on r^rva pour cette espèce le nom de tourmaline* Enfin, on dés^na par celui de schorl communs gemeiner BchoH, la quatrième espèce composée de toutes les tourmalines noires et opaques.

Plusieurs auteurs rapprochent aujourd'hui ces dif* férens cristaux dans une même espèce, qu'ils ont feulement partagée en deux ou trois sous-espèces, d'après le même caractère dont ou s'était servi pour les iscder entièrement les unes des autres. Mais les descriptions particulières qu^ils en ont données lais^ sent subsister des traces des anciennes distinctions, que l'état actuel de nos connaissances doit (aire éva^ nouîr;. C'est ce que prouvera le tableau que je vais tracer de l'ensemble de toutes ces tourmalines, d'à- |«rès des considérations qui, je l'espère, paraîtront neuves, soit par la manière dont elles seront pré-* sentéès, soit en elle^-mêmeSé Ces considérations me paraissent d'autant plus importantes, que la Chimie, ^ntre son ordinaire , semble avoir été d'intelligence

avec les caractères extérieur», (Wur établir ici des points de séjiaratiou, et que c'est pniici paiement à ses résultats que je dois comparer ceu\ de la Cristaliograpliie, pour remplir le but de cet article.

Je remarque d'abord que paruii les divers crislaux de tourmaline que j'ai eus entre les mains, il n'en est aucun sur lequel les faces du rhomboïde primitif (fig. 36) ne se montrent, avec la seule diirérenée que tantôt on les voit toutes les six, et laulùt on n'en voit que trois situées autour d'un uèiiic sommet. La surface latérale est presque constamment composée de neuf pans, dont six résultent du décroissement D, et trois du décroisstjuient «. Il est rare qu'il n'existe que les six premières, ou (|ue les secondes se répètent, de manière que le prisme soit dodécaèdre, ce qui rétablit la symétrie sur la surface latérale j mais les formes des sommets continuent d'y déroger, ainsi que l'exige la vertu électrique. L'ensemble de ces diverses faces, surtout de celles des sommets, communes aux dîn'érens cristaux de tourmaline, annonce qu'ils ont été, pour ainsi dire, exécutés d'après un même dessin, composé des traits les plus caractéristiques de l'espèce à laquelle ils ap-

r parliennent. Les unes se rapportent au type géométrique, et les autres oilVent l'empreinte qu'une pnn

I priété physique tièa remarquable a laissée de sou

1 inlluencc sur la cristallLsatiou.

La forme qui résulte de l'assortiment dont je vic/is

t de parler, était plus ou moins modiiiéu sur l*>iu Ica

cristaux que j'ai vus, par des £icettes additioiinellcsf qui , loin de nuire à sa prédominance , la Élisaient ressortir davantage. Les diversités qui en résultaient avaient un autre effet , qui était de mettre une parfaite ressemblance entre des cristaux qui, d'après leurs couleurs, auraient appartenu, dans les anciennes méthodes, à des espèces distinctes j ainsi, la variété équidifférente raccourcie, que représente la fig. 37, et dont le signe rapporté au rhomboïde pri-

I as.o

niitif(fig. 36) est, De EPpBi(i), existe parmi des

st Vpn

cristaux transparens d'un jaune verdâtre que Fou trouve dans l'île de Ceylau , et j'ai dans ma collection deux cristaux opaques et d'un noir foncé, qui en offrent la forme dans toute sa perfection. C'est le schorl qui se confond avec la tourmahne dans un même résultat de cristallisation.

Je n'ai observé jusqu'ici que des cristaux noirs de Madagascar et du Groenland , qui offrissent la forme complète de la variété isogone ( iîg. Sq) , dont le signe

est DE e P» 'E' **'e*'**. Mais les faces de celui de ses

sommets qui en montre six se retrouvent sur des Cristaux qui appartiennent les uns à la tourmaline verte du Brésil, et les autres à celle de Ceylan, d'une *sdettr brune.

OJC'eatune soiu^-yariété de celle dont oq voit la projec- >n (fig. 38) soui les dimeuâions de6 criblaux ordiiiaircâ.

Ces cristaux ne sont pourvus que du sommet (jui est terminé par les six Ëtces indiquées ; et comme il est le siège du pôle vitré, on doit présumer que l'autre sommet , s'il existait , n'ofl&îrait que les trois &ces primitives , comme devant être plus simple que le premier ; les formes alors en diraient>davantage. Mais déjà elles en disent asse^ dans leur état actuel , pour solliciter la réunion du schorl avec la tourmaline.

Je n'ai pu encore me procurer que des portions de cristaux de sibérite qui n'étaient terminées que d'un côté. Toutes avaient leur surface latérale composée des neuf pans ordinaires. Mais les formes des sommets intacts différaient entre elles. Dans les unes, elles oflraient tantôt les trois faces primitives seulement, et tantôt neuf faces, dont trois étaient primitives, et les six autres disposées autour des pré-

cédentes, résultaient du décroissement D. J'ai cru pouvoir faire en quelque sorte la syntlièse des cristaux dont ces formes incomplètes seraient comme les élémens, en combinant les positions des pôles électriques avec celles des sommets qui existent solitairement sur ces formes.

J'avais remarqué que ceux de ces sommets qui n'avaient qu'une face perpendiculaire à l'axe donnaient des signes d'électricité résineuse, et que ceux qui était terminés par plusieurs fiices obliques manifestaient l'électricité vitrée. Il résulte de ces observations , que si Ton réunit par la pensée les portions

'de cristaux terminés par un seul {dao, arec oeDetf qui ofiirent plusieurs &ces, de manière m en oontposer des polyèdres, complets^ les positions des son»* mets, dans chacun d'eux, aunmt k même lelatioii: avec cdles des pôles électriques que dans les tourmalines ordinaires y et l'analogie sera d'autant ]dus marquée, que ce sera le sommet simple^ et même le plus simple possible, qui manifiestera l'élfictrictté ré-' sineuse, ce qui a lieu généralement dans les tourmalines.

J'ai dans ma collection un morceau qui confirme

vcette manière de deviner en quelque sorte ce qœ l'observation ne nous apprend pas. On voit sur ce iporœau divers cristaux engagés par leur partie infêrieore dans la roche environnante, et dont l'autre , qui est saiUante, ofire tantôt le sommet de la variété quinquévigésimale ( fig. 4o) , qui , sur la figure, est tourné vers le haut^ et tantôt le sommet opposé* Son signe est

DE^P-^pB bAaAa ••*£**» V.

I I.O I IrO 4 4*0 ^

Il est bi^i naturel de penser que si la cristallisation

avait )om de toute sa liberté, les cristaux complets

^n'dle aurait produits auraient offert la coexistence

deux sommets qui se montrent séparément sur

parties saillantes dont j'ai parlé.

Je reviens à la sibérite , dont )'ai observé deux

rmes que je crois pouvoir regarder comme com«

DE CRISTALLOGRAPHIE. BSg

plètes, d'après l'hypothèse précédente. L'une est celle de la variété trédécimale (fig. 41)9 dont le

signe est DE e Fp^'^Aa^ et l'autre celle de la va-

riété nonodécimale (fig. 4^), qui a pour signe

DEeFp^'DdAa.

La face f^ qui termine la partie inférieure de ces variétés , n'existe solitairement sur aucune des autres tourmalines. Mais elle se retrouve sur un des sommets de la variété sexdécimale (fig. 44)9 do^^ o^ ^^^ contre au Saint-Gothard des cristaux d'un vert clair, et sur un de ceux de la variété quinquévigésimale (fig. 40), dont î'ai parlé plus haut, et qui appartient au schorl. Le sommet supérieur de la même variété de sihérite, qui n'ofiO^e que trois £ices primitives, &it partie du type commun à toutes les tourmalines. Quant aux fiices ^, f, de la variété nonodécimale (fig. 4^ ) 9 j'en ai reconnu les analogues sur une tourmaline transparente d'un vert foncé , qui venait du Brésil. C'est celle que j'ai nommée didodéoaèdre j et que représente la figure ^3. Son signe est

DE«P/7«E'»V-Dd.

La variété surcomposée ( fig* 4? } ^ ^ rapporte à la tourmaUne verte du Brésil, est. remarquable à

54o TRAITÉ

plusieurs ^rds et mérite d'occuper ici uoe place ^ quoique je ne l'aie encore vue qu'avec un seàl aommet , que représente la partie si:q>érieure de la figure^ l'autre n'étant qu'hypothétique. Son sig^e est

Les faces du rhomboïde primitif se combinent avec celles d'un rhomboïde secondaire désignées par z, qui en offrent la répétition , en vertu du décroisse-

* sèment e. La cristallisation ne s'est pas bornée à

montrer le type de l'espçce sur cette variété comme

sur toutes les autres, elle y a joint encore la copie

fidèle de cette forme originale. D'une autre part , la

même variété a de l'analogie par les faces du même

sommet avec les (ormes de cinq autres^ savoir, la

trédécimale (Gg. 4i) dont j'ai déjà parlé, et qui est

une sibérite, la sexdécimale (fig. 44) ^^ ^ pour

signe DPE' 'Ee'"* ^''e/^aA, et que j'ai observée

parmi les tourmalines d'un vert clair du Saint-Gothard, l'isogone (fig. 3g) que nous avons vue être commune à deux espèces différentes, et de plus, la nono-septimale ( 6g. 45) et l'équivalente (flg. 46 se rangent parmi les schorls noirs. Le signe de la

emièrc est DE ^PpAa, et celui de la seconde

I x.o si Vp k

DE CRÎSTALLOGRAPHIE. 5^1

Cette sorte de commerce que les lois de la structure établissent entre les corps que je viens de citer, ne paraît pas se concilier avec une diversité de composilion.

Je n'ai pas compris Findicolite dans le parallèle précédent, parce qu'on ne Va. pas encore observée sous des formes déterminables. Le rapprochement que j'en ai fait depuis long-temps avec la tourmaline ( I ) était fondé sur le résultat de sa division mécanique et sur sa propriété électrique. Le caractère qui se déduit du premier résultat est surtout sensible dans les petits cristaux cylindroïdes que j ai observés , et que l'on trouve à Utô, où ils accompagnent Tiudicolitc aciculaire d'un bleu foncé.

26. Rien n'est plus digne d'attention que ce cju'on observe aux Etatsr-Unis, dans la province de Massachuscts , où la manière dont les cristaux qui ont la plus grande analogie avec ceux des quatre espèces s'allient ensemble , offre un Ëdt non moins curieux qu'instructif. On voit sur un même fragment de granité des cristaux violets semblables à la variété cylindroïde de rubellite , d'autres qu'on prendrait, à leur couleur verte, pour des tourmalines du Brésil, d'autres encore, en aiguilles groupées, tantôt d'un bleu de ciel , tantôt d'un bleu noirâtre , comme

(1) Annales du Muséum d'Hist. nat. ^ 1. 1, p. 2257 et suiv.

54a TRAITÉ

dans les variété? d'mdicolite, et enfin des scborb d'un noir parfidt. Ces diflërens corps s'unissent deux àden3(ydenramèreàn'enfiinnér<jiiViii secd^la^ini cylindre de sibérite est entouré par nne tonnufiDe verte^ cpn hn. sert coome d'étid. LÀ| crést le flcborl noir qui est k matière du cj^lindre, et l'enveloppe il été founiie par la toarmahne violette* fhk peu plus loin, un semblable cylindre est emboîté ààxiB un groupe d'aigulles d'indioofite. Les jœnts naturids qui naissent dans la partie cylindrique se prolongent dans ceHe dont die est entourée. Par une suite de cette umfibrmité de structure, les deux parties ont leurs pôles vitrés ou résineux tournés du même côté, ainsi que j^ m'en suis assuré par l'expérience; et ce qui est remarqudJe, c'est que si l'on prend difierens cristaux qui se soient formés séparément sur un même morceau , et dont les axes soient parallèles ou à peu près, l'expérience fait voir qu'ils ont tous également leurs pôles de même nom tournés dans le même sens. Ainsi tout, jusqu'aux relations que j'ai appe-^ lées de rencontre, conspire à démontrer l'impossibilité de séparer des corps que le travail de la nature à unis par des liens si nombreux et ^i étroits.

Les formes des cristafux que je viens de citer sont

^'^ œiies que l'on nomme indéterminables , à l'ex-

tion de quelques-unes qui offrent des indices du

me à neuf pans et dui rhomboïde primitif. Mais

^ qui est concluant, c'est que l'on trouve, dans

ertaines parties du même granit, des cristaux noirs,

DE CniSTALLOGRAPHIE. 545

tqui ont environ 45 millimèlres (3 pouces ) de (lia- ; mètre, et sur lesquels on démêle, à travers les stries > qui sillonnent leur surface latérale, les deuxpansdu "' prisme ordinaire. Ils n'ont cpi'un sommet, qui offre dUme manière très prononcée les trois faces primitives. 11 est visible que ces cristaux sont idcnti({ues avec ceux de la même couleur engagés dans les groupemens dont j'ai parlé; mais ces derniefs ne font qu'un avec les cristaux violets, verts ou bleus, dont ils sont iuséjiarables. ^Nouvelle raison pour les considérer tous comme des variétés d'une espèce imique.

La découverte importante de ces tourmalines est due à M. Ezra Weeks, auquel elle assigne un rang distingué parmi les savans des Etats-Unis, dont les reclierches dirigées par un z^e aussi éclairé qu'actif ont fait sortir d'un soi qui était resté si long-temps intact, diverses substances les unes jusqu'alors inconnues , les autres relative» à de nouvelles variétés , dont l'élude nous a procuré une connaissance plus parfaite des espèces auxquelles elles appartiennent.

Avant de terminer ce qui concerne les formes des tourmalines, je ne crois pas inutile de faire remarquer la tendance qu'a eue la cristallisation, pour diversifier les coideurs des variétés de cette substance que l'on trouve dans un même terrain. J'ai des si- Lériles qui , étant vues par réflexion , paraissent d'un brun noirâtre, mais qui, pincées entre l'œil et la lumière, oflrcnt des parties transparentes dont la

couleur est d'un vert qui se rapproche de celui de

la tourmaline du BrésiL

JTai indiqué plus haut une sibérite dont la partie supérieure est transparente et incolore. J'en ai une autre qui ofire le même aspect dans les parties 9^ tuées vers les extrémités , le milieu seul est occupé par une matière noirâtre. Le terrain où l'on trouve ces sibérites et 1^ autres que j'ai d'abord citées, renferme aussi des cristaux noirs qui ne peuvent se rapporter qu'au schorl.

La sibérite en cristaux adculaires d'un violet foncé a reparu à Utô , en Suède, à côté de Tindicolite qui jusqu'alors semblait avoir son domicile à part dans cette contrée.

Les cristaux de tourmaline violette de Rosena sont accompagnés à certains endroits de cristaux verdâtres de la même substance , qui n'offrent aucune trace de violet.

Au Saint-Gothard , on trouve des tourmalines blanches, et d'autres d'un vert clair, dans différentes parties d'une même roche, qui est la dolomie, et ailleurs des schorls noirs sont engagés dans des cristaux de quarz ou de feld-spath dit adulairc.

On ne connaissait au Brésil que les tourmalines

9 unes vertes et les autres d'un vert bleuâtre. On

rapporté récemment de ce pays des cristaux cy- Atidroides de la même substance qui sont d'un vert pale, avec d'autres d'un vert jaunâtre, et des morceaux taillés dont la couleur est d'un rouge vif, qui

approclie de ceint de la yané\.é de coriudûii qu'on nomme rubis oriental. Ou les a donnés ici comme tourmalines , et ce nom est vérifié par la propriété qu'ils ont de devenir électriques à l'aide de la chaleur.

II iàut joindre à ces observations celles que j'ai citées relativement aux quatre variétés diversement colorées qui s'associent l'une à l'autre d'une manière si remarquable, sur un même morceau de granité de la province de Massachusetts.

On n'avait pas encore observé, dans l'origine, toutes ces relations de position dont je viens de parler; mais, dans l'état actuel de nos connaissances, les distinctions tirées des couleurs et que sen[iblaicnt faire ressortir les distances entre les pays où l'on trouvait les corps des quatre espèces et les diversités des circonstances géologiques qui en formaient comme l'alentour, n'ont plus rien que de vague et d'insignifiant, lorsque c'est le même caractère dont ou s'était servi pour séparer ces corps , qui nous les montre en contact les mis avec les autres.

27. Je reviens un instant sur la propriété qu'ont les tourmalines de devenir électriques par l'action de la chaleur. J'ai déjà parlé d'une corrélation entre les pôles qu'elle détermine et la configuration des sommets dans lesquels résident ces pôles. Elle consiste en ce que l'un d'eux a subi ime ou plusieurs lois de décroissement dont l'cfTet a été nid sm' le sommet opposé. Jus([u'ici c'est le plus simple qui a manifesté II. 35

dl

5^5 TRAtTÉ

J'élecli'iûlé résineuse. Les tourmaliues dont leaM mets contTasIent le plus forleineiit par celte eiccB tion à la loi de symétrie, sont celles de Sibérie, sot lesquelles te sommet dans lequel réside le pôle résineux n'offre qu'une seule face perpendiculaife h l'nxe. La propriété dont il s'agit est beaucoup plus £;énérale dans les tourmalines que dans les topazes et les autres corps qui la partagent, et où die dispanît dans quelques-uns de ceux qui jouissent de la tramparence. Parmi les tourmalines , la plupart même de celles qui sont noires cl opaques, telles qu'nn eii trouve à Madagascar, dans le Groenland et le Man»cliusetts où quelques-unes ont jusqu'à 45 millimctro (environ 3 pouces d'épiisseur), m'ont donné da . signes très sensibles d'électricité. Mais les gnMi^ tourmalines du DeTonshire, où la couleur noire ifl jointe aussi à l'opacité, ont résisté k rexpéricnce, d'où l'on doit conclure, ce me semble, que c'est la présence de quelque matière étrangère inlerposée entre leurs molécules intégrantes, qui s'est oppo^tée à l'exercice do la propriété dont il s'agit^ et ce cpii semble le prouver, c'est que j'ai observé une tourma line scnililable à celles dont je viens de parler, et dont la forme, qui était celle de l'isogone dérogeait à la symétrie, sans qu'il m'ait été possible d'eo tirer aucun signe de vertu électrique.

La Cristallographie seule m'a fourni des considé rations qui m'ont paru être d'une graude force, en Hiveur du rapprochemeut des variétés , soit de py-

DE CBISTALLOGftAPHIE. 54?

roxènc, soit d'ampliibole, dont on avait fait plusieurs espèces. Les mêmes considérations se renouvellent ici à l'égard des variétés de tourmaline, et de plus, la Physique vient se placer à côté de la Cristallograpbie, munie d'une propriété doublement remarquable , soit par elle-même , soit en ce qu'elle semble s'être concertée avec l'action de l'affinité qui a réuni les molécules de la tourmaline, pour représenter les actions contraires des deux fluides électriques par la diiFérence entre les formes des sommets qui manifestent ces actions.

J'ajoute que les corps susceptibles de devenir éleotricpies par la chaleur, qui appartiennent à d'autres espèces, comme à la maguésie boratée, à l'axinite, à la mésotype, à la prehnite, au zinc oxidé et au titane silicéo-calcaire , ont des formes primitives qu difiêrcnt très sensiblement les unes des autres par leurs angles et par le rapport de leurs dimensious. La tourmaline est la seule qui ait pour type un rhoinltoïde , et les incidences des faces de ce rhomboïde, dont la plus grande est d'environ i33'*ï, le placent à une grande distance de ceux que présentent d'autres espèces , telles que lu chaux carbonatée, le corindon , la chabasie , la dioptase , etc. Cependant ]es analyses, si elles ne laissaient rien à désirer, indiqueraient ici trois ou quatre rhomboïdes très voisins les uns des autres, et dont la dilTéreuce serait à légère, iju'elle échapperait à tous nos moyens d'observation, M qui n'est nullement probable j et si

l'on joint à cette considération celle qoi se tire de Faction électriqae combinée avec les fiannea des cristaux, on ne pourra que s'étoniber des suppositions fiHxées. par lesquelles il&udrait passer , pour arriver des résultats de la Géométrie et de la Physique à ceux de la Chimie.

X, Des minéraux dont les formes sont indéter-

minables.

' '-^8. Les cristaux qui, par la roulante et par la netteté de leurs formes, se prêtent à une détermi^ nfàtion prédde, sont comme l'élite des corps qu'embrasse l'espèce considérée dans toute son étendue. Eux seuls en présentent le tableau fidèle; mais la perfection qui distingue cette élite, subit, d'un individu à l'autre, des altérations qui, d'abord Itères, finissent par oblitérer les traits caractéristiques de la ferme. Au-delà de ce terme, la série continue par les Variétés que l'on nomme indéterminables. Les arêtes des cristaux s'émoussent, leurs Ëices s'infléchissent, leurs prismes s'alongent et deviennent plus ou moins déliés ; le minéral prend alors le nom à^aciculaire. Ailleurs , il n'ofire plus que des assortimens de lames d'une certaine étendue, qui ne montrent à l'extérieur aucune configuration r^ulière, ce que l'on désigne par le nom de laminaire. On peut encore , dans ce cas , obtenir des indices de la forme primitive^ à l'aide des joints naturels mis à découvert par* la division mécanique. Dans les

DE CRISTALLOGRAPHIE. S^g

termes suivans, le minéral ne présente qiie des osseinblages conlus de lamelles qui se croisent dans tous les sens, ce tpii s'exprime par le nom de tamel- ' laire, ou de grains dont la structure n'a été qu'ébsuichée, d'où est venu le nom de granulaire ; et le dernier terme de la série est celui qui a lieu, lorsque les parties de la masse sont si étroitement liées entre elles, que l'œil ne les distingue plus. On donne alors au minéral le nom de compacte.

Pour suppléer autant qu'il est possible à l'absence de la forme dans ces sortes de cas, on a recours surtout aux propriétés physiques et chimiques, telles que la pesanteur spécifique, la dureté, la vertu électrique, le magnétisme, ou l'action des acides, celle (lu chalumeau, etc. Ces propriétés «pji pour la pinpart sont inliércntes à la nature des corps qui les manifestent, et que part^igcnt les variétés détermî'iiahlcs avec celles qui ne le sont pas, marquent àce^ dernières les places qui les attendaient à la suite d«& autres dans l'espcce à laquelle elles appartiennent;!' A ces propriétés qui nous servent , jïour ainsi dire, à interroger les minéraux, se joignent les indications tirées des cai-actères à l'aide desquels nous éludions lein: physionomie, et qui s'olfreut comme d'eux-mêmes à nos orf^aiies, telles que le geure d'éclat , l'aspect de la cassure , la couleur , lorsqu'elle dépend de la réÛexioo immédiate des rayons lumineux 6ur la surface du minéral, comme dans les subu stances métalliques.

Il n'enhc pas dans mon plan d'exposer ks mo^eiiï À employer dans les applicalioiis de ces divers caractères à la formation des espèces. Mais je crcds devoir insister sur l'usage de ceux qui soat du ressort de la Physique, à la recherche desquels j'ai donué l'attention particulière qu'ils méritent par euxinèmeB, et qu'excitait encore davantage le regret de voir comhien cette recherche a été néglî{;ée par les auteurs (]ui ont écrit sur la NLnéralogie. J'en ai cité, dans mon Traité , un certain nombre dont je dois la découverte à mes propres expériences, et j'espère qu'on nie saura gré d'ajouter ici les indications d'une partie de ceux que j'ai puisés depuis dans la même source. Il en est quelques-uns qui peuvent passer pour n'être que de surahondance, mais qui me paraissent devoir intéresser par l'avantage qu'ils ont d'augmenter la somme de nos connaissances, relativement à la physique des minéraux. Je rangerai ces diUëreus caractères sous les titres de^ espèces auxquelles ils se rapportent ( i],

39. Chaux carbonaiée. Ce minéral avait deux côtés dilTérens qui le rendaient très remarquable. La cristallisation en a fait le type de la plus

aux-

CO Parmi ceux que je vais exposer, il en est plusieun qui se trouvent épars dana dilTérens mémoires dl}Â publiés, et que j'ai cru devoir rénnir à ceux qui sont inédits, en faveur des ptFiiounei qui n'auraieat pas connaissance de ces uémoires.

DE CRtSTALLOCaAPmE. 55i

nombreuse série de formes variées que l'on connaisse, et dont plusieurs se distinguent par leurs propriélés géométriques. La Physique l'a choisi comme celui de tous les corps doués de la double réfraction (pii se prête le mieux à l'observation de ce pliénomène, et au développement de la théorie dont il est l'objet. Une nouvelle découverte qui lui doit son origine lut a donné un sui'Croît d'intérêt sous le rapport île la même science , par la propriété qu'il a de devenir électrique vitreuscment, à l'aide de la pression entre deux doigts ou même d'un simple contact, et qui agit Bur lui avec beaucoup plus d'énergie que sur les autres corps dans lescjuels elle a reparu. Dans une cxjtérience£àite avec un des rhomboïdes qui portent le nom de spath ^Islande, il n*a fini de donner des s d'électricité qu'au bout de onze jours, cl l'on n'est pas moins surpris de ce que , si on l'a plongé \ ^ns l'eau après l'avoir pressé, il en sort sans cesser I d'être électrique.

3o. Arragonite. Un petit fragment de cristal

I srisniatique ou aciculaire de ce minéral , présenté à

Flfl flamme d'une bougie, au moyen d'une pince, se

. devise en parcelles blanches qui sont lancées autom-

' de cette flamme. Un fragment de cliaux carbonatée

i«sle intact dans le même cas. L'eflet dont je viens de

]>arier a lieu surtout avec des corps d'une épaisseur

lAu peu sensible. Les aiguilles déUées et les fragmeos

! masses fibreuses blanchissent .aculcment el de-

^oneuL ftiablos, lians explosion.

553 'HtAITÉ

3i. Chaux sulfatée, chaux Jluatée et baryte suifatée. La chaux sulfatée est la seule de ces trois substances dont les lames transparentes soient susceptibles d'acquérir, par la pression entre deux doigts, une électricité qui est vitrée. Cette propriété disparait dans les deux autres substances,

A l'égard de la chaux fluatée, on sait que sa poussière mise dans l'acide sulFurique légèrement cliauITé, donne heu au dégagement d'une vapeur blanche, qui a la propriété de corroder le verre. M. de Monteiro a tiré un parti avantageux de ce caractère, à l'occasion de la découverte intéressante qu'il a feite de la chaux fluatée dans des fragmens de roche rejetés par les explosions du Vésuve, et l'on me saura gré d'avoir inséré ici la description du procédé également simple et instructif qu'U a employé pour l'épreuve du même caractère, telle qu'on la trouve dans l'excellent Mémoire qu'il a pubUé sur ce sujet (i).

On met dans un verre de montre une pincée de poussière de chaux fluatée, sur laquelle on verse de l'acide sulfijrique. On couvre ce verre avec un autre dont les hords s'adaptent exactement aux siens, et dont on a eu soin de bien mouiller la surface intérieure, puis on expose ce petit appareil à une douce ^ chaleur, en le plaçant, par exemple, sur de la cendre dtaade. L'acide fluoriquc se dégage de la pierre, soqs

CO Journal des Mine», t. XXXII, h" i8g , p. 171 et stiiT.

, S011S ^1 suir. ^H

la forme de grosses bulles , en pétillant et en répandant des vapeurs blanches et épaisses , que l'on voit circuler dans la concavité du verre qui fait l'olBce de couverde. A la longue, il se forme, particulièrement sur la même concavité, un dépôt qui, dans les parties les plus humectées, prend la forme de petits mamelons d'un blanc de neige , composés d'une substance capillaire et comme eflleurie , et dans les autres parties, présente J'aspect d'une croûte mince et miie d'une matière également blanche dans son intérieur. Quand on enlève le couvercle, on sent l'odeur forte et piquante de l'acide fluorique. L'opération terminée , les deux verres de montre se trouvent dépohs, surtout l'inférieur, vers le fond de sa concavité qu'avait occupé la matière soumise à l'expérience,

3a. Strontiane carbonates. Un fragment de cette snbstance plongé dans l'acide nitrique à froid et sans addition d'eau, y subit une dissolution accompagnée d'une effervescence qui s'arrête à un certain terme , et laisse au fond de la liqueur un résidu blanc et pâteux (i). Si l'on plonge un papier dans la partie qui surnage ce résidu , et qu'après l'avoir laissé séclier ou l'allume, ou le voit brûler en répandant une flanmie purpurine. On peut rendre cet effet plus sensible et plus durable à l'aide du procédé suivant.

(i) n peut arriver qne la dissolution' s'achève lorsqu'on t [ ftiilé de l'tau à l'acide ;' e( ceU n'a [mi toujour* lieu.

mêmes fisgmens ayec une petite pince de phtinè; et qu^oD l'expose à la flamme d'âne bou^, il y reste de méme^ sans fidre explosbn^ et an bénir d'un instant, on le voit subir me fbsion aqœase, et s'arrondir sous la forme d'un gjlobule qui s'attache à la pince. Pendant cette opération ^ la iaoune éprouva de légers renflemens. La raison de cette difiSrenoe entre les résultats donnés par les deinc s^, provient de ce que celui qui a été obtenu par l'évapo^ ration de l'eau de la mer, renferme une petite quantité d'eau qui s'y trouve en excès, et qui, réduite en. vapeur, occasîomie l'explosion que l'on a •désignée par le nom de déeripHaiwn. Au contraire, le sd gemme qui ne- contient que son eau dite dt crUtalUêotion n'éprouve qu'une simple fiision pro^ duite par le dégagement de cette eau.

35. Euclase. Ce minéral me parait devoir être placé au second rang à la suite du spath dislande , dans la séné des corps susceptibles d'acquérir l'éiec tricité vitrée, à l'aide de la pression. Une lame dé* tachée d'un de ses cristaux, que j'avais âectrisé par ce moyen , n'a cessé d'agir qu'au bout de vingt-quatre heures sur la petite aiguille d'épreuve.

B est assez rare que les substances minérales, à Pétat de cristallisation , se prêtent à l'observation de la double, réfraction. La plupart desfragmens de cristauX'd'eudasei sont tout préparés ppiir montrer ce: phénomràe.' Il suffit qu'ils ofifent un des joints uatureb parallèles ùl'a^e, qui sont d'une si: grande

DE cutstallocrapiiie. 557

netteté et s'obtiennent si facilement, et qu'il soit resté une ou plusieurs faces oblitjiies sur la partie du sommet opposée à ce joint. En r^r<iant une épingle à travers une (le ces faces et !e joint naturel dont j'ai parlé , on voit très distinctement deux images de cette épingle j et l'expérience peut être mise au nombre de celles qui font spectacle, loi-squ'on emploie, au lieu d'épingle, la flamme d'une bougie placée à une certaine distance dans l'obscurité, et dont les deux images sont ornées des pins belles couleurs de l'Iris.

36. Tourmaline. Les cristaux de cette substance commencent à donner des signes de l'électricité produite par la chaleur, à. une température beaucoup plus basse que celle qui a été indiquée par les différcns auteurs. C'est en cherchant le degré auquel répondait l'elièt initial de leur vertu électrique, que j'ai découvert une circonstance qui m'a paru très remarquable. Elle consiste en ce que cette vertu renaît dans un des d^és inférieurs à celui dont je viens de parler, de mauière qu'il en résulte un renversement dans les pôles de la tourmaline, c'esl-àdiie que celui de l'électricité vitrée réside dans le sommet qui, à un terme plus élevé, manifeste l'électricité résineuse, et réciproquement. Ce dernier effet est le seul qui jusqu'ici ait été observé , parce qu'on faisait d'abord subir à la tourmaline le d^ré de cha-

Ileur capable de le produire immédiatement. Oa îi*obtieat même paâ toujours le premier des le com-

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iiicncemcnt. Mais la tourmaline y rcvictit, qu'après l'avoir fiiit cliautfcr assez fortement pooR qu'elle agisse à l'ordinaire, on la laisae re&oidir peu à p«u, tandis qii'eUe est eu présence d'un petit électroscopc. Qualquefois les deux pôles sont d'abord à la fols vitrés ou résineux, parce que l'un est plus tardif que l'autre dans soa passage à l'état opposé; mais il Gnit toujours par y arriver. J'ai va, dans certains cas, les deux effets se succéder rapidement, à mesure que j'exposais la tourmaline pendant un petit instant à l'action de la chaleur, et qu'ensuite je la tenab pendant le même temps à pluàeurs pieds de distance du brasier, pour la présenter de nouveau à l'électroscope. Je donne le nom ^élec tricité extivtordinaire à celle que manifeste la tout^ tnaline avant d'avoir atteint le point neutre , où son action disparaît pour renaître ensuite et être remplacée par l'action contraire ; et j'appelle électricité ordinaire celle qui naît de cette dernière action (i). Je dois dire, en général, que les expériences de ce genre sont délicates et exigent une certaine habitude pour être Ëiites avec succès. Aussi ne les considéré-je ici que sous le rapport de la Physique dont elles agrandissent le domaine par des faits curieux et dignes d'attention. Mais on sera toujours BÛr

(0 foyez pour un plus ample développement d«s elfeU Ooiit je viens de parler, la Iroliième ùdition du Traita d* Physique , 1. 1 , p. 5o3 et sulv.

DE CniSTALLOGRAPHIE. SSg

augmeiUant la clialeur, de mettre en évidence les caractèi'es qui se tirent de l'éleclricité produite par ce moyea pour la distioction des tourmaliiiat.

37. Népheline. La poussière de ce minéral se résout en une gelée d'un blanc légèrement jaunâtre dans l'acide nitii^pieque l'on a fait chauHer. Si l'on plonge dans cet acide à froid un cristal transparent de la même substance , il y devient seulement nébuleux par une suite de la tendance à se convertir en gelée. C'est ce caractère qui m'avait su^éré le nom de népheliTte. L'autre, qui ne s'est présenté que plusieurs années après , peut servir à distinguer la même substance de la méïonile, lorsqu'elles sont l'une et l'autre à l'état granulaire dans les rocbes rejelées par les explosions du Vésuve.

38. Magnésie hydratée. Ce minéral , que l'on trouve à Ciew- Jersey aux Etats-Unis, est composé de lames dont la surface est d'un blanc nacré, et qui ont une grande analogie, par leur aspect, avec celles du talc auquel j'ai donné le nom de talc nacré; mais la vertu électrique fournit un moyen ■ùr de l'en distinguer. Pour y parvenir, on détache d'un morceau de magnésie hydratée une lame de 5 ou 6 millimètres de largeur, et l'on attache cette lame, avec de la cire ordinaire, à l'extrémité d'un bâton de cire d'Espagne. Après l'avoir ensuite frottée à plusieurs reprises, on la préscnl^; à la petite aiguille d'épreuve clectriâée TÎtretUCi" , qui est aussitôt repouasée. Eu se servant 1! (amc de talc.

H tance:

SÊo TRAITÉ

OQ a l'elîet contï-aire. L'aiguille est attirée, et si I' approche le talc d'uDe autre aiguille électrisée neusemeut, il y a répulsion.

39. Bitume élastique. Il acquiert, soit à l'aide du frottement, soit à l'aide de la pression entre deux doigts, une électricité résineuse très sensible. De plus, ii a cela de particulier , qu'on peut le rendre électrique, en le comprimant entre deux corps durs , tels que deux pièces de monnaie. Ayant placé l'une d'elles sur une table, on pose par-dessus le'' fi-agment' de bitume destiné pour l'expérience, et l'on se sert de l'autre pièce pour le comprimer , puis on la retire subitement. Comme ce bitume est très flexible, la réaction mutuelle de ses molécules, et le jeu qui en résulte, pendant qu'il se rétablit dans son premier état , produit un elTet anal(^e à celui qui a Heu par la pression d'un autre corps flexible, te! que le doigt.

J^o.Cuivrehydro-siliceux.Schlachigeseisenscfiûs^ fiiges kupfergrûn de Wemer ; variété du cuivre carbonate vert, selon d'autres. Un fragment plongé dans l'acide nitri({ue perd sa couleur et devient blanc et translucide au bout d'un temps plus ou moins considérable. Ce caractère distingue le minéral dont il s'agit ici du cuivre dioptase, tjui dans le même cas conserve sa couleur verte sans altération. Je reviendrai plusbas sur la comparaison de ces deu.t subtances qui ont été aussi confondues l'une avec l'autre, l'après leurs caractères , et qui se rapproebeat encore

DE CRISTALLOGRAPHIE. S<yi

par les résultats des analyses qui en ont été faîtes , et je tirerai de ceux de la Cristailograpliie la preuve qu'elles sont incompfttible» dans uue même espèce, ^i. Per phosphaté. Les subslaiices dans lesquelles l'oxide de fer est combiné avec un acide ou quelque autre principe, ne sont pas susceptibles d'agir sur l'aiguille aimantée, au moins lorsqu'elle est dans sa direction naturelle^ mais elles l'attirent sensiblement, lorsqu'elle a été mise dans l'état d'équilibre à l'aide du double mag[iétisme(i). Cet effet , comme je l'ai déjà remarqué ailleurs , paraît du à l'action de «[uelques molécules ferrugineuses qui ont échappéà la combinaison. Quoi qu'il eu soit, il peut être employé, conjointement avec mi autre caractère, comme celui qui se lire de la couleur, pour faire reconnaître certaines mines de 1èr. C'est ce que j'ai vérilié en particulierparrapportau fer phosphaté, dont la couleur est le bleu plus ou moins foncé. J'ai Koumis à l'expérience des cristaux et des lames de celui que l'on trouve en France dans le département du Puy-de-Dôme, ou en Angleterre dans le Derbysbire , ou aux environs de Pliiladelpliie dans les Etats- Unis, ou dans l'Ile de France , des aiguilles de celui -, de Bndemnais en Bavière, des masses compactes ou

I terreuses dont les unes venaient delVew-York , d'autres (i) foyet. la description de l'expérience relative à l'espèce de magnclisnie que je nomms ainii. Traité de Physique, troUième iditicui , t. II, p. m etsuir.

du Moiil-Caucase, d'aulrej» des environs de Nantes où celte substance est engagée dans un granité, et d'autres enfin de divers endroits d'AHemagne. Tous les morceaux ont donné des signes plus ou moins marqués de magnétisme.

42. Zinc oxidé. Les cristaux de ce minéral que l'on trouve à Limbourç, dans les environs d'Aix-la- Chapelle, les morceaux de la variété aciculaire du Brisgaw, et en général tous ceux qui offrent des indices du travail de la cristaDisalion , partagent les propriétés âectriques des tourmalines, et en particulier celle qui produit le renversement de pôles dont j'ai parlé plus haut. Mais la relation qui a lieu dans le zinc oxidé, entre la succession des deux électricités. Tune extraordinaire et l'autre ordinaire, et la marche de la température, ajoute encore à ce que le phénomène a par lui-même de curieux et d'intéressant. On a exposé dans un article particulier (i) , rédigé d'après mes observations , la manière dont j'ai été conduit à découvrir que le zinc oxidé n'avait pas besoin d'être présenté à l'action du feu pour donner des signes de la vertu électrique, et que l'influence habituelle de la température sulfisait seule pour faire naître en Itri celte vertu. J'avais même remarqué qu'il la manifestait encore dans un moment où le thermomètre dit de Réaumur , était à 6 degrés audessous du zéro j mais je n'avais pas déterminé les

(1) Journal des Mines, 38* vol. , p. Sig.

poiiitîons (ju'avnicnt itiors ses deux pùJes électriques. C'est à l'occasion dii fi-oid rij^oureax qui a régrié pendiiut l'hiver de i8i8, que j'ai repris mes expériences, et que le 16 janvier ayant d'abord placé un pelit morceau de la substance dont il s'agit sur une fenêtre où étuit un tlicrinomètre qui iadi((uait 1 1 degi'ée au^essous du zéro de Réauniur , pui-s l'ayant présenté à la petite aiguille mise dans l'état électrique, j'observai qu'il agissait sensîblemeut sur elle, et cela de manière qu'il se trouvait dans l'état d'électricité extraordinaire, c'est-à-dire que le pôle qui jusqu'alors avait douné des sigues d'électiicité vitrée, manifestait la résineuse, et rcciproqueoieat. Je portai ensuite le morceau dans une chambre oii le thermomètre était à environ 4 de^és au-dessus du céro , et en continuant de le soumet ti'e à rexf>énence, je m'aperçus que sa vertu électrique s'ufTaiblissait ôontinuellement , en sorte que tguand il eut [xis la température de l'air environnant, elle devinl nulle. Je l'approchai par degrés d'une cheminée oii l'on avait allumé du feu, jusqu'à ce qu'il n'en fût plus éloigné que d'environ un mètre ou trois pieds. Bientôt les actions de ses pôles se renouvelèrent, mais eu Sens inverse de celui (|ui avait eu lieu dans l'expé-' rience précédente. Je mis enfin le morceau en cour tact, pendant une ou deux minutes, avec un.cliarbon ardent; il perdit de noineau sa vertu polaira, et ne la recouvra que quand, après l'avoirreliré^ je l'eu» Lissé pendant un instimt sur une table. ISUe était la 30.,

mâme que celle qui avait précédé la dernière actioii de la chaleur, e^est-à-dire, ceUe de l'éleciricitc ordinaire.

43. Zinc carbonate. Le papier imbibé d'une dissolution un peu forte de sa poussière par l'acide nitrique, et présenté, après la dessication, à la dir stance d'environ 3 décimètres (ou un pied) d'un bra-. sier , s'allume spontanément. Cet effet a également lieu , soit que le morceau destiné pour l'expérience ait été dans l'état de cristallisation , ou dans celui de. concrétion. Le nitrate de zinc dont le papier est imbibé a une si grande tendance vers la combustion y que l'action du calorique répandu dans l'air qui avoisine le feu su^t pour la déterminer.

44* Arsenic sulfuré. Sa variété appelée baciUlaire a beaucoup d'analogie, par son aspect, avec celle de plomb chromaté qui porte le même nom. La poussière de l'une et de l'autre est d'une couleur qui tire sur l'orangé. Mais l'arsenic sulfuré est distingué du plomb çbromaté, en ce qu'un fragment des mêmes cristaux, tenu entre deux doigts, et frotté sur un drap pendant un instant, s'éleclrise résineu^ sèment , au lieu qu'un fragment de cristal de plomb chromaté a besoin d'être isolé pour acquérir la même vertu,

45. Manganèse sulfuré. Sa couleur, qui est noirâtre lorsqu'il a été exposé à l'air pendant un certain inps, passe au gris métallique par Faction de la Mk. Celle de sa poussière est d'un vert obscur.

Tel est l'exposé succinct des nouveaux résultais auxquels m'a conduit l'étude do ces caractères , qui se vérifient par das épreuves ou des observations «impies et faciles, et dont la plupart semblent nous donner de nouveaux organes , pour pénétrer dans les propriétés les plus intimes des corps. U est utile de les multiplier relativement à chaque substance, soit parce qu'ils empruntent une nouvelle force de leur réunion, soit pour qu'à l'endroit où l'un devient éijuivoque, ceux qui restent se présentent pour le remplacer, U en est dont l'usage est limité à telle espèce en particulier. D'autres eti plus grand nombre sont communs à des espèces différentes. Le point essentiel est qu'ils soient combinés de manièi-e que chaque ensemble appartienne exclusivement i la substance dont il est destiné à donner le signalement.

XI. Histoire abrégée des progrès de la Cristallographie depuis environ 3o ans.

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